mardi 17 juillet 2018

Nouvelles précisions sur la Gestalt-thérapie (quinzième partie) (Orientation du Moi, troisième partie, chapitre 2, Contact avec l’environnement, expérience 2).




Un enfant qui pleure.

Des amis m’ont demandé d’apporter des approfondissements sur la gestalt-thérapie, la psychothérapie que je préfère actuellement. J’ai déjà abordé ce sujet à plusieurs reprises dans ce blog. En voici quelques exemples :


Cet article est la suite de celui-ci. 
  
Le livre de référence sur le sujet est Gestalt-thérapienouveauté, excitation et développement de Frederick Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline.

L’ouvrage est divisé en deux parties distinctes. La première partie porte sur l’orientation du moi et se subdivise en 4 chapitres. Le chapitre 1 définit l’aspect scientifique de la gestalt thérapie. Le chapitre 2 présente différentes expériences visant à développer ou à accroître chez l’individu sa capacité à entrer en contact avec son environnement. Les chapitres 3 et 4 présentent les différentes techniques de prise de conscience intégrée du soi. La deuxième partie de l’ouvrage porte sur la manipulation du moi. On y retrouve également 4 chapitres qui traitent globalement de 3 types de mécanismes névrotiques à l’origine des troubles psychologiques vécus par les individus. Ces mécanismes sont : la rétroflexion, l’introjection et la projection.

Je vais, pour que vous compreniez bien la démarche de la Gestalt, aborder le thème de la première partie, l’orientation du moi et plus particulièrement son chapitre 2 « Contact avec l’environnement ».

Première partie, Orientation du Moi. Chapitre 2, Contact avec l’environnement.

EXPÉRIENCE 2 : Sentir les forces opposées

Le pilote d'un avion, sur un porte-avions, doit décoller sur un espace réduit. S'il ne peut pas atteindre une vitesse suffisante avant la fin de la piste, il tombera tout simplement à l'eau. Pour réduire ce risque, il fait d'abord tourner le moteur de son appareil à pleine vitesse, en mettant les freins pour le maintenir immobile. Puis, quand le moteur fait tourner les réacteurs si vite que l'avion tremble, vrombit de toute sa carcasse, il lâche brusquement les freins et s'envole. Jusque-là, le pilote qui s'identifierait avec son appareil pourrait définir la situation comme suit : « Je ressens le terrible besoin de m'envoler, mais aussi la tendance égale et opposée à rester immobile. Si la situation se prolongeait, j'en mourrais. » Et naturellement, toute la manœuvre n'aurait aucun sens s'il n'y avait pas la claire intention, le moment venu, de relâcher les freins pour décoller.

Notez la différence entre le fait de tourner au ralenti, d'être au point mort, quand aucune force ne pousse à avancer ou à reculer, et la mise en marche de l'avion les freins bloqués. La première situation est une situation de « repos », alors que la seconde est une situation de conflit extrême. Dans le cas de l'avion, l'opposition n'est pas avant-arrière mais bouger-ne pas bouger. Un ferry-boat, entrant à quai trop rapidement, et qui fait marche arrière pour ralentir sa marche en avant, est un autre exemple mécanique de conflit avant-arrière.

La situation du « point d'indifférence » dans un continuum, où l'on est en suspension devant toutes les situations qui se présentent, conscient de toutes les solutions et intéressé par toutes, s'appelle le « pré-engagement créateur ». On sent les appels de l'action, mais on ne s'est pas encore engagé ni d'un côté ni de l'autre.

Mais retournons au problème originel ; quel rapport tout cela a-t-il avec les résistances ? Quand vous rencontrez des blocages dans la réalisation des tâches que vous vous êtes assignées, vous êtes en situation de conflit — et, de plus, le conflit se déroule entre une partie de votre personnalité et une autre. De l'une, vous êtes conscient ; c'est celle qui assigne les tâches et essaie de les réaliser. De l'autre, celle qui résiste, vous êtes moins ou pas du tout conscient. Quand vous vous heurtez à des résistances, loin de vous apparaître comme votre propre création, elles vous semblent souvent imposées et infligées de l'extérieur.

Si ces expériences vous renvoyaient à votre travail habituel, vous auriez peu de conflits, car vous savez très bien comment éviter les conflits dans les situations courantes. Mais le but visé dans cette tâche, c'est de vous créer des ennuis. Nous voulons que vous preniez conscience des conflits de votre propre personnalité. Si c'était le seul but de ce programme, vous pourriez nous accuser justement de malveillance. Mais notre intention ne s'arrête pas là : nous voulons vous montrer, par une action appropriée, comment prendre conscience de la résistance pour la transformer en assistance.

La partie de votre personnalité qui résiste possède une vitalité, une force et nombre d'autres qualités admirables. Bien que ce soit un travail long et pénible de parvenir à réintégrer pleinement ces parties désintégrées, si vous vous résignez à exiger moins de vous-même alors que ce n'est pas nécessaire, vous ratifiiez la perte permanente de certaines parties de votre personnalité. Le bon côté de la chose, c'est que, avant même d'avoir été très loin, vous sentirez probablement que vous avez aussi sauvegardé une bonne partie de votre précieuse énergie.

Dans ces remarques théoriques, nous avons découpé votre personnalité en deux camps en lutte. Si vous êtes incrédule, nous renforcerons votre incrédulité encore un peu plus en vous demandant d'accepter comme vôtre le conflit entre ces deux factions.
Comment allez-vous faire pour acquérir le sentiment des facteurs opposés dans votre caractère '? Eh bien, d'après ce que nous venons de dire, ne faut-il pas en déduire que les désirs et inclinations de cette partie qui résiste, et dont vous avez si peu conscience, sont l'opposé de ceux qui vous poussent à accomplir la tâche et dont vous êtes conscient ? Ne s'ensuit-il pas alors que vous pouvez avoir une notion de cette résistance, si vous essayez d'imaginer l'opposé direct de ce dont vous êtes conscient ?

Si cela vous semble valoir la peine d'essayer, faites la chose suivante :

Examinez quelques situations, objets ou activités de votre vie quotidienne, comme s'ils étaient précisément l'opposé de ce qu'ils sont d'habitude. Imaginez-vous dans une situation qui est le contraire de la vôtre, où vos désirs et inclinations sont le contraire de vos désirs habituels. Observez les objets, les images et les pensées comme si leur fonction et leur sens étaient l'antithèse de ce que vous pensez qu'ils sont d'habitude. Plus encore, confrontez-les avec vos critères de bon et de mauvais, de désirable et de répugnant, d'intelligent ou d'idiot, de possible ou d'impossible. Entre les deux  ou plutôt en vous plaçant au-dessus de cette alternative, au point zéro —, intéressez-vous aux deux côtés de la situation sans prendre parti.

Un des bénéfices que vous tirerez en développant votre capacité à voir le contraire des choses — à vous intéresser, sans vous engager, aux deux aspects de la situation — sera de pouvoir faire vos propres évaluations. La psychanalyse a ainsi apporté nombre de renversements. Ce qui était habituellement considéré comme bon — par exemple, l'inhibition sexuelle — est à présent jugé mauvais ; ce qu'on rejetait est à présent accepté. Quand les patients venaient voir Freud, pleins de secrets, il les poussait à les dévoiler. Quand il a remarqué que les rêves étaient de nouvelles unités synthétiques, il a commencé à les analyser en éléments séparés. Mais quand on juge que tout cela est bon, quels critères applique-t-on ?

Comment le patient peut-il savoir que l'évaluation de son analyste, sur l'inhibition sexuelle, par exemple, est meilleure que la sienne ? Si l'analyste emploie ses connaissances et son autorité pour imposer son évaluation — et dépréciant en même temps l'évaluation inverse du patient en tant que résistance, transfert négatif ou conscience irrationnelle — il peut, en convainquant le patient qu'il a tort, lui imposer une nouvelle compulsion dans la direction opposée ! Si, au contraire, le patient parvient à sentir en lui la lutte réelle des évaluations opposées sans être démonté ou contraint, alors, au lieu de se sentir toujours jugé, il commencera à comprendre (ainsi que vous le verrez plus tard) le cœur du problème — à savoir que, en dernier ressort, c'est lui, l'individu, qui juge.

Faites cet exercice d'un esprit léger. N'attachez pas d'importance aux aspects amusants ou tragiques que la situation inverse peut avoir. Comme l'a dit Socrate, le comique et le tragique ne sont pas très éloignés et le même événement aperçu de points de vue différents peut être tragique ou comique. Les malheurs d'un enfant ou d'un adolescent peuvent sembler comiques à un adulte — par exemple, « il est si mignon quand il pleure », ou « c'est son premier chagrin d'amour ». Et les infortunes des adultes sont comiques pour les dieux. Essayez de changer de place pour une fois.

Mettez un « p » à la place d'un « q » quand vous tapez à la machine ou retournez le « p » pour en faire un « b ». Renversez d'autres lettres qui changent le sens du mot. Remarquez ce qui se produit quand vous épelez les mots à l'envers, par exemple, « nom » et « mon ». Certains enfants ne différencient pas ces renversements et éprouvent de grandes difficultés à lire et à écrire.

Imaginez que les mouvements autour de vous se produisent dans le sens inverse, comme dans un film tourné à l'envers. Exemple : un plongeur s'envole gracieusement du plongeoir pour entrer dans l'eau puis, avec autant de facilité, s'envole de l'eau vers le plongeoir.

Renversez les fonctions. Dans quelles circonstances peut-on utiliser une chaise pour manger et une table pour s'asseoir ? Au lieu de regarder la lune avec un télescope, faites comme si l'on vous regardait de la lune. Si le plafond de votre chambre est blanc et les murs bleus, imaginez l'inverse. Regardez des photos à l'envers. Laissez les sous-marins et les poissons voler dans l'air. Laissez-vous aller aux possibilités schizophréniques de votre imagination — car la plupart d'entre elles ne sont pas plus étranges que la conviction profondément enracinée que les individus et la société dans son ensemble agissent d'une manière intelligente.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Nouvelles précisions sur la Gestalt-thérapie (quatorzième partie) (Orientation du Moi, deuxième partie, chapitre 2, Contact avec l’environnement, expérience 2).




La bicyclette.

Des amis m’ont demandé d’apporter des approfondissements sur la gestalt-thérapie, la psychothérapie que je préfère actuellement. J’ai déjà abordé ce sujet à plusieurs reprises dans ce blog. En voici quelques exemples :


Cet article est la suite de celui-ci. 


Le livre de référence sur le sujet est Gestalt-thérapienouveauté, excitation et développement de Frederick Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline.

L’ouvrage est divisé en deux parties distinctes. La première partie porte sur l’orientation du moi et se subdivise en 4 chapitres. Le chapitre 1 définit l’aspect scientifique de la gestalt thérapie. Le chapitre 2 présente différentes expériences visant à développer ou à accroître chez l’individu sa capacité à entrer en contact avec son environnement. Les chapitres 3 et 4 présentent les différentes techniques de prise de conscience intégrée du soi. La deuxième partie de l’ouvrage porte sur la manipulation du moi. On y retrouve également 4 chapitres qui traitent globalement de 3 types de mécanismes névrotiques à l’origine des troubles psychologiques vécus par les individus. Ces mécanismes sont : la rétroflexion, l’introjection et la projection.

Je vais, pour que vous compreniez bien la démarche de la Gestalt, aborder le thème de la première partie, l’orientation du moi et plus particulièrement son chapitre 2 « Contact avec l’environnement »..

Première partie, Orientation du Moi. Chapitre 2, Contact avec l’environnement.

EXPÉRIENCE 2 : Sentir les forces opposées

Dans l'expérience précédente, nous vous avons demandé quelles étaient les difficultés que vous aviez rencontrées et nous les avons appelées « résistances ». Maintenant, il faut essayer de comprendre ce qu'est cette résistance et ce qui la provoque. Voici un indice que vous pouvez aisément vérifier : considérez ce qui se passe quand on donne ces instructions à un enfant sain. Il ne leur trouve rien d'étrange, d'artificiel, il ne trouve pas que c'est un affront à sa dignité, et si vous réussissez à vous en faire un ami, il vous abreuvera d'un flot continu de phrases. En fait, à un certain stade du développement du langage, il accompagne ses actions de monologues spontanés. Comparées aux nôtres, ses résistances sont négligeables.

Il apparaît donc que les résistances n'existent pas au départ. Si on pouvait comprendre la manière dont nous les avons acquises, cela nous donnerait des indications sur la façon de nous en débarrasser. Mais dans l'expérience présente, nous ferons simplement le premier pas vers la compréhension que les résistances nous appartiennent, qu'elles sont nôtres, aussi bien que ce à quoi elles résistent. C'est un travail difficile, parce que cela implique la découverte de notre interférence dans notre propre activité — en bref, que, sans en être conscient, nous combattons nos propres efforts, intérêts ou excitations.

Considérons le principe de l'équilibre. Au cœur de ce principe, il y a la notion d'équilibre de forces. Dans le laboratoire, un étudiant à qui on a dit d'utiliser cinq grammes d'un certain composé détermine cette quantité en mettant d'abord un poids standard — un morceau de métal pesant cinq grammes — sur l'un des plateaux de la balance. Dans l'autre plateau, il mettra le composé jusqu'à ce que les deux plateaux soient en équilibre, c'est-à-dire lorsque l'aiguille de la balance est à zéro. Toute tendance à pencher d'un côté est exactement contrebalancée par la tendance égale et opposée à pencher dans l'autre sens.

Un ascenseur est supporté par des câbles qui, en haut de la cage, s'enroulent sur des poulies auxquelles sont attachées des plaques de métal pesant à peu près le poids de l'ascenseur. Pour que l'ascenseur s'élève, il faut que le moteur exerce une force légèrement plus grande que la force nécessaire pour contrebalancer le poids des passagers ou de la charge. À l'inverse, pour que l'ascenseur descende, le moteur doit développer une force un peu moins grande que le poids de la charge. Cela illustre le fait que, lorsque de grandes forces sont vraiment en équilibre, il ne faut qu'une force supplémentaire minime, ajoutée d'un côté ou de l'autre, pour produire de grands changements.
Un corps en mouvement ne s'arrête que lorsqu'il rencontre des forces opposées suffisantes pour contrer son avance. Une balle sortant d'un pistolet ne continue évidemment pas sa course éternellement, mais elle s'arrête beaucoup plus vite si elle s'enfonce dans un tronc d'arbre ou si elle rencontre une balle de coton. De même, on le sait bien, une plume lâchée dans un bocal où on a fait le vide, tombe aussi « lourdement » qu'un morceau de plomb.

À partir de cette notion simple d'équilibre, considérons maintenant ce qu'exige un rééquilibrage constant. La vie d'un organisme demande un réajustement constant d'équilibres, mais limitons-nous pour le moment au seul exemple de rouler à bicyclette. Pour le débutant, c'est un exploit impossible. Quand il penche trop d'un côté, ou bien il ne compense pas suffisamment, en mettant son poids de l'autre côté ou en manœuvrant le guidon, ou bien, en désespoir de cause, il surcompense — et tombe de l'autre côté. Si, malgré les échecs et les bleus, il persiste, il finira par faire presque automatiquement les ajustements continus nécessaires pour rouler qui, à l'origine, lui semblaient impossibles à réaliser. Le cycliste n'atteint pas un équilibre statique sur sa bicyclette, mais corrige sans cesse le déséquilibre avant qu'il soit trop grand — et cela, loin d'être désagréable, fait partie du plaisir d'aller à bicyclette.

Pour atteindre et maintenir un équilibre sain dans ses activités, un individu doit être capable — comme le cycliste — d'apprécier les différences qui se produisent dans sa situation et d'agir sur elles. Elles peuvent être subtiles ou si frappantes qu'on ne puisse pas les ignorer. Cependant, pour remarquer quelque chose, il faut pouvoir le distinguer de son arrière-plan ou fond. Il faut qu'il s'en détache, qu'on puisse dire : « Ça fait une différence. » Si on ajoute à une surface blanche un peu de blanc, on ne le remarquera pas parce que, littéralement, il n'y a pas de différence. Un peu de noir, d'un autre côté, fournit un maximum de contraste et on verra le noir plus noir et le blanc plus blanc que si on les voyait séparément. Nombre de phénomènes n'existeraient pas si leur contraire n'existait pas aussi. Si le jour était semblable à la nuit, cette distinction n'aurait pas lieu d'être, et nous n'aurions pas inventé les mots correspondants.

Comme premier pas dans cette expérience :

Trouver des paires opposées, dans lesquelles aucun membre ne pourrait exister si son contraire réel, ou supposé, n'existait pas.

Il se peut que vous ne soyez pas entièrement satisfait de vos trouvailles. Certains termes contraires, pensez-vous, ne sont pas véritablement opposés et d'autres sont opposés dans un contexte très spécifique. Dans le cas de certaines paires, il existe des phénomènes supplémentaires qui occupent une position intermédiaire. Par exemple, « début-fin » possède un terme intermédiaire, « milieu » ; entre « passé » et « avenir » s'intercale « présent » ; le couple « désir-aversion » possède « indifférence ». Le terme intermédiaire de ces paires est spécialement intéressant dans la mesure où il constitue souvent un point « neutre » ou un « zéro », ou un « point d'indifférence », dans une sorte de dimension ou continuum. Dans une échelle algébrique, les valeurs numériques diminuent jusqu'à ce qu'on atteigne zéro. Au-delà de zéro, elles recommencent à croître mais en valeur négative. Le mécanisme de mise en marche de nombreux appareils possède des positions extrêmes, telles que « avant » et « arrière », et des positions intermédiaires « neutres » positions dans lesquelles, le moteur tournant, l'appareil reste statique ou tourne au ralenti.

Le pilote d'un avion, sur un porte-avions, doit décoller sur un espace réduit. S'il ne peut pas atteindre une vitesse suffisante avant la fin de la piste, il tombera tout simplement à l'eau. Pour réduire ce risque, il fait d'abord tourner le moteur de son appareil à pleine vitesse, en mettant les freins pour le maintenir immobile. Puis, quand le moteur fait tourner les réacteurs si vite que l'avion tremble, vrombit de toute sa carcasse, il lâche brusquement les freins et s'envole. Jusque-là, le pilote qui s'identifierait avec son appareil pourrait définir la situation comme suit : « Je ressens le terrible besoin de m'envoler, mais aussi la tendance égale et opposée à rester immobile. Si la situation se prolongeait, j'en mourrais. » Et naturellement, toute la manœuvre n'aurait aucun sens s'il n'y avait pas la claire intention, le moment venu, de relâcher les freins pour décoller.



Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

lundi 16 juillet 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (trente-cinquième partie).


  
1001 tours de magie.


J'ai lu quand j'étais enfant un livre sur la prestidigitation qui s'appelait 1001 tours de magie de Clayton Rawson et j'ai été émerveillé. A partir de ce moment, la magie a été une passion pour moi, toujours et encore. Cet article du blog lui est dédié.


J'ai dévoré récemment un livre sur la création de la Gestalt-thérapie. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci


Voici le résumé de ce livre.

La conscience est expérience,
L'expérience est conscience.
Sans conscience, il n'y a que le néant,
Pas même la connaissance du néant.
Il n'y a pas la moindre rencontre fortuite
D'une chose et d'une autre chose
Et les sens qui sentent n'ont pas lieu
D'acquérir un contenu.
Le subjectif et l'objectif
Ne peuvent se fondre.

La conscience est le subjectif.
La « quiddité » est l'objet.
Et tous les média du monde,
La vue, le son, les pensées, le toucher,
Ont pour base un sol commun,
Qu'en le nommant je déclare :
Le Médium de tous les Média,
N'est rien d'autre que la conscience
Qui différencie — comme les yeux et les oreilles,
La cinesthésie, le toucher
Et le jeu de la puanteur et de l'odorat.

L'omniprésence de Dieu
Est le miroir de la conscience.
L'expérience en tant que phénomène
Qui toujours apparaît dans le maintenant
Est pour moi une loi.
Un présent qui présente la présence,
Une certitude qui s'appelle vraiment réalité.

La réalité n'est rien d'autre
Que la somme de toutes les consciences
Dans l'expérience de l'ici et du maintenant.
L'absolu de la science apparaît ainsi
Comme l'unité de phénomène de Husserl
Et la découverte d'Ehrenfeld :
L'irréductible phénomène de toute
Conscience, celui qu'il a nommé
Et que nous appelons encore
GESTALT.       

Philosopher est assommant,
N'essayez pas de le nier.
Si vous ne vous êtes pas noyé dans tout le fatras
Que dans les pages précédentes
J'ai exposé en pontifiant,
Alors vous méritez de clarifier
Ce qui est obscur, ce qui ne convient pas,
Quand apparaissent des lacunes, et qu'une incomplète
Conceptualisation a besoin de correction.
Car, comme vous, j'ai des préjugés,
Et une vue incomplète des choses.
J'espère vaguement pouvoir
Créer le centre d'une vision
Qui embrassera de manière conséquente
Les sphères et les choses, les disciplines,
L'esprit, le corps, la médecine
Et l'accession au stade adulte.
La philosophie qui, espérons-le,
Embrassera
Les êtres humains
Et le tout.

Déjà, telle qu'elle est,
La théorie
De la conscience primordiale
A fait la preuve de son efficacité.
Je ne pourrais dire que ç'a été un « beau vacarme »
Quand j'ai publié ce concept
En mil neuf cent quarante-deux.

Mais maints groupes se sont formés,
Avec de bien étranges dénominations,
Les « T-groups » et les groupes de rencontre,
Et les groupes de conscience sensorielle,
Les microgroupes et bien d'autres,
Pour se former en sensitive, sensorielle,
Et patati et patata.
(Ça fait comme un bruit de moteur.
La musique semble couvrir
Une discussion sérieuse.)

Ce ne sont pas tous des charlatans, leurs intentions sont bonnes
Pas toujours en train de plagier, mais tournés vers le fragmentaire
Impossible de leur secouer les puces
S'ils utilisent une partie sans le contexte
Qui est de croître et d'être entier
Manquant ainsi quelques étapes d'importance
Pour atteindre le but thérapeutique :
Centrer sa propre existence.
Sans un centre on désespère
De jamais devenir réel.
L'homme creux de notre époque
Robot de plastique, mort vivant,
Inventera mille moyens
De se détruire lui-même.

Sans un centre on est perdu
On vacille sans prendre position.
Oui : pas d'entrain, ni d'équilibre,
Oui : en gelée ou bien rigide
Farci de clichés et de duperies
Tel est l'homme moderne
En deux mille dix-huit.


Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.


Le pardon est le reflet de ce que vous vous aimez suffisamment pour continuer à vivre.




Une image du site "Rincon del Tibet"


Cet article est une traduction d'un texte du site Rincon del Tibet.

Il est la suite de cet article du blog


Le pardon est le reflet de ce que vous vous aimez suffisamment pour continuer à vivre.

Personne n'aime être blessé : quelle que soit la  situation, quand on nous blesse ou on nous fait du mal, il se produit en nous des effets supplémentaires par rapport à la souffrance, que nous pouvons garder très longtemps. Parmi ces effets, il peut y avoir en tant qu'aspect positif et rachetable la croissance psychique ou  alors le ressentiment et  la colère à l'autre extrême.

Nous devons apprendre à utiliser la magie du pardon comme un mécanisme libérateur et comprendre que nous ne libérons pas celui qui nous a nui, mais c’est nous que nous libérons. Le pardon peut n'avoir rien à voir avec la personne que nous croyons nous avoir blessé, nous pouvons simplement la considérer comme un acte nécessaire pour que nous puissions continuer à vivre.

Si nous refusons de pardonner, en utilisant une excuse pour cela, comme :

1) J'essaye, mais c'est plus fort que moi.

2) Cette personne ne mérite pas d'être pardonnée.

3) Il n'y a pas eu assez de temps passé  pour pardonner.

4) Quand cette personne s'excusera ou fera quelque chose pour réparer le dommage qu’elle a généré, je lui pardonnerai.

5) Je ne suis pas capable de pardonner une blessure de cette ampleur.

Ce que nous faisons, c'est nous ancrer dans une situation qui est désagréable pour nous, nous ne décidons pas de la surmonter, mais nous lui donnons le pouvoir de nous blesser encore et encore. Alors, qui est le plus durement touché quand on ne pardonne pas?  C’est nous-mêmes qui, de notre propre décision, avons décidé de porter une croix et de remplir de souffrance des espaces qui pourraient être occupés par des sentiments beaucoup plus bénéfiques pour nous.

Rien de pire pour la tête, et donc pour le corps, que la peur, la culpabilité, le ressentiment et la critique, qui fait de vous un juge et un complice de ce que vous n'aimez pas.

 Facundo Cabral

Maintes fois nous devrions même remercier la vie qui par une blessure, une déception, une trahison, qui nous a fait échapper à une situation qui ne nous convenait pas. Cependant, si nous restons étrangers à cette idée, le bénéfice que nous pourrions avoir de cette blessure, nous ne serons pas en mesure de le voir.

Quitte toute rancune, sens-toi léger, presque flottant au-dessus de ce qui te blesse, lâche-le et nettoie ta vie de tout ce qui, à un moment donné, t’a blessé. Le plus grand pardon, c’est toi qui le recevras, l'autre personne n'a même pas besoin de savoir que tu lui as pardonné et si ton esprit réclame une vengeance ou une punition, alors nous suggérons le plus efficace : l'oubli.

Tout commence avec la volonté de guérir, de prendre la décision de pardonner et de travailler consciemment sur ce processus, nous pouvons aussi pratiquer des thérapies qui fonctionnent inconsciemment, cherchant à atteindre et enfin à reprogrammer. Idéalement le but est d’arriver à une étape où nous avons vraiment oublié ou où les choses ne nous font plus mal.

Cela semble curieux mais apprendre à pardonner est presque une leçon de vie. Ceux qui ne pardonnent pas, la vie semble les harceler avec de plus en plus de situations qui viennent gonfler la liste des rancunes et des ressentiments, tandis que d'autre part, ceux qui pardonnent plus facilement occupent leurs espaces psychiques avec l'empathie, la compréhension, la compassion et l'amour. En particulier, la vie leur permet de recevoir de plus en plus de choses pour se nourrir positivement.

Aimez-vous à tel point qu'aucune expérience ne pourra vous couper les ailes, mais au contraire, vous poussera à voler de plus en plus haut. Vous ne méritez pas de vivre soumis à ce qui fait mal et vous seul avez le pouvoir dans vos mains de continuer à aller de l'avant de plus en plus fort, et avec beaucoup plus le désir de donner le meilleur de vous. Si nous voulons générer des changements en nous-mêmes du fait d'autres personnes, qui sont inspirantes et positives, il faut qu'elles ne nous éloignent jamais de notre essence, de ce que nous sommes vraiment.



Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous.


mercredi 11 juillet 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (trente-quatrième partie).



  
Le rêve.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois passionnant, précis et instructif sur la création de la Gestalt-thérapie. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci.

Voici le résumé de ce livre.

Je me suis réveillé ce matin abruti et lourd. Assis sur mon lit, engourdi, en état d'hypnose, comme ces malades que j'ai vus si souvent, dans les asiles, en proie à leurs ruminations. Des fantômes, des victimes de Hitler, des parents de Lore ou de moi pour la plupart, venaient me voir et me montraient du doigt : « Tu aurais pu me sauver », acharnés à faire naître en moi un sentiment de culpabilité et de responsabilité à leur égard.

Mais moi, je m'accroche à ma devise : « Je ne suis responsable que de moi-même. Vous êtes responsables de vous-mêmes. Vous exigez beaucoup trop de moi et je m'en offense, comme je m'offense de toute ingérence dans ma façon d'être. »

Je sais que je m'y accroche un tantinet trop fort.

Je me sens frustré et je sais en même temps que c'est « moi » qui « me » frustre. La cible, Esalen, semble s'éloigner de plus en plus. Même Eilat, où (Kyoto mis à part) je concevais l'autre possibilité de m'installer, semble hors d'atteinte.

Cependant, je me sens authentique et satisfait. Je suis en contact avec les trois zones. Je sais que je suis assis à mon bureau. Je sens la plume courir sur le papier, je vois mon bureau encombré. La lampe, au-dessus de moi, projette l'ombre de ma main sur les mots qui se forment.

Je suis aussi en contact avec ma zone intérieure, la sensation de satisfaction et de fatigue après une journée de négociations avec une commission venue de Washington à propos d'une subvention pour le futur Centre, et l'ardeur à poursuivre ce livre.

Je suis aussi en contact avec la zone intermédiaire, souvent appelée l'esprit. Dans cette zone, j'imagine, je parle en silence, ce qu'on nomme souvent la pensée ; je me souviens, fais des projets, passe en revue. Je sais que je suis en train d'imaginer, d'évoquer des événements passés. Je sais qu'ils ne sont pas réels, que ce sont des images. Si je les croyais réels, je ferais des hallucinations, c'est-à-dire que je serais incapable de distinguer la réalité de l'imagination. Ce qui est le symptôme principal de la psychose.

Une personne saine d'esprit, en jouant à des jeux, en revenant sur des événements passés, en rêvant éveillée à des satisfactions ou à des catastrophes futures, sait bien qu'elle est dans un état de « comme si » d'où elle peut revenir rapidement à la réalité concrète.

Il y a une exception qui, dans un sens plus profond, n'en est pas une — le rêve. Tout rêve possède la qualité d'être réel. Tout rêve est hallucination. Tout rêve semble naturel. En rêvant, on n'est pas conscient de l'absurdité souvent extrême des situations et des événements.

Tout rêve apparaît comme réel et cela est justifié parce que le rêve est une réalité. C'est un message existentiel bien que codé en un langage chiffré.

Tout rêve est un événement spontané. L'imagination, en revanche, peut être délibérée à un très haut degré. Il ne semble pas y avoir de limites aux pouvoirs de l'imagination, à condition de ne pas procéder à des vérifications et à des comparaisons avec les possibilités limitées de la réalité.

  
Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.