vendredi 27 mars 2020

« La misdirection, votre meilleur outil » par le magicien Jarle Leirpoll.



Gary Kurtz.



Je pense sincèrement que la compréhension de la misdirection est la chose la plus importante qui soit, pour tout magicien. Si vous connaissez quelques secrets de la magie et quelques manipulations de base, vous pouvez tromper certains spectateurs systématiquement. Mais si vous comprenez parfaitement comment fonctionne la misdirection, alors vous pourrez véritablement mystifier tout le monde, tout le temps !


ATTITUDE

Une technique de base de la misdirection est l'attitude. Si vous traitez quelque chose comme n'ayant pas d'importance, et si vous prétendez que ce n'est pas important, les spectateurs porteront leur attention ailleurs.

Exemple :

Dans ma routine « La carte dans la tapette à souris », j'arme la tapette pendant que le spectateur mélange le jeu. Il n'est pas difficile d'attirer l'attention lorsque vous armez une tapette (Va t'il se blesser ?). Ainsi l'attention du spectateur qui mélange ne sera pas sur le jeu et il ne trouvera rien d'anormal. Donc, lorsque je donne le jeu au spectateur pour qu'il le mélange, je lui donne juste le jeu et passe à autre chose. Cela semble dire que je n'ai pas fait attention à ce jeu.

Ici, deux principes fonctionnent ensemble. Mon attitude est que le jeu n'est pas important alors que la tapette l'est. Et mon attention est focalisée sur la tapette, et cela attirera aussi l'attention des spectateurs.

ACTIF ET RELAXÉ

C'est l'une des techniques réellement exceptionnelle que j'ai pu trouver dans le livre de Gary Kurtz, « Leading With Your Head ». Si vous présentez un jeu de cartes, que vous l'étalez pour montrer qu' « il n'y a pas d'as supplémentaires » et que vous vous relaxez en le rassemblant, vous passez de l'état ACTIF à l'état RELAXÉ.

C'est à ce moment que vous devriez faire votre manipulation secrète. L'importance de faire la manipulation dans un état de relaxation a aussi été soulignée par Christian Chelman. Chelman nous dit de faire la manipulation dans une expiration. C'est fondamentalement la même chose. Lorsque vous expirez, vous vous relaxez, et l'attention de votre public est momentanément relâchée.

CHORÉGRAPHIE

Je crois aussi fermement à l'utilisation de la chorégraphie et du langage corporel pour couvrir les manipulations. Il n'y a rien qui puisse mieux cacher votre manipulation qu'un abri physique. Planifier soigneusement vos mouvements corporels vous permet d'utiliser ce type de couverture. Bien sûr, vous devez avoir des raisons logiques pour vos gestes, mais ces raisons ne sont pas vraiment compliquées à trouver.

Exemple :

Dans ma routine « Norvegian Travelers », j'ai besoin de prendre une brisure sous les deux cartes supérieures du jeu. Ceci est fait simplement en poussant les deux cartes supérieures avec le pouce et en les tirant ensuite vers l'arrière pendant que le petit doigt obtient la brisure. Simple, mais pas invisible… J'utilise mon corps comme couverture physique. J'ai le spectateur qui a signé les cartes à ma gauche, et je pivote mon corps vers la gauche lorsque je laisse tomber ma main avec le jeu. Ma main droite donne quelque chose à tenir au spectateur (c'est la raison pour laquelle je me tourne vers la gauche). Derrière ma jambe, personne ne peut voir la manipulation.

Il y a un chapitre entier sur la misdirection chorégraphique dans mon livre « Pocket Power » .

ILS REGARDENT OÙ VOUS REGARDEZ

C'est une autre règle de base de la misdirection. Beaucoup de magiciens la connaissent, mais tout le monde n'a pas saisi son vrai potentiel. Lorsque j'utilise mes poches pour échanger, abandonner ou voler, j'utilise ce principe, exclusivement.

Si vous voulez vraiment étudier la puissance de ce principe, jetez un œil sur le change « Double double croisement de regard » de Juan Tamariz. (Je l'explique dans mon livre et dans la vidéo « Pocket Power »). Lorsque vous essayez cela sur des gens, vous pouvez voir comment ils suivent votre regard pendant que vous faites votre manipulation sous le couvert naturel d'un simple regard.

PLUS D'INFORMATION SUR LA MISDIRECTION ?

Vous pourrez lire avec attention (sans jeu de mot) deux livres. Le premier est « Leading With Your Head » de Gary Kurtz. Ce livre est mon préféré. Je pense que c'est le meilleur livre de magie jamais écrit! J'ai lu tous les livres classiques sur la misdirection, mais je ne les ai pas tous saisis. J'ai lu ensuite « Leading With Your Head » et tout est devenu clair. Là où les autres livres vous expliquent « comment faire dans les temps faibles », Gary vous explique comment les créer. Quel différence ! C'est le seul livre que j'ai lu sept fois.


L'autre livre que je veux vous recommander est le mien (honte à moi !) Je pense que mon approche de la misdirection dans « Pocket Power » est originale. En tant que caméraman et éditeur de cinéma et de télévision, j'ai une compréhension approfondie sur les techniques utilisées par les metteurs en scène et les monteurs pour diriger votre attention sur l'écran.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.




Compte rendu de l’ouvrage « Philippe Marlin, un enfant de Planète, Entretiens avec Claude Arz » (deuxième partie).



Philippe Marlin.

Cet article est la suite de celui-ci.

Avant d’être devenue une maison d’édition sous forme de SARL en l’an 2000, l’association de fantastique et d’ésotérisme « L’œil du sphinx » créée par Philippe Marlin a publié de nombreux fanzines dont voici la liste :
Le recensement donne le chiffre impressionnant de 62 volumes, le terme volume n'étant du reste pas galvaudé quand on sait qu'il s'agissait pour l'essentiel de « pavés » d'au moins 200 pages chacun. On y trouve :

·      22 exemplaires de Dragon & Microchips, qui fut notre fidèle vaisseau amiral durant de longues années, essentiellement consacré au fantastique et à la science-fiction. D&M a sorti sous son timbre plusieurs numéros spéciaux de légende, L'Encyclopédie des Mondes perdus, Le Bestiaire Fantastique (en deux tomes) et un Spécial Chambers réalisé par Christophe Thill.
·      17 exemplaires de Murmures d'Irem, notre zinotérique, qui a connu un beau succès et déclenché de joyeuses polémiques. Historiquement, en effet, Murmures provient du « démembrement » de D&M auquel on reprochait de cultiver le mélange des genres, voire - injure suprême - de vouloir recréer la Revue Planète. Les pourfendeurs de l'orthodoxie d'alors s'appelaient Jean-Pierre Queille, Alain Huet ou Gilles Dumay. Lequel Gilles, dont le stylo ne cessait d'exploser ­pour cause de trop plein d'encre - au début des années 1990, se précipita pour collaborer au premier numéro de cette publication sulfureuse.
·      4 exemplaires de Rôle'and'Rêve, notre fanzine dédié aux jeux de rôle. Souvenir de nos débuts avec Nicolas, les deux premiers numéros de D&M, réalisés plus qu'artisanalement, étant consacrés à cette discipline. Son dernier numéro fut Brain Salad de Willy Favre, qui obtint les faveurs du public rôliste.
À ces trois piliers de l'ODS sont venus s'ajouter de nombreux numéros spéciaux, prolongeant les thématiques abordées dans D &M :
·      8 exemplaires des Études du Dr Armitage, autre collection de légende qui vit la naissance des premiers numéros de L'Année de la Science-fiction et du Fantastique au Cinéma de Philippe Heurtel. Elle accueillit également les travaux de Claude Hermier (L'Archéologue du Merveilleux, Le retour de l'Archéologue du Merveilleux, La vengeance de l'Archéologue du Merveilleux, José Moselli), ou de Jacky Ferjault (L'Archéologue des salles obscures, l'Archéologue de la mer Egée).
·         6 exemplaires des Manuscrits d'Edward Derby, certainement parce que les pages de D&M n'étaient pas suffisantes pour accueillir toutes les fictions reçues. On y trouva les écrits lovecraftiens de Jean-Jacques Nguyen (Rêves d'Arkham, Rêves d'Innsmouth), une anthologie dédiée à l'hémoglobine la plus fraîche, Les Maîtres de Sang, et plusieurs round robin dont nous avons, un temps, été friands (Dark Sun, l'Affaire du Marlin Bleu). Une incursion dans le domaine de la poésie fantastique donnera lieu à la publication d'un recueil qualifié par Gilles Dumay de « nul à chier ».
·         Last but not least, 5 exemplaires du Bulletin de l'Université de Miskatonic, dédié, comme son nom l'indique, au Maître de Providence.
Mais ce torrent de publications ne s'arrête pas là.
Il faut encore citer la famille des « fanzines-coucou », publica­tions de certains de nos collaborateurs profitant de l'expédition de nos pavés pour se glisser dans l'enveloppe. On citera le fameux Aliens & Vampyres de Nicolas Ariton, ainsi que The Parisian Fancy God, Les Stances de Fungi et Sous les Cocotiers de Jacky Ferjault. On n'oubliera pas Mental Machine Poems de Gilles Dumay, qui vau­dra à son fougueux éditeur quelques démêlés avec la justice. Mais oui, il y a cela de nombreuses années (!), publier les poèmes por­nographiques d'Aleister Crowley pouvait... attenter aux bonnes mœurs. Et puis on accordera une mention gourmande à Marmite & Micro-ondes, le fanzine de fantastique culinaire de Philippe Heurtel.
Enfin, il y avait « Les Lettres ». L'ancêtre de Points de Vue, Images de l'ODS s'appelait alors Dragon's News, une petite feuille de chou qui faisait le lien entre les lecteurs, une publication très appréciée à une époque où Internet était encore balbutiant. Cette publication déclencha du reste dans les années 1995 une véritable« lettromania », de nombreux participants lançant leur publication, en général limitée à un seul numéro !
Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

jeudi 26 mars 2020

« Le mot et la mouche » du poète René Daumal, un conte magique.


René Daumal.



" Un magicien avait coutume de divertir son monde du petit tour que voici. Ayant bien ventilé la chambre et fermé les fenêtres, il se penchait sur une grande table d’acajou et prononçait attentivement le mot «mouche». Et aussitôt une mouche trottinait au milieu de la table, tâtant le vernis de sa petite trompe molle et se frottant les pattes de devant comme n’importe quelle mouche naturelle. Alors, de nouveau, le magicien se penchait sur la table et prononçait encore le mot «mouche». Et l’insecte tombait raide sur le dos, comme foudroyé. En regardant son cadavre à la loupe, on ne voyait qu’une carcasse vide et sèche, ne renfermant aucun viscère, aucune humeur, aucune lueur dans les yeux à facettes. Le magicien regardait alors ses invités avec un sourire modeste, quêtant les compliments, qu’on lui accordait comme il se doit.

J’ai toujours trouvé ce tour assez misérable. A quoi aboutissait-il? Au commencement, il n’y avait rien, et à la fin il y avait un cadavre de mouche. La belle avance! Il fallait encore se débarrasser des cadavres — encore qu’une vieille admiratrice du magicien les collectionnât, quand elle pouvait les ramasser à la dérobée. Cela faisait mentir la règle: « jamais deux sans trois». On attendait une troisième profération du mot «mouche», qui eût fait disparaître sans traces le cadavre de l’insecte ; ainsi toutes choses à la fin eussent été comme au commencement, sauf dans nos mémoires, déjà bien assez encombrées sans cela.

Je dois préciser que c’était un assez médiocre magicien, un raté qui, après s’être essayé avec aussi peu de bonheur à la poésie et à la philosophie, avait transporté ses ambitions dans l’art des prestiges; et même là, il lui manquait encore quelque chose."

Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous !

Vie et œuvre du magicien Tony Slydini.






Tony Slydini.


Tony Slydini (1901-1991) est né en Italie. Son vrai nom est Quintino Marucci. Slydini est le fils d'un magicien amateur qui l'a encouragé dès son plus jeune âge à persévérer dans la prestidigitation. C'est la psychologie de cet art qui a attiré le jeune Tony au début, ce qui permettra à Slydini de devenir un expert dans l'utilisation du détournement d'attention. Il a également été intéressé par la relation qui se crée entre le magicien et son public, ce qui l'amena à devenir un artiste de close-up.

Encore jeune, Slydini et sa famille ont quitté l'Italie pour l'Argentine. C'est là-bas que Slydini commence sérieusement la magie. « En Argentine, dit-il, j'ai créé ma propre magie. Il y avait plusieurs moyens pour y arriver. J'ai pris le plus direct. J'ai créé la magie ».

Slydini travaille quelque temps en Amérique du Sud dans un spectacle de music-hall, mais bientôt la crise arrive et le travail devient rare. En 1930, il déménage à New York, mais où le travail reste rare, particulièrement pour un jeune homme qui ne parle pas anglais. Finalement Slydini trouve du travail dans un musée de la 42ème avenue. A partir de là, il continue dans les carnavals et divers attractions.

Alors que Slydini rendait visite à sa sœur à Boston, il en profita pour chercher du travail. Par chance, il y rencontra un impresario qui lui trouva un travail rémunéré 15$ par jour pendant 3 jours. Tous ceux qui purent l'admirer pendant ces 3 jours ont remarqué son professionnalisme, et notamment un autre impresario qui lui offrit un autre travail. Il continua ainsi quelques temps ; Slydini travailla à Boston pendant 7 ans. Mais New York rappelait le désormais célèbre Slydini, et il y déménagea à nouveau.

Il est important de noter, qu'à cette époque, le close-up n'existait pas comme aujourd'hui. Le close-up n'était présenté qu'en première partie des spectacles de scène. Slydini ouvrit de nouvelles perspectives mais il était le seul à s'en rendre compte. C'est en 1945, à la nouvelle Orléans, qu'il prit pleinement conscience des nouveaux aspects de la magie qu'il explorait.

A ce moment, à la nouvelle Orléans, il y avait un congrès de magie où Slydini en profita pour montrer ce qu'il apportait de nouveau à la magie. « Personne ne reconnaissait l'art du close-up en tant que tel, dit-il, on ignorait que j'avais trouvé quelque chose d'aussi beau. Même les magiciens ne savaient pas ce que c'était. A la Nouvelle Orléans j'ai eu une standing ovation de 20 minutes. Les gens ont dit : "La magie de Slydini c'est autre chose." ».
   
Évidemment Slydini n'a pas inventé le close-up ; il existait depuis des siècles. Mais le style de close-up de Slydini était quelque chose de nouveau. Slydini était le premier à montrer le close-up comme un art à part entière et non comme une simple entrée en matière pour des grandes illusions.

La magie de Slydini était improvisée : au lieu de prévoir un enchaînement de tours, il laissait les spectateurs lui dicter son spectacle. Il disait, « je fais mieux un tour si j'aime ce tour, mais, si le public l'aime et que moi je ne l'aime pas, je le fais quand même pour eux. »

Mais pour Slydini, la magie c'est bien plus que des tours. « Il faut connaître tous les détails, car à chaque instant, il se passe quelque chose. Il faut comprendre chaque moment. Il faut savoir tenir son public, le distraire. Vous devez avoir conscience de la signification de tout ce que vous faites, des mouvements de votre corps, où regarder et comment vous asseoir ou vous tenir debout ».

C'était un homme d'un charme européen, d'un esprit vif, d'une indéniable habileté et subtilité. Slydini prenait beaucoup de plaisir à faire ses spectacles, autant devant des profanes que devant des magiciens. Il faisait ses spectacles avec beaucoup de précision, de grâce et d'intelligence et était capable de surprendre tous ses spectateurs aussi bien que de les distraire. Dick Cavett a demandé, un jour, à Dai Vernon qui pouvait encore le duper. Le Professeur répondit comme un regret, « personne », puis rajouta avec un sourire, « Si bien sûr, Tony ».

Voilà. C'est tout pour aujourd'hui. Amitiés à tous.



mercredi 25 mars 2020

Compte rendu de l'ouvrage « Douceurs Mentales 2 » de Fabien Arcole et Eric Bertrand.






Le livre en question.


Dans l’article qu’il a écrit pour Virtual Magie sur « Douceurs mentales » (le premier volume), Jean-Baptiste CLÉMENT déclarait : « J’espère un Douceurs Mentales n°2 ! ». Le voici !

Selon moi, « Douceurs mentales 2 » de Fabien ARCOLE et Eric BERTRAND est un des meilleurs ouvrages écrits sur le mentalisme (techniques, tours et réflexions) par des mentalistes de langue française.

Dans ce livre de 230 pages, pourvu de nombreuses illustrations en couleur, les auteurs décrivent des techniques de billets inédites, des routines de mentalisme puissantes et réalisables avec peu de matériel, sans oublier des réflexions poussées sur le mentalisme.

La première partie aborde différentes techniques permettant de glaner une information inscrite sur un morceau de papier.

Nouveauté par rapport à « Douceurs Mentales 1 », les explications sont accompagnées d’un lien vers une vidéo illustrant le point de vue de l’audience et qui devrait vous convaincre de l’efficacité de la technique en question.

Dans la seconde partie, vous trouverez huit routines à la fois impressionnantes et abordables dans leur réalisation, toutes destinées au mentaliste solitaire et désargenté. Solitaire, car ces effets ne nécessitent ni assistant ni compère ; désargenté, car aucun matériel n’est requis, si ce n’est quelques papiers, quelques enveloppes et quelques stylos.

La troisième partie du livre est consacrée aux réflexions. Vous y apprendrez entre autres à accroître votre crédibilité, à révéler efficacement une information ou à développer vos capacités en cold reading.

Chapitre 1 : Techniques

Silent Peek
Une technique de lecture de billet. La lecture du billet s’opère sans le moindre mouvement des mains (du moins en apparence) de la façon la plus discrète possible.
La routine « Silent Hollywood » dans le chapitre 2 emploie cette technique.

Locked Peek
C’est une technique de peek effectuée en l’absence d’échange (pas de dummy billet).
Le billet est véritablement enfermé dans le poing du mentaliste.
Le pliage du billet est celui de l’Acidus Novus traditionnel.

Z Switch
Z Switch est une variation par Eric BERTRAND d’une technique de switch révélée en 2017 par le mentaliste Julien LOSA sous le nom « [S]witch » (voir le site Secret Studio).

Chapitre 2 : Routines

Radio Blue Suede Shoes
Un tour basé sur la thématique de la chanson française. Le mentaliste utilise un carnet svengali et le forçage Blue Suede Shoes.
Ce forçage est décrit dans Douceurs mentales 1 : il a deux sources d’inspiration :
« Le fantôme de l’Opéra » de Ted LESLEY dans « Paramiracles » p. 47,
« Mix 86 » dans « Humthing » de Max MAVEN  (en français « Hasard piquant » dans "Prisme" de Max MAVEN, p. 193).

Silent Hollywood
C’est un effet de « message reading » utilisant la technique du « silent peek » décrite dans le chapitre 1.
Cette technique permet de réaliser cet effet sans avoir à ouvrir le billet pour vérifier l’information et sans effectuer d’échange de billets.
Le tout est une variation de l’effet de "Douceurs mentales 1" « Hollywood Q&A » avec en ajout la technique du silent peek. « Hollywood Q&A » était elle-même inspirée de « Jazz Approach » de 21st Century Q&A de Bob CASSIDY et de « Final Answer » de Richard OSTERLIND.

3DR2D
DR2D signifie « Dual Reality Design Duplication ».
Le mentaliste fait effectuer une expérience de télépathie à deux spectateurs. L’émetteur dessine par exemple une voiture et le récepteur, qui a le dos tourné,  reçoit un message psychique et dessine le même dessin que l’émetteur.
L’ensemble de l’effet est basé sur une double réalité.

Pronostic PFC
Il s’agit, ici, d’une prédiction d’Eric BERTRAND sur le jeu pierre – feuille – ciseaux. L’ensemble est réalisé grâce à une combinaison d’un switch et de sorties multiples, trois en l’occurrence.

Arcanum Locus
Un tour très original de Fabien ARCOLE qui utilise un pendule et qui est basé sur un forçage psychologique.

La Visite du Faussaire
Une duplication de dessin par Eric BERTRAND qui demande quand même l’utilisation de trois techniques de prestidigitation : contrôle de la carte du participant, peek du dessin du participant, forçage de la carte du participant.

Connected 2.0
Une variante ingénieuse par Fabien ARCOLE de la célèbre routine « Connected » de Luke JERMAY (dans Jermay’s Mind, 4 DVD).

Numérologie Belline
Un grand classique d’ANNEMANN (dans « Mentalisme pratique », p. 213) remis au goût du jour par Eric BERTRAND : la pseudo-psychométrie.
Les spectateurs enferment un objet dans une enveloppe alors que le mentaliste a le dos tourné et celui-ci parvient à deviner à qui appartiennent les différents objets.
Eric BERTRAND utilise de manière originale l’Oracle Belline et la numérologie pour renouveler cet effet et lui donner une connotation ésotérique.

Chapitre 3 : Réflexions

5 clés permettant d’accroître votre crédibilité

Des considérations passionnantes par Fabien ARCOLE où il détaille les 4 écoles de présentation d’un numéro de mentalisme.

a) Celle de BANACHEK et de Gérard MAJAX : les spectateurs ne doivent en aucun cas croire à la réalité des phénomènes qui leur sont présentés.

b) Celle de ceux qui se définissent comme de véritables sujets psy (Uri GELLER).

c) Celle de ceux qui, comme le grand mentaliste anglais Derren BROWN, ne prétendent posséder aucun pouvoir surnaturel mais s’attribuent néanmoins d’autres aptitudes qu’ils considèrent comme plus acceptables (PNL, suggestion, psychologie…).

d) Celle de ceux qui ne disent rien pour instaurer volontairement le doute, pousser à la réflexion et laisser les gens tirer leurs propres conclusions (Luke JERMAY, Max MAVEN, etc.).

L’art de révéler une information
Toujours de très bons conseils pour tout mentaliste qu’il soit amateur ou professionnel par Fabien ARCOLE.

Mentalisme, psychométrie et cold reading
Eric BERTRAND développe des considérations subtiles sur le cold reading et dévoile des techniques inédites en langue française.

Conclusion

"Douceurs Mentales 2" de Fabien ARCOLE et Eric BERTRAND est en passe de devenir un des livres de référence pour les mentalistes de langue française.
L’ensemble constitue une mine d’informations et d’idées sur le sujet que chacun pourra lire et relire en y découvrant toujours de nouvelles subtilités.

Cet article peut être considéré comme la suite de celui-ci de ce blog.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !

Présentation du tour de mentalisme « Out to Lunch ».





Une démonstration d'Out to Lunch.


Le tour « Out to Lunch » a une valeur sentimentale pour moi.

Il se trouve décrit dans le premier grand livre sur le mentalisme qui m’ait fasciné Mind, Myth & Magic de Thomas Allen WATERS sous le nom « O.T.L. Omega ».

Il est situé dans le deuxième chapitre du volume 1, « Cerberus », page 91, où sont détaillées plusieurs routines de triple prédiction.

Dans la routine que décrit Waters, il n’est pas employé de demi-cartes ; tout ce qui est nécessaire, ce sont des fiches de petit format, un élastique, et un stylo.

La préparation ne prend qu’une minute ou deux.

Pour vous donner une petite idée d’une version avec demi-carte, je vous présente la version de Nilt publiée sur Virtual Magie  :

« Le magicien sort un bloc de cartes de visite (entouré d’un ruban élastique) de son portefeuille.
Il dessine grossièrement un bonhomme censé représenter le spectateur sur une table.
Le spectateur est invité à signer le bas de la carte sous ce dessin afin de l’authentifier.
Le magicien met la carte dans les mains du spectateur, et dans les mains de celui-ci, le dessin se modifie : l’image du spectateur avec la table a disparu, laissant place à un petit panneau sur lequel est indiqué : « Out to Lunch! » (parti manger !)
Soit dit en passant, ce tour est vraiment un des meilleurs pour offrir votre carte de visite à un spectateur ! »
Le principe utilisé dans le tour « Out to Lunch » est celui d’une demi-carte qui, placée par-dessus une carte entière et alignée avec celle-ci à une extrémité, recouvre et cache une moitié de la carte entière.
Un élastique passé autour du paquet de cartes dissimule l’autre extrémité de la demi-carte qui paraît donc être une carte entière.

Avec un paquet ainsi préparé, tout ce qui est écrit sur la carte entière dans l’espace qui se trouve directement sous la demi-carte est invisible, et le point fort (repris et adapté de l’ardoise spirite), c’est que la carte apparemment vierge peut être signée par le spectateur.

J’ai eu un nouveau flash sur cet effet en lisant la présentation qu’en a tirée le mentaliste Julien LOSA dans Conspiration[s] 3, qu’il a appelée « Détraqué(e) ».

Un livre remarquable est sorti sur le sujet en anglais au Canada en 2008 Lunch is served de Paul ROHMANY et TC TAHOE avec quand même, excusez du peu, les contributions de BANACHEK, David REGAL, Christopher TAYLOR, Kenton KNEPPER, etc., etc., et un historique remarquablement documenté de Max MAVEN.

Récemment a été publié en 2013 chez « Marchand de Trucs », Out to Lunch (le best of), une traduction du livre Stockholder de l’éditeur «Magicsmith » (1995) qui donne de nouvelles suggestions de présentations de ce tour.

Historiquement, ce tour a plusieurs pères ; le principe de base a été utilisé par Edward BAGSHAWE dans « The Recurring Name », décrit dans Twenty Magical Novelties (1930), page 57, et repris par Audley WALSH dans Open Minds, publié dans le n°81 de la revue The Jinx, page 523 (que vous trouverez sous le nom « Esprits ouverts », page 406, de Mentalisme pratique de Theodore ANNEMANN).

Mais sa dernière manifestation est celle qui a été commercialisée sous forme d’un tour de poche par Bob ELLIS et Clare CUMMINGS sous le nom de « Out to Lunch » (1946) et la plupart des auteurs qui s’y sont référés depuis citent cette version comme point de départ.

Si vous voulez avoir encore plus de détails, lisez dans Lunch is Served de Paul Rohmany et TC Tahoe, le chapitre « Out To Lunch History » rédigé par Max MAVEN.

Cependant, récemment, l’historien de la magie Bill KALUSH a encore trouvé trois livres qui décrivent des antériorités sur ce principe depuis le dix-septième siècle. Voir sur le site « Conjuring Credits, The Origins of Wonder »,

Trésor des secrets inestimables pour la conservation du corps humain (1630) par Seigneur RONDIN et deux manuscrits inédits publiés dans sa revue « Gibecière ».

Sloane 424 datant des environs de 1600, p. 160.

The Asti Manuscript, datant lui d’à peu près 1700, p.58.

Pendant la seconde moitié du dix-neuvième siècle, l’idée a été appliquée à l’écriture sur ardoise (voir par exemple «The Interrupted Flap» dans le livre de William ROBINSON Spirit Slate Writing et Kindred Phenomena, 1898, p.47).

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

mardi 24 mars 2020

Compte rendu de l'ouvrage « Concevoir des miracles, créer l’illusion de l’impossible » de Darwin Ortiz.






Le livre en question.


L’ouvrage « Concevoir des miracles, créer l’illusion de l’impossible » de Darwin Ortiz paru en 2018 en langue française est de loin le meilleur livre sur la prestidigitation que j’ai lu depuis 10 ans.

Cette étude de 235 pages, écrite par un des plus grands cartomanes américains (qui avait déjà publié un autre best-seller sur la théorie de la magie, Strong Magic) a été traduite à l’initiative d’Yves Doumergue. Elle a l’immense mérite de nous faire progresser dans notre conception de l’exécution d’un tour de magie.

Et ceci grâce à des conseils à la fois subtils et précis (le but étant toujours que le spectateur pense que l’effet est impossible) et aussi de nous donner des théories pour pouvoir créer nous-mêmes nos propres tours.

Naturellement, certains des concepts de l’auteur, comme par exemple « le principe des voiles » (page 140), sont largement utilisés par les magiciens professionnels, soit consciemment, soit inconsciemment.

Toutefois Darwin Ortiz a le mérite de formuler ce que tout le monde pense ou dit tout bas et cela d’une façon à la fois très claire et très pédagogique.

Voici la description de ce principe :

« Cela illustre ce que je désigne sous le nom de « principe des voiles ». Imaginez que vous ayez un léger voile de soie transparent. Bien qu’il soit coloré, si vous le placez à la lumière, vous pouvez voir à travers.

Imaginez à présent que vous en ayez plusieurs. Vous pouvez aisément voir à travers chacun d’entre eux.

Si, en revanche, vous en superposez deux ou trois et les placez ainsi les uns sur les autres à la lumière, ils sont à présent opaques. Il est impossible de voir ce qui se trouve de l’autre côté.

De la même manière, vous pouvez ériger deux ou trois barrières conceptuelles dans un même effet. Un spectateur astucieux pourrait réussir à voir à travers l’une d’entre elles. Mais lorsqu’elles sont combinées dans un même effet, elles résistent à toute inquisition. »

Il est nécessaire de préciser également que le livre de Darwin Ortiz n’est pas seulement un ouvrage de théorie magique. Il comporte la description détaillée de certains de ses propres tours ou même ceux de ses confrères qui lui servent à étayer ses démonstrations.

À peu près une quinzaine de tours : Homing Card de Carlyle, Oral Hygiene¸ tour de l’auteur, The Showdown à nouveau de l’auteur, Pass The Garbage, encore de l’auteur, etc.

En plus, cerise sur le gâteau, je dois dire que j’ai trouvé la traduction remarquable, précise et élégante, quasi littéraire.

J’ai comme habitude, quand je rédige un compte rendu de livre, de toujours en donner la table des matières pour que le lecteur puisse se faire son opinion par lui-même.

CHAPITRE I : Choisir la meilleure méthode
L’ingéniosité
La créativité
La difficulté
Le rendement
S’il vous dupe
La nouveauté
Le tour sans méthode
Cela n’a pas d’importance
La conception

CHAPITRE II : L’expérience magique
L’expérience magique
Supercherie contre illusion
Énigme contre miracle

CHAPITRE III : Causalité
Absolument impossible
Établir des rapports de causalité
La conception bonus
Outils analytiques
Réalité interne contre réalité externe

CHAPITRE IV : La distance temporelle
L’intervalle critique
Études de cas
La mentalité du magicien
Déplacement temporel vers l’avant
La misdirection temporelle
Déplacement temporel et jeu de scène
Déplacement temporel et gestes magiques
Les facteurs de conviction du déplacement temporel
Le dispositif du déplacement temporel
Étude de cas : Homing Card de Carlyle
Méthodologie du déplacement temporel projectif (vs rétroactif)
Le double déplacement temporel
Déplacement temporel et présentation
Déplacement temporel rétroactif
Abandon ou reddition psychologique
Étude de cas : Homing Card de Carlyle
Étude de cas : Oral Hygiene
Méthodologie du déplacement temporel rétroactif
Déplacement temporel rétroactif et misdirection d’intensité
Déplacement temporel et manipulations
Là où se passe le sale boulot
Lorsque le mouvement se produit

CHAPITRE V : Utiliser la dimension spatiale
Positionner la méthode et l’effet dans la dimension spatiale
Le temps et l’espace
Effacer la preuve
Transfert secret
Déplacer le lieu de la révélation
Isolement
Produire un duplicata à distance
La règle du « deux sur trois »
Disparition et apparition
Modifier le cours du temps
Créer une fausse proximité

CHAPITRE VI : Distance conceptuelle
Barrières physiques
Le trou contenant
Barrières informationnelles
Étude de cas : le tour que l’on ne peut pas expliquer
Barrières informationnelles et conservation
Créer des barrières informationnelles
Étude de cas : le billet sous la tasse
Le principe des voiles
Les barrières aux fausses explications
Éliminer tout soupçon avant même qu’il ne se forme

CHAPITRE VII : Un faux système de référence
Le chemin droit et étroit
La théorie du « c’est trop évident »
La méthode en tant qu’effet
Le déplacement méthode/effet
La fausse solution de fin
Cadre de référence et finale
Le chemin détourné

CHAPITRE VIII : Magie visuelle
Définir la magie visuelle
Composantes visuelles et mentales
Préparer le terrain
Renforcer la magie visuelle
Retarder le moment
Le déplacement temporel en magie visuelle
Les barrières conceptuelles en magie visuelle
Les limites de la magie visuelle
Exploiter la magie visuelle :
Comme dispositif de déplacement temporel
Comme une phase de validation
Comme partie de la conception visuelle
Comme magie fortuite

CHAPITRE IX : Corrélation : établir et briser des modèles
La conviction
La répétition
Éliminer les indices du modèle
Méthode et technique
Parachever le déplacement temporel
Combiner différentes méthodes
La méthode parfaite composée
Étude de cas : Homing Card par Carlyle
La règle de trois
La misdirection thématique
Créer de fausses corrélations

CHAPITRE X : Manipuler la mémoire
L’erreur de la motivation profonde
Transmettre la motivation
Les ruses
Actions incidentelles
Actions accidentelles
Actions étrangères
Modifier le tableau final
Éléments finaux
Postface

Annexe I
L’annexe I recense 27 lois de Darwin sur la façon de pratiquer la magie.

Annexe II
L’annexe II est un glossaire des termes employés par l’auteur.


Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous.