Le premier livre de Fritz Perls
J’ai déjà évoqué dans ce blog
deux types de méthodes psychologiques récentes, les thérapies comportementales et cognitives et la programmation neuro linguistique. Je vais aborder à présent une des méthodes les
plus actuelles, la Gestalt-thérapie, à travers le livre de Gonzague Masquelier,
Vouloir sa vie, la Gestalt-thérapieaujourd’hui.
Les cinq pressions principales
définies par les existentialistes sont 1) la finitude, 2) la solitude, 3) la
responsabilité, 4) l’imperfection et 5) la quête de sens. Pour chacun de ces
thèmes je vais aborder les manifestations psychiques qu’il engendre et comment
la Gestalt-thérapie peut nous aider à trouver nos propres réponses.
3) La responsabilité
Ce thème a été développé en
particulier par Sartre et Camus. Être responsable, c’est se reconnaître
l’auteur incontesté d’un évènement. La pression existentielle de la responsabilité est
la conséquence de notre liberté. C’est donc à la fois une chance, mais aussi
une source d’angoisse, car en cas d’échec par exemple, l’individu ne peut
s’abriter derrière une autre personne ou une cause extérieure. Dès 1947, dans
son premier livre, Perls insiste sur l’emploi de la première personne du
singulier et suggère de dire « J’ai lâché la tasse » plutôt que
« la tasse m’a glissé des mains. »
Notre responsabilité est mise en
jeu lorsque nous avons la liberté d’un choix, c’est-à-dire lorsqu’un désir nous
mobilise. Le processus se déroule en trois étapes : nous avons un désir ou
un besoin, nous avons la liberté de dire oui ou non, nous choisissons de le
mettre en œuvre ou non.
Nous avons de multiples
stratégies pour biaiser cette donnée existentielle :
a) Nous pouvons éteindre notre
désir, pour ne plus nous confronter à la difficulté de la décision.
b) Nous pouvons abdiquer notre
liberté, en la confiant à d’autres. Il est souvent plus simple pour nous que
l’on nous dicte notre conduite, que l’on nous dise ce qui est bien ou mal, afin
de nous éviter les questions angoissantes (partis politiques, religions, toutes
sortes de groupes idéologiques).
c) Nous pouvons éviter de mettre
en œuvre nos désirs, c’est-à-dire choisir la voie de l’immobilisme, pour éviter
le risque de l’échec (mais parfois cela peut provoquer de la dépression).
La responsabilité génère souvent
de la culpabilité : par exemple, une personne peut se sentir coupable de
ne pas mieux réussir sa vie sentimentale, de ne pas élever ses enfants comme
elle l’avait rêvé, etc. Cette culpabilité peut être fondée (elle a la
responsabilité de tel échec) ou névrotique (elle se culpabilise d’échecs dont
elle n’est pas responsable ou… de toute la misère du monde !).
En Gestalt, le thérapeute
intervient différemment si la personne se sent coupable de manière fondée ou si
elle utilise une des trois stratégies développées précédemment.
a) Le thérapeute peut aussi se
centrer sur le désir et chercher à le remobiliser. Le travail corporel :
« qu’est-ce que je sens ? que me dit mon corps en ce moment ?
sont des questionnements souvent très bénéfiques (ceci afin de ne pas éteindre nos désirs qui peuvent être salutaires).
b) Le thérapeute peut aussi
remobiliser la faculté de choisir. La vigilance à dire « je » à la
place du « nous » ou du « on » va aider le client à se
situer, à prendre conscience de ses véritables besoins (et permettre d'échapper à la loi castratrice d'un groupe).
c) Il peut travailler aussi sur
la « mise en action » : face à une situation bloquée, il peut
explorer comment passer de « je ne peux pas » à « je ne veux
pas », ce qui, par le changement d’une seule lettre dans la formulation,
réintroduit la responsabilité. Puis envisager d’enlever la négation pour oser
un « je veux », et enfin prendre la décision d’un « je
vais » (ce qui permettra peut-être d'éviter une dépression).
Voilà. C’est tout pour le moment.
La suite au prochain numéro. Amitiés à tous.
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