lundi 7 mai 2018

Nouvelles précisions sur la Gestalt-thérapie (deuxième partie).



Frederick Perls

Des amis m’ont demandé d’apporter des approfondissements sur la gestalt-thérapie, la psychothérapie que je préfère actuellement. J’ai déjà abordé ce sujet à plusieurs reprises dans ce blog. En voici quelques exemples :


Cet article est la suite de celui-ci.

Le livre de référence sur le sujet est Gestalt-thérapie, nouveauté, excitation et développement de Frederick Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline. Je vais, pour que vous compreniez bien la démarche de la Gestalt, vous citer une partie de son introduction.

La prise de conscience est caractérisée par le contact, la sensibilité, l'excitation et la formation d'une gestalt. Son bon fonctionnement appartient à la psychologie normale ; toute perturbation se place sous le signe de la psychopathologie.

Le contact en soi est possible sans prise de conscience, mais il est indispensable pour prendre conscience. Se pose alors la question cruciale : avec quoi est-on en contact ? L'individu qui regarde une peinture moderne peut croire qu'il est en contact avec le tableau, alors qu'en fait il est en contact avec le critique d'art de son journal favori.

La sensibilité détermine la nature de la prise de conscience, qu'elle soit lointaine (acoustique), proche (tactile), ou corporelle (proprioceptive). Nous incluons dans ce dernier terme la sensibilité des rêves et des pensées.

L'excitation semble, du point de vue linguistique, un bon terme. il recouvre l'excitation physiologique aussi bien que les émotions indifférenciées. Il inclut la notion freudienne de catharsis, l'élan vital de Bergson, et il nous donne une base pour une théorie simple de l'anxiété.

La formation d'une gestalt accompagne toujours la prise de conscience. Nous ne voyons pas trois points isolés, nous les relions en un triangle. La formation d'une gestalt complète et exhaustive est la condition de la santé mentale et de la croissance. Seule une gestalt achevée peut être organisée comme une unité fonctionnant automatiquement (réflexe) dans l'organisme tout entier. Une gestalt incomplète représente une « situation inachevée », qui catalyse toute l'attention et empêche la formation d'une gestalt nouvelle, vitale. À la place de la croissance et du développement, nous trouvons alors la stagnation et la régression.

Configuration, structure, thème, relation structurelle (Korzybski) ou totalité signifiante et organisée, sont les termes qui s'approchent le plus du mot allemand Gestalt, pour lequel n'existe pas d'équivalent en anglais ou en français. Voici un exemple linguistique : « mon » et « nom » contiennent les mêmes éléments, mais le sens dépend de l'ordre des lettres à l'intérieur de leur Gestalt. Bridge peut signifier un jeu de cartes ou un appareil de prothèse dentaire. Cette fois, le sens dépend du contexte dans lequel le mot « bridge » est utilisé. La couleur lilas apparaît bleuâtre sur un fond rouge, rouge sur un fond bleu. Le contexte dans lequel un élément apparaît est appelé, en Gestalt psychologie, le « fond » sur lequel se détache la « figure ».

Dans la névrose, et plus encore dans la psychose, l'élasticité de la formation figure/fond est perturbée. On se trouve souvent en présence d'une rigidité (fixation) ou d'un manque de formation de la figure (répression). Fixation et répression interfèrent dans l'achèvement normal d'une gestalt correcte.

Chez l'individu sain, la relation entre la figure et le fond est un processus de flux et de reflux permanent et signifiant. L'interaction de la figure et du contexte est à la base de la théorie présentée dans ce livre : l'attention, la concentration, l'intérêt, la considération, l'excitation et la grâce sont représentatifs d'une formation saine figure/fond, alors que la confusion, l'anxiété, les amnésies, la stagnation et la gaucherie indiquent des troubles dans la formation figure/fond.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Nouvelles précisions sur la Gestalt-thérapie (première partie).



Frederick Perls


Des amis m’ont demandé d’apporter des approfondissements sur la gestalt-thérapie, la psychothérapie que je préfère actuellement. J’ai déjà abordé ce sujet à plusieurs reprises dans ce blog. En voici quelques exemples :


Cet article peut être considéré comme la suite de celui-ci.

Le livre de référence sur le sujet est Gestalt-thérapie, nouveauté, excitation et développement de Frederick Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline. Je vais, pour que vous compreniez bien la démarche de la Gestalt, vous citer une partie de son introduction.

Ce livre a pris naissance sous la forme d'un manuscrit écrit par Frederick Perls. Paul Goodman en a développé le contenu et Ralph Hefferline l'application pratique. Tel qu'il se présente actuellement, il est le résultat des efforts conjoints des trois auteurs. Le travail commencé par l'un a été terminé à trois — avec une participation égale.

Nous avions un but commun : mettre au point une théorie et une méthode qui élargiraient les limites et l'application de la psychothérapie. Nos points de vue étaient différents, mais plutôt que de nous taire poliment, nous avons discuté de nos divergences et sommes souvent arrivés à des solutions qui nous ont surpris. Nous avons repris nombre d'idées présentes dans le manuscrit original, mais nous en avons ajouté autant d'autres, fruits des efforts communs des trois auteurs. Elles ont pris un sens nouveau dans le contexte du livre sous sa forme actuelle.

Les découvertes de la Gestalt psychologie se sont révélées fructueuses dans l'approche de l'art et de l'éducation. Et dans le domaine académique, les travaux de Wertheimer, Köhler, Lewin, etc., ne sont plus contestés. Cependant, l'intérêt soulevé par le béhaviorisme, orienté vers les données observables de l'organisme, a eu pour conséquence d'exagérer l'aspect perceptuel du gestaltisme dans les cercles académiques. Le magnifique travail de Goldstein en neuropsychiatrie n'a pas encore trouvé la place qu'il mérite dans la science moderne. L'application du gestaltisme en psychothérapie, seule théorie qui traite, d'une manière satisfaisante et logique, de la psychologie du normal et de l'anormal, n'a pas encore été entreprise. Ce livre tente d'en poser les fondements.

Il est indispensable — pour écrire ce livre comme pour le comprendre pleinement — d'adopter une attitude qui permette d'appréhender le contenu et la méthode en tant que théorie. Le lecteur se trouve donc, apparemment, devant une tâche impossible : pour comprendre le livre il lui faut avoir une mentalité « gestaltiste » et pour l'acquérir, il lui faut comprendre le livre.

Heureusement, la difficulté est loin d'être insurmontable, car les auteurs n'ont pas inventé cette mentalité. Au contraire, nous croyons que le point de vue gestaltiste est l'approche originale, authentique et naturelle de la vie, c'est-à-dire de la pensée, des actions, de la sensibilité de l'homme. L'individu moyen, élevé dans un milieu fragmenté, a perdu sa Totalité, son Intégrité. Pour les retrouver, il lui faut concilier la dualité de sa personne, de sa pensée et de son langage. Il est habitué à penser en termes de contradiction — infantile et adulte, corps et esprit, organisme et environnement, moi et réalité — comme si c'étaient des entités opposées. La vision unitaire capable d'abolir cette approche a beau être obscurcie, elle n'est toutefois pas détruite et, comme nous voulons le démontrer, nous sommes en mesure de la redécouvrir pour notre plus grand avantage.

L'un des thèmes de ce livre est l'assimilation. L'organisme se développe en assimilant de l'environnement ce qui lui est utile pour sa croissance. Bien qu'on admette ce principe en ce qui concerne le processus physiologique, on a largement ignoré les étapes de l'assimilation mentale. (À l'exception du concept freudien d'introjection qui en rend compte au moins partiellement.) Ce n'est que par l'assimilation que les éléments hétérogènes peuvent être unifiés en un nouveau Tout. C'est ainsi que nous pensons que, ayant assimilé tout ce que les sciences psychologiques de notre époque ont à offrir de valable, nous sommes à présent à même de jeter les bases d'une psychothérapie solide et pratique.

Pourquoi, dans ce cas, comme le titre le suggère, donnons-nous la préférence au terme « gestalt », alors que nous prenons également en considération la psychanalyse freudienne et para-freudienne, la théorie reichienne de la cuirasse, la sémantique et la philosophie ? À cela, nous répondrons que notre éclectisme n'est pas gratuit. Nous n'avons pas assimilé les disciplines mentionnées ci-dessus pour en faire une synthèse artificielle. Nous les avons examinées avec un esprit critique et les avons organisées en une nouvelle théorie totale et complète. Dans ce processus, nous avons trouvé qu'il fallait déplacer l'objet de la psychiatrie : au lieu de vouer un culte à l'inconnu, une adoration inconditionnelle à I'« inconscient », il était préférable de s'attacher aux problèmes et aux phénomènes de la prise de conscience. Quels sont les facteurs qui opèrent dans la prise de conscience et comment les facultés qui fonctionnent avec efficacité dans l'état de conscience perdent soudain cette propriété ?


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

dimanche 6 mai 2018

Compte rendu du livre « S’affirmer et oser dire non » de Christel Petitcollin (chapitre 7, « Le non diplomatique « ) (troisième partie).




 Christel Petitcollin


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de «  S’affirmer et oser dire non »  de Christel Petitcollin. L’auteur y décrit comment arriver à dire non aux autres lorsque l’on est timide et à affirmer sa personnalité.

Cet article est la suite de celui-ci.

Le septième chapitre s’intitule « Le non diplomatique ».
En voici le résumé.

En refus diplomatique, trois possibilités s'offrent à vous : le refus total, le refus partiel et la proposition de changement. J’ai déjà traité du refus total, je vais parler aujourd’hui du refus partiel et de la proposition de changement.

Le refus partiel

Cette forme de refus convient quand vous ne pouvez (ou ne voulez) pas satisfaire la totalité de la demande de l'autre, mais qu'une partie de cette demande vous reste acceptable.

Dans ce cas, le refus partiel consiste à exprimer avec précision les éléments de la demande que vous pouvez (ou voulez bien) satisfaire et ceux sur lesquels il y a une restriction.

Exemple : Votre fils vous demande de l'emmener au collège pour 8 h 30.
« J'ai un rendez-vous à 8 h 30. Je peux te déposer au collège à 8 h 10, si cela te convient. »
Ou bien :
« Je n'ai pas envie de t'accompagner faire les courses. Tu connais mon horreur des grands magasins, mais je serai présent à ton retour pour décharger la voiture et ranger les courses dans la maison. »

La proposition de changement

Cette façon de procéder concerne les situations que vous souhaitez voir cesser parce qu'elles ne vous conviennent plus ou qu'elles ne vous ont jamais convenu. Maintenant, vous avez enfin les moyens d'y mettre fin.

La proposition de changement sert à expliquer le problème sans accuser et sans atteindre l'autre dans son identité et à offrir des solutions. C'est à la fois une demande d'une nouvelle façon de faire et un refus de ce qui avait lieu jusqu'alors. Présentez la nouvelle solution en mettant en valeur ses avantages pour l'autre, pour vous et pour la qualité de votre relation.

Christel Petitcollin dit souvent à ses clients : « N'amenez jamais de problème dans le bureau de votre chef sans avoir quelques solutions à proposer pour le résoudre. » Critiquer n'est constructif que lorsqu'on a l'esprit orienté vers les solutions.

Voici la trame de la proposition de changement :

Je comprends que...    Montrez de la compréhension pour les motivations, de l'empathie.
Mais lorsque tu...        Décrire le comportement (s'en tenir aux faits).
Conséquences matérielles      Coût, perte de temps, stress, fatigue, sentiments.
C'est pourquoi je te propose (je veux)           Solutions.
Comme ça, tu pourras (nous pourrons ou je pourrai) Avantages.

Voici un exemple tiré d’un des séminaires de Christel Petitcollin :

« Patron,
Je sais que vous êtes surchargé de travail et qu'il n'est pas toujours possible pour vous d'anticiper sur les tâches que vous voulez me confier. Mais lorsque vous me demandez d'effectuer un travail urgent à 16 h 30 alors que je suis censé quitter mon poste à 17 h 00, cela me fait partir très en retard. Cela alourdit mes journées de travail et coûte à l'entreprise des heures supplémentaires qui pourraient être évitées. C'est pourquoi je vous propose de vous téléphoner tous les jours vers 15 h 00 pour vérifier avec vous s'il y a des tâches urgentes en attente. Comme cela vous serez certain qu'elles seront effectuées avant 17 h 00 et vous n'aurez plus d'heures supplémentaires à rémunérer. »

À vous : Quelle situation est en train de vous gâcher la vie ? Quelles solutions allez-vous mettre en œuvre ? Comment allez-vous les formuler ?

Prenez le temps d’écrire la formulation qui vous satisfait le mieux. « Mon cher… il faut que je te parle d’un problème qui nous concerne tous les deux… Je comprends que … mais lorsque… »

Vous voilà maintenant dépositaire de trois formules de refus.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


vendredi 4 mai 2018

Compte rendu du livre « S’affirmer et oser dire non » de Christel Petitcollin (chapitre 7, « Le non diplomatique « ) (deuxième partie).




Un livre de Christel Petitcollin


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de «  S’affirmer et oser dire non »  de Christel Petitcollin. L’auteur y décrit comment arriver à dire non aux autres lorsque l’on est timide et à affirmer sa personnalité.

Cet article est la suite de celui-ci.

Le septième chapitre s’intitule « Le non diplomatique ».

En voici le résumé.


Il y a dans la vie des moments où le refus s'impose : premièrement, quand la demande ou le comportement est totalement inacceptable ou bien quand la demande où le comportement ne vous convient absolument pas.
Deuxièmement, lorsque vous souhaitez voir cesser une situation qui ne vous convient plus ou qui ne vous a jamais convenu, mais à laquelle vous n'aviez pas encore les moyens de mettre fin.
Le refus s'impose aussi quand vous ne pouvez pas (ou ne voulez pas) satisfaire la totalité de la demande de l'autre.

En refus diplomatique, trois possibilités s'offrent à vous : le refus total, le refus partiel et la proposition de changement. Et bien sûr, rappelez-vous, vous avez le droit et même le devoir de prendre le temps de réfléchir à ce que vous allez dire et de préparer vos réponses à l'avance. Avec de la pratique, trouver les mots justes deviendra de plus en plus rapide, facile et naturel.

Le refus total

Commençons par celui qui peut paraître le plus abrupt des refus, le refus total. Il est en même temps le plus simple des refus à poser puisqu'il ne laisse aucun espace de négociation. Malgré son aspect irrévocable, il peut être formulé avec chaleur et empathie. Il est tout à fait possible de dire un « non » définitif, tout en se montrant compatissant.

Le refus total se pratique en quatre temps.

1)         Montrez-vous compréhensif et empathique.
2)         Exprimez calmement et fermement votre refus.
3)         Donnez éventuellement votre raison. (Rappel : Expliquer n'est pas se justifier.)
4)         Offrez une ouverture vers d'autres solutions. (Attention : Ne dictez pas de solution.)

Votre refus pourra prendre cette forme : « Je comprends que... Mais je ne peux pas (ou je ne veux pas)... parce que... Peut-être pourrais-tu... ? »

Par exemple :
« Je sais que c'est difficile pour toi d'être sans voiture depuis ton accident et j'espère qu'elle sera rapidement réparée. Mais je ne peux pas me rendre disponible pour te servir de chauffeur à chaque fois que tu en as besoin parce que mon emploi du temps est déjà surchargé. Peut-être peux-tu demander ce service à d’autres amis, louer une voiture de temps en temps ou se renseigner sur les transports en commun. Il paraît qu’ils sont très bien organisés dans notre ville. »


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre « S’affirmer et oser dire non » de Christel Petitcollin (chapitre 6, « Le langage dynamique ») (première partie).





Un livre de Christel Petitcollin


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de «  S’affirmer et oser dire non »  de Christel Petitcollin. L’auteur y décrit comment arriver à dire non aux autres lorsque l’on est timide et à affirmer sa personnalité.

Cet article est la suite de celui-ci. 

Le sixième chapitre s’intitule « Le langage dynamique ».

En voici le résumé.

Maintenant,  nous allons nous intéresser plus spécifiquement à l'art d'énoncer clairement ce que nous avons à dire. Les mots que nous utilisons, nos tournures de phrases, nos expressions en disent plus long sur nous-mêmes que nous ne pourrions le soupçonner. Sans le savoir nous exprimons nos peurs, nos doutes ou notre manque de motivation et sans le savoir non plus nos interlocuteurs les captent cinq sur cinq.

Par exemple, si vous entendez quelqu'un vous dire : « Demain, j'essaierai d'être à l'heure », vous ne serez pas surpris de son retard malgré la bonne volonté affichée. Cette personne vous a prévenu d'avance que sa ponctualité ne serait qu'un « essai ». Ainsi, il est possible en étant plus attentif au langage employé de modifier le sien, autant pour qu’il reflète mieux ce que l’on souhaite montrer de soi-même que pour se dynamiser en le prononçant.

Faites ce test : remplacez : « Il faudrait que je fasse (telle chose) » par : « Je choisis de faire (cette chose) maintenant, pour que (raison positive pour vous). » Ça change tout, n'est-ce pas ?

Souvent, les gens utilisent des formulations tellement tièdes, hésitantes et compliquées que leurs interlocuteurs ne savent même pas qu'il s'agit d'une demande ferme ou d'un ordre. Espérer obtenir un silence total en disant : « Soyez gentils les enfants, faites un tout petit peu moins de bruit, s'il vous plaît », est totalement utopique. Mais la mère qui prononce ce genre de phrases vous dira : «  Mes enfants ne m'écoutent jamais ! » sans réaliser que les enfants ont pourtant obéi à sa demande en faisant effectivement juste « un tout petit peu moins de bruit », exactement comme elle l'avait demandé.

De notre petite enfance, nous avons gardé la nostalgie d'être « devinés » par notre entourage. Bien que nous ayons grandi, nous attendons encore des adultes qui nous côtoient qu'ils nous devinent à demi-mot. En échange, nous nous efforçons également de lire dans leurs pensées. Malheureusement, la pensée d'un adulte est extraordinairement riche et complexe. Tellement complexe que nous avons parfois du mal à nous comprendre nous-mêmes !
Alors, comment les autres pourraient-ils nous comprendre si nous ne leur disons pas clairement les choses ? Et puis, est-ce vraiment leur rôle de déployer les efforts et l'attention d'une mère pour son tout-petit pour nous décoder, alors que nous maîtrisons maintenant le langage ? Mais énoncer clairement et simplement ce que nous avons à dire n'a pas fait partie de notre éducation.

 Nous avons plutôt appris à « suggérer que... », à « évoquer la possibilité de... », à « faire allusion à... », à « tendre une perche » pour que l'autre « la saisisse ». Bref à nous exprimer dans un langage codé que nous croyons être de la diplomatie alors qu'il ne s'agit que d'une invitation à la lecture de pensée, source de la plupart des malentendus.

C'est pourquoi la règle de base pour assainir la communication est la suivante :

TOUTE DEMANDE NON EXPRIMÉE N'A PAS À ÊTRE SATISFAITE.

Si je n'ai pas clairement demandé ce que je veux, je ne peux pas en vouloir à l'autre de ne pas avoir compris. S'il ne m'a rien demandé, je n'ai pas à deviner qu'il voulait quelque chose.

Christel Petitcollin a souvent des clients qui disent ce genre de chose :

— J'aimerais tellement qu'il / elle comprenne que...
— Le lui avez-vous dit ? répond-elle.
— Non, je ne sais pas comment lui dire !
— Pourquoi ne pas le lui dire exactement comme vous venez de me le dire : «  J'aimerais tellement que tu comprennes que... » et elle reformule toute la phrase.

Le client est songeur :

— Ça a l'air tellement simple, dit comme ça.
— Ça l'est. Ce n'est pas la peine de tourner autour du pot. Dites-lui les choses sobrement.

Car paradoxalement, le plus compliqué en communication, c'est peut-être d'apprendre à simplifier notre façon de communiquer !



Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


jeudi 3 mai 2018

Compte rendu du livre « S’affirmer et oser dire non » de Christel Petitcollin (chapitre 5, « Les bons réflexes relationnels ») (cinquième partie, «Ne vous justifiez plus»).






Christel Petitcollin


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de «  S’affirmer et oser dire non »  de Christel Petitcollin. L’auteur y décrit comment arriver à dire non aux autres lorsque l’on est timide et à affirmer sa personnalité.

Cet article est la suite de celui-ci.
Le cinquième chapitre s’intitule « Les bons réflexes relationnels ».

Voici un des bons réflexes relationnels à acquérir pour être sûr de ne plus vous faire piéger dans vos relations.

Ne vous justifiez plus

« Qui s'excuse s'accuse », dit le proverbe. À chaque fois que je me justifie, je plaide coupable.

Imaginez le dialogue qui pourrait avoir lieu entre une vendeuse et vous dans un magasin :

— Combien coûte ce pull-over ?

— Euh, il fait 80 E. Parce que vous comprenez, nous les achetons déjà 25 € / pièce à l'usine qui les fabrique. Entre les taxes, les charges, le salaire du personnel et le loyer du magasin, on ne peut pas faire autrement que de les vendre à ce prix-là. Sinon on ne rentre plus dans nos frais et il n'y a plus qu'à mettre la clé sous la porte. Surtout qu'il va y avoir les illuminations de Noël et c'est nous les commerçants qui allons en payer la facture d'électricité...

Plus elle insistera avec de nouveaux arguments, abondant dans le même sens, plus le prix du pull-over vous paraîtra inacceptable et la boutique et sa vendeuse bien bizarres. Il aurait mieux valu qu'elle dise sobrement : « Il coûte 80 € parce qu'il est en pure laine vierge » et vous auriez trouvé le prix correct. Plus l'explication est courte et affirmée, plus elle est convaincante.

De la même façon, beaucoup de jeunes parents s'enlisent dans des justifications interminables quand ils essaient de poser une limite à leur enfant.
«  Il faut que tu ailles au lit maintenant parce que sinon demain tes petits yeux ne pourront pas s'ouvrir et puis tu vas être tout fatigué à l'école et comme tu n'écouteras pas bien la maîtresse, tu auras des mauvaises notes, etc. »

Que d'énergie gagnée pour un résultat tellement plus efficace lorsqu'on sait dire simplement : « Tu vas au lit maintenant parce qu'il est tard. »
D'autre part, refusez d'entrer dans le jeu des « pourquoi ? » qui cherche à vous mettre en accusation.

Ce sont souvent les anxieux qui nous obligent à nous justifier pour se rassurer mais ils obtiennent le résultat opposé. Imaginez une autre scène : vous exprimez vos inquiétudes à un chirurgien quant à l'opération que vous devez subir. Celui-ci, croyant que vous mettez en doute sa compétence, vous supplie de vous laisser opérer par lui parce qu'il est un très bon chirurgien et qu'il réussit toutes ses opérations. Regagnera-t-il votre confiance avec ce comportement ?

Il y a des choses qui sont impossibles à prouver : l'amour, la fidélité, l'honnêteté... Plus on essaiera de le faire, plus on renforcera l'autre dans ses raisons de douter. Alors, ne vous justifiez plus. Donnez une explication courte et tenez-vous à cette explication : « Je t'ai donné ma raison, si elle ne te convient pas, je ne peux rien faire de plus. »

En prenant tout le temps dont vous avez besoin pour réfléchir calmement, en vous donnant le droit de ne pas répondre aux questions, l'autorisation de changer d'avis, en énonçant de vraies raisons courtes, affirmées et sans justifications inutiles à vos refus, les relations humaines vont brusquement vous paraître bien plus simples à gérer. Il ne vous reste plus qu'à apprendre le langage dynamique et le non diplomatique dans les prochains articles du blog pour que votre palette d'outils d'affirmation de vous soit complète.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre « S’affirmer et oser dire non » de Christel Petitcollin (chapitre 5, « Les bons réflexes relationnels ») (quatrième partie, « Ne donnez plus de fausses raisons à votre refus »).








Sans commentaire


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de «  S’affirmer et oser dire non »  de Christel Petitcollin. L’auteur y décrit comment arriver à dire non aux autres lorsque l’on est timide et à affirmer sa personnalité.


Cet article est la suite de celui-ci.
Le cinquième chapitre s’intitule « Les bons réflexes relationnels ».

Voici un des bons réflexes relationnels à acquérir pour être sûr de ne plus vous faire piéger dans vos relations.


Ne donnez plus de fausses raisons à votre refus

Il n'existe que deux « non » totalement incontournables : « Non, je n'ai pas besoin » et « Non, je n'ai pas envie ». Comme ils nous paraissent souvent trop difficiles à prononcer, nous donnons des prétextes, des excuses ou des explications plus ou moins crédibles. La plupart du temps, nos interlocuteurs n'insistent pas parce qu'ils sont polis mais ils gardent une mauvaise opinion de nous. Ils nous trouvent, avec raison, un peu lâches et menteurs.

Quant aux autres, les malpolis, les lourdauds ou ceux que notre refus maladroit n'arrange pas, ils passeront outre et sauront nous acculer dans nos derniers retranchements. Il ne nous restera comme choix que de dévoiler finalement nos batteries :
« Non, je n'ai pas besoin », « Non, je n'ai pas envie » ou de dire un « Bon, d'accord » amer et vaincu.

Notre entourage sait gérer les fausses objections aussi bien que le commercial le plus aguerri.
— « Nous ne pourrons pas venir dimanche, Belle-maman, je suis vraiment trop fatiguée. »
 — « Mais, justement, ma chère, venez vous reposer à la campagne, je m'occuperai de tout, vous n'aurez rien à faire ! »
 Ou bien :
— « Ah, ça tombe mal, je ne pourrai pas venir. Jeudi, je vais chez le dentiste ! »
— « Ce n'est pas grave. Quel jour t'arrangerait ? » 
Ne donnez plus de fausses raisons à votre refus. Vous allez dans de prochains articles du blog découvrir les moyens de dire de vrais « non », avec tact et avec beaucoup plus de simplicité.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.