mercredi 9 mai 2018

Nouvelles précisions sur la Gestalt-thérapie (sixième partie) (première partie, Orientation du Moi. chapitre 1, Le point de départ).





Ralph Hefferline

Des amis m’ont demandé d’apporter des approfondissements sur la gestalt-thérapie, la psychothérapie que je préfère actuellement. J’ai déjà abordé ce sujet à plusieurs reprises dans ce blog. En voici quelques exemples :


Cet article est la suite de celui-ci.

Le livre de référence sur le sujet est Gestalt-thérapienouveauté, excitation et développement de Frederick Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline.

L’ouvrage est divisé en deux parties distinctes. La première partie porte sur l’orientation du moi et se subdivise en 4 chapitres. Le chapitre 1 définit l’aspect scientifique de la gestalt thérapie. Le chapitre 2 présente différentes expériences visant à développer ou à accroître chez l’individu sa capacité à entrer en contact avec son environnement. Les chapitres 3 et 4 présentent les différentes techniques de prise de conscience intégrée du soi. La deuxième partie de l’ouvrage porte sur la manipulation du moi. On y retrouve également 4 chapitres qui traitent globalement de 3 types de mécanismes névrotiques à l’origine des troubles psychologiques vécus par les individus. Ces mécanismes sont : la rétroflexion, l’introjection et la projection.

Je vais, pour que vous compreniez bien la démarche de la Gestalt, aborder le thème de la première partie, l’orientation du moi.

Première partie, Orientation du Moi. Chapitre 1, Le point de départ.

Nous essayons dans ces pages de vous parler comme si nous étions face à face. Naturellement, vous n'avez pas la possibilité, comme dans une situation ordinaire, de parler à votre tour, de répondre, de poser des questions ou de fournir des détails précis sur votre situation personnelle. Et nous, d'un autre côté, avons l'inconvénient de ne pas vous connaître personnellement. Si nous avions connaissance de certains faits vous concernant — âge, sexe, études, profession, succès, échecs, projets, craintes —, sans que cela change fondamentalement ce que nous avons à vous communiquer, nous pourrions modifier notre discours, ajouter ou retrancher, mettre l'accent ici plutôt que là, accélérer le rythme.

Néanmoins, nous pensons que pratiquement tout ce que nous disons s'applique, à quelque degré ou dans une certaine mesure, à tout être humain vivant à notre époque, dans les conditions de la civilisation occidentale. Il vous revient de choisir ce qui est approprié à votre situation, dans ce travail commun.

Puisque nombre de nos vues sur le fonctionnement du moi diffèrent des notions couramment acceptées sur la nature humaine, il est important de comprendre que ce que nous présentons ici n'est pas le « songe » d'une nuit, mais plutôt la fusion de plusieurs lignes d'approche du problème de la personnalité. Pour que cela soit bien clair, il faut dire quelques mots sur le statut actuel de la science de la psychologie.

Les psychologues — et, dans ce terme nous comprenons tous ceux qui mènent des recherches systématiques en vue de comprendre le comportement humain — peuvent être, grossièrement, classés en deux groupes. Les uns tirent fierté de suivre ce qu'on appelle traditionnellement l'« approche expérimentale », pendant que les autres, sans égard à leurs différentes dénominations, sont considérés, particulièrement par les expérimentalistes, comme des disciples de  l’ « approche clinique ». Ces deux groupes ont en commun de s'attaquer au problème fondamental de la compréhension du comportement humain, mais, l'ayant abordé selon des hypothèses différentes, ils ont suivi jusqu'à récemment des voies relativement indépendantes.

Vers la fin du XIX e siècle, au moment où la psychologie se séparait de la philosophie et essayait de s'établir en tant que science, ses disciples n'avaient qu'une obsession : être acceptés comme de véritables hommes de science. En conséquence, ils firent de leur mieux pour appliquer à leur propre domaine les méthodes qui avaient valu leur prestige aux sciences physiques plus avancées et plus anciennes. Pour répondre à l'atome des physiciens, l'unité la plus élémentaire de la matière, ces premiers psychologues s'efforcèrent d'identifier des « atomes » de comportement — c'est-à-dire des éléments irréductibles de l'activité humaine, qui pourraient servir de pierre de touche à des réactions plus compliquées. Ils tentèrent de le faire en copiant autant que possible les méthodes d'analyse expérimentale utilisées en physique. Selon les critères actuels, ces premiers efforts étaient grossiers, mais, en dépit d'une sophistication accrue, les expérimentalistes actuels tendent encore à se montrer ultra-conservateurs dans la sélection des problèmes à étudier. Dans la mesure où ils redoutent de découvrir des données qui ne sont pas immédiatement dénombrables ou mesurables par des techniques déjà éprouvée, leur contribution est relativement restreinte en ce qui concerne les grands problèmes humains, tels que l'émotion et la personnalité. La psychologie, disent-ils, a besoin de mûrir encore cinquante ou cent ans avant de pouvoir s'occuper correctement de ces sujets compliqués.

Il nous faudra revenir un peu plus tard sur la position adoptée par les expérimentalistes, en particulier à cause de son influence sur le problème des preuves scientifiques. En cheminant avec nous, vous serez enclin, de temps à autre, à remettre en question certaines de nos déclarations ; vous nous demanderez : Où sont vos preuves ? Notre réponse, dans la plupart des cas, sera la suivante ; nous n'affirmons rien que vous ne puissiez vérifier par vous-même dans votre propre comportement, mais si votre formation psychologique est celle des expérimentalistes, tels que nous les avons décrits, cela ne vous satisfera pas et vous exigerez à grands cris des « preuves objectives », verbales, avant d'avancer un pas de plus dans le processus.

La plus lourde accusation, portée contre les théories des disciples de I'« approche clinique » reste encore l'insuffisance de preuves. Le clinicien, au contraire de l'expérimentaliste dans son laboratoire, a été obligé, depuis le début, de débrouiller tant bien que mal la complexité du comportement humain, car son travail consistait à guérir, et ses patients n'avaient pas toujours l'amabilité de lui soumettre des problèmes simples. L'urgence des cas qui lui étaient présentés l'obligeait à centrer son attention sur des crises émotionnelles et empêchait son travail d'atteindre les profondeurs qu'exige la science expérimentale — notamment s'attacher assidûment à des tâches simples pour le plaisir d'ajouter des éléments à la liste de ses publications. Néanmoins, le clinicien était submergé par la richesse et la profusion de son matériel. En général, pressé par le temps, habitué par nécessité à jouer aux devinettes, souvent inconscient ou méprisant la passion de l'expérimentaliste pour la vérification, il tissait des théories, bizarre mélange d'intuitions profondes et de spéculations sans fondement. Toutefois, son travail s'est révélé si fructueux que c'est là qu'on peut espérer trouver une solution pour libérer l'homme de l'image déformée qu'il s'est construite de lui-même.

À cause des différences de tempérament, d'enseignement et d'objectifs, l'expérimentaliste et le clinicien se sont toujours regardés avec une méfiance réciproque. Pour l'expérimentaliste, le clinicien apparaissait, en tant qu'homme de science, comme un sauvage non domestiqué, louvoyant aveuglément à travers la théorie et la pratique. Alors que, pour le clinicien, l'expérimentaliste était un obsédé, tristement lié à sa manie de la mesure et qui, au nom de la science, accumulait de plus en plus de détails sur des sujets de moins en moins importants. Récemment, leurs vues ayant convergé sur des problèmes d'intérêt commun, ils ont commencé à se manifester un respect accru et leurs différends les plus aigus sont en train de se résoudre.

Il faut aller au fond de la question qui sépare les expérimentalistes des cliniciens, car ce n'est pas seulement une querelle de famille ; c'est aussi un reflet de la division, dans les croyances et attitudes, qui existe, dans une certaine mesure, dans la personnalité de tous les membres de notre société. Dans la mesure où les processus d'autodéveloppement que nous présentons constituent un amalgame informel mais authentique de techniques expérimentales appliquées à un matériel clinique, il est essentiel que nous exposions clairement ce que nous faisons. Nous ne pouvons, par exemple, ignorer le fait que nous commettons sans vergogne ce qui, pour les expérimentalistes, représente le plus grave des péchés : nous incluons l'expérimentateur dans l'expérimentation !

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

mardi 8 mai 2018

Nouvelles précisions sur la Gestalt-thérapie (cinquième partie) (première partie, Orientation du Moi. chapitre 1, Le point de départ)





 Paul Goodman.



Des amis m’ont demandé d’apporter des approfondissements sur la gestalt-thérapie, la psychothérapie que je préfère actuellement. J’ai déjà abordé ce sujet à plusieurs reprises dans ce blog. En voici quelques exemples :


Cet article est la suite de celui-ci.

Le livre de référence sur le sujet est Gestalt-thérapienouveauté, excitation et développement de Frederick Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline.

L’ouvrage est divisé en deux parties distinctes. La première partie porte sur l’orientation du moi et se subdivise en 4 chapitres. Le chapitre 1 définit l’aspect scientifique de la Gestalt thérapie. Le chapitre 2 présente différentes expériences visant à développer ou à accroître chez l’individu, sa capacité à entrer en contact avec son environnement. Les chapitres 3 et 4 présentent les différentes techniques de prise de conscience intégrée du soi. La deuxième partie de l’ouvrage, porte sur la manipulation du moi. On y retrouve également 4 chapitres qui traitent globalement de 4 types de mécanismes névrotiques à l’origine des troubles psychologiques vécus par les individus. Ces mécanismes sont : la rétroflexion, l’introjection et la projection.
  
Je vais, pour que vous compreniez bien la démarche de la Gestalt, aborder le thème de la première partie, l’orientation du moi.

Première partie, Orientation du Moi. Chapitre 1, Le point de départ.

La première moitié de ce livre vous invite à pénétrer dans votre propre intimité et vous propose, pour ce faire, une technique utilisée, avant vous, par un grand nombre. Que puis-je réaliser ? Voilà. La première question que vous vous posez concerne sans doute l'intérêt de cette entreprise, mais la réponse dépend avant tout de vous. En fait, une partie cruciale de la réponse est non verbale et doit le rester. Si vous voulez la connaître, il faudra vous livrer au travail demandé dans ce livre. Mais dans la mesure où nous ne pouvons pas espérer vous initier à une tâche apparemment prenante et difficile, en vous promettant simplement qu'elle en vaut la peine, nous allons nous efforcer, dans les remarques qui vont suivre, de présenter, en gros, la situation humaine telle que nous la voyons, ainsi que nos raisons de croire que nous avons quelque chose d'important à partager avec tous ceux qui cherchent vraiment à améliorer leur condition.

Ce que nous vous proposons de faire s'oppose aux flatteries et aux phrases onctueuses qu'on utilise ordinairement pour vendre un messianisme à bon marché, car, dit sans détours, voilà à quoi l'entreprise se résume : vous aider à vous découvrir et à mobiliser toute votre énergie, dans le but de satisfaire pleinement vos exigences, à la fois en tant qu'organisme biologique et être humain social.

La découverte de soi peut paraître « démodée » — encore un autre axiome futile de l'école de pensée « aide-toi toi-même » —, mais telle que nous l'entendons, la découverte de soi est un processus ardu. Loin d'être un soudain éclair de révélation, c'est plus un processus constant et cumulatif — qui ne peut cesser qu'avec la mort. Il implique l'adoption d'une attitude plutôt spéciale envers vous-même et l'observation de vos actions. Vous observer en action — en dernier ressort, vous observer, vous, en tant qu'action — exige des techniques complètement différentes de celles que vous avez déjà pu utiliser et qui vous ont peut-être déçu, en particulier l'introspection.

Si la découverte de soi vous semble, non pas inutile, mais inquiétante, nous ne contesterons pas cette réaction, même si elle s'appuie sur le bla-bla-bla psychiatrique qu'on peut trouver au cinéma. Même si vous supposez que vous avez un secret ou un moi caché, inquiétant, qu'il vaut mieux ne pas mettre au jour, c'est une attitude que vous n'avez pas toujours eue, et rien ne vous oblige à la conserver indéfiniment. Elle provient de ce que vous avez, dans des moments de stress, rejeté certaines parties de votre moi qui vous donnaient trop de souci. Dans les circonstances d'alors, ces parties étaient véritablement sinistres, et, pour continuer à vivre dans la situation existante, il fallait que vous vous en débarrassiez. Peut-être étiez-vous dans la situation d'un animal sauvage qui se serait pris la patte dans un piège. Dans ce cas, la patte devient une menace et il arrive que l'animal la coupe de lui-même pour se libérer, quitte à rester infirme pour le reste de ses jours.

Votre vie, telle qu'elle se présente actuellement, est bien différente de ce qu'elle était lorsque vous avez rejeté cette partie de vous-même, et, au contraire de la patte de l'animal, cette partie rejetée n'est pas détruite à jamais. Que le contexte originel qui a motivé le rejet existe encore ou qu'il ait disparu depuis longtemps, cela mérite au moins une investigation de votre part. Dans ce qui va suivre, nous vous proposons une méthode qui vous permettra de faire un examen et une reconstruction systématiques de votre situation présente. Le processus se présente de telle manière que chaque pas en avant fournit la base nécessaire pour le prochain. La distance que vous pourrez parcourir en un temps donné dépend à la fois de ce que vous avez rejeté de votre personne et de votre situation actuelle. Mais c'est à vous de décider de votre rythme. Personne ne vous obligera à faire un pas de plus ou à aller plus vite que vous ne le souhaitez.

Nous n'avons à vous offrir ni une « méthode miracle » ni un programme pour élever votre moralité, aucune règle garantie pour briser de mauvaises habitudes que vous êtes, en fait, déterminé à garder. Nous n'avons pas l'intention de vous faire quoi que ce soit. Nous donnons simplement quelques instructions qui vous permettront, si vous le désirez, de vous lancer dans une aventure personnelle qui peut, par vos propres efforts, vous apporter quelques bénéfices — c'est-à-dire vous permettre de vous découvrir, de vous organiser, pour mieux vivre.

Nous allons laisser de côté, pour l'instant, les paradoxes des déclarations ci-dessus. Pour le moment, disons simplement que, en parlant de « votre moi », nous voulons souligner le côté possessif de l'adjectif « votre ». Car il s'agit bien de votre moi. Notez aussi en passant que le « vous » dont nous parlons (le « vous » qui doit découvrir ce qu'il y a à découvrir) est en même temps, évidemment, une partie de « votre moi ». C'est la partie qui nous est accessible lorsque nous nous adressons à vous, qui répète mentalement ces mots en les lisant.

À aucun moment, nous n'avons dit que ce serait une tâche aisée. Les directions, telles que nous les avons posées, peuvent sembler faciles — si faciles en fait qu'il vous sera possible de proclamer à la fin qu'elles ne mènent à rien. Vous pouvez très bien n'en tirer que des résultats que vous aviez prévus et refermer le livre avec mépris. Si, d'un autre côté, vous parvenez à entrer vraiment en contact avec les situations expérimentales que vous construirez, vous trouverez, curieusement, que c'est le travail le plus exaspérant, le plus difficile que vous ayez jamais entrepris — mais aussi, si vous persévérez, le plus fascinant.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Nouvelles précisions sur la Gestalt-thérapie (quatrième partie).



Un livre de Frederick Perls

Des amis m’ont demandé d’apporter des approfondissements sur la gestalt-thérapie, la psychothérapie que je préfère actuellement. J’ai déjà abordé ce sujet à plusieurs reprises dans ce blog. En voici quelques exemples :


Cet article est la suite de celui-ci.

Le livre de référence sur le sujet est Gestalt-thérapienouveauté, excitation et développement de Frederick Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline. Je vais, pour que vous compreniez bien la démarche de la Gestalt, vous citer une partie de son introduction.

La plus grande valeur de l'approche gestaltiste réside peut-être dans la notion que le tout détermine les parties, ce qui s'oppose à l'hypothèse précédente que le tout n'est que la somme totale de ses éléments. La situation thérapeutique, par exemple, est plus qu'un évènement statistique se composant d'un médecin et d'un patient. C'est la rencontre d'un médecin et d'un patient. Si le médecin est rigide et insensible aux exigences spécifiques des fluctuations constantes de la situation thérapeutique, ce n'est pas un bon thérapeute. C'est un tyran, un homme d'affaires ou un dogmatique ; mais ce n'est certainement pas un thérapeute s'il refuse de faire partie du processus de la situation psychiatrique. De même, le comportement du patient est dicté par nombre de variables de l'entretien. Seuls les individus complètement rigides ou fous (oublieux du contexte dans lequel ils opèrent) se comporteront dans la salle de consultation comme ils le font à l'extérieur.

Ni la pleine compréhension des fonctions de l'organisme, ni la meilleure connaissance de l'environnement (société, etc.) ne rendent compte de la situation totale. Seule l'interaction de l'organisme et de l'environnement (la théorie des relations interindividuelles de Harry Stack Sullivan en donne un exposé partiel) constitue la situation psychologique, et non pas l'organisme et l'environnement pris séparément. L'organisme isolé et ses abstractions — esprit, âme et corps — et l'environnement isolé constituent les sujets de nombreuses sciences : la physiologie, la géographie, etc., mais ils ne sont pas l'objet de la psychologie.

En négligeant cette limite, on a, jusque-là, empêché la création d'une théorie adéquate de la psychologie du normal et de l'anormal. Puisqu'il ne fait aucun doute que les associations et les réflexions existent, la plupart des théories précédentes, et même, dans une grande mesure, celle de Korzybski, concluent que l'esprit se compose d'une masse d'associations, ou que le comportement et la pensée consistent en réflexes. Les associations, les réflexes et autres automatismes expliquent aussi peu l'activité créatrice de l'organisme que l'obéissance de soldats disciplinés ne rend compte de la stratégie et de l'organisation de la guerre.

La sensation et le mouvement sont tous deux des réactions actives, et non des réponses mécaniques de l'organisme quand il rencontre des situations nouvelles. Le système sensoriel de l'orientation et le système musculaire de manipulation fonctionnent corrélativement, mais en tant que réflexes, dans les strates les plus basses, totalement automatisées et n'exigeant aucune conscience. La manipulation est le terme (assez maladroit) qui définit toute activité musculaire. Par intelligence, nous entendons orientation correcte, par efficacité, manipulation adéquate. Pour retrouver celles-ci, le névrosé désensibilisé et immobilisé doit regagner une pleine conscience, c'est-à-dire la sensibilité, le contact, l'excitation et la formation de gestalten.

Pour y parvenir, il faut changer notre vision de la situation thérapeutique en reconnaissant que toute approche non dogmatique est fondée sur la méthode empirique de la nature. De cette façon, le clinique devient situation expérimentale. Au lieu d'imposer des demandes implicites ou explicites au patient — reprenez-vous, ou relaxez-vous ; ou ne vous censurez pas, ou encore vous êtes vilain, vous avez des résistances, ou vous êtes complètement mort —, il faut comprendre que ces demandes ne font qu'accroître les difficultés du patient, le rendre encore plus névrosé, encore plus désespéré. Nous suggérons des expériences graduées qui — et ceci est de la plus haute importance — ne sont pas des tâches à accomplir en tant que telles. Nous demandons explicitement : que se passe-t-il si vous essayez de faire ceci ou cela plusieurs fois ? Avec cette méthode, nous amenons à la surface les difficultés du patient. Ce n'est pas la tâche, mais ce qui empêche son accomplissement, qui se trouve au cœur de nos préoccupations. En termes freudiens, nous faisons apparaître les résistances elles-mêmes pour tenter de les réduire ensuite.

Ce livre a plusieurs fonctions. 

Pour ceux qui travaillent dans le domaine de l'éducation, de la médecine et de la psychothérapie, voici une bonne occasion d'abandonner une attitude sectaire, à savoir que leur point de vue est le seul valable. Nous espérons leur montrer qu'ils peuvent prendre en considération d'autres approches, sans que leur vie en soit menacée. 

Au profane, nous proposons une voie systématique pour son développement et son intégration personnels. Pour en tirer le maximum de bénéfices, cependant, le lecteur devra aborder les deux parties du livre en même temps, peut-être de la façon suivante : faire les expériences aussi consciencieusement que possible. Une simple lecture ne mènerait pas loin. Elle peut même vous laisser le sentiment d'être confronté à une tâche gigantesque et sans espoir ; alors que si vous faites les expériences, vous sentirez bientôt que vous commencez à changer. Pendant que vous travaillez la partie pratique, lisez la seconde partie du livre une fois sans vous préoccuper de tout comprendre. Vous trouverez peut-être souvent cette lecture excitante et stimulante, niais dans la mesure où la vision complète diffère grandement de la manière de penser habituelle, vous ne pourrez pas l'assimiler tout de suite, à moins que vous ne soyez familiarisé avec les écrits de Korzybski, de L.L. Whyte, de Kurt Goldstein et autres gestaltistes. Après cette première lecture, ce sera à vous de décider si vous avez tiré des bénéfices suffisants de cette première approche, et vous pourrez alors commencer une lecture systématique de la partie théorique. Finalement, si vous suivez une thérapie ou si vous étudiez la psychanalyse, vous découvrirez que ce travail n'interfèrera en aucun cas avec votre thérapie, mais qu'il la stimulera au contraire et qu'il vous aidera à franchir le stade de la stagnation.

  
Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Nouvelles précisions sur la Gestalt-thérapie (troisième partie).





Frederick Perls.

Des amis m’ont demandé d’apporter des approfondissements sur la gestalt-thérapie, la psychothérapie que je préfère actuellement. J’ai déjà abordé ce sujet à plusieurs reprises dans ce blog. En voici quelques exemples :


Cet article est la suite de celui-ci.

Le livre de référence sur le sujet est Gestalt-thérapienouveauté, excitation et développement de Frederick Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline. Je vais, pour que vous compreniez bien la démarche de la Gestalt, vous citer une partie de son introduction.

Le thérapeute freudien dit à son patient de se relaxer et de ne pas se censurer. Mais c'est précisément ce qu'il ne peut pas faire. Il a « oublié » comment il s'inhibe. L'inhibition est devenue routine, comportement stéréotypé, exactement comme nous oublions comment s'épellent les mots lorsque nous lisons. Là, il semble que nous ne soyons guère plus avancés que Reich. D'abord, nous étions inconscients de ce qui était réprimé ; maintenant, nous sommes largement inconscients de la manière dont nous réprimons. Le thérapeute actif semble indispensable. Il devra soit interpréter, soit secouer le patient.

Là encore, le point de vue gestaltiste vient à notre secours. Dans un livre précédent (Perls, Le moi, la faim et l’agressivité), nous avions avancé la théorie suivante. Dans la lutte que l'organisme mène pour survivre, le besoin le plus pertinent devient figure et organise le comportement d'un individu jusqu'à ce que ce besoin soit satisfait, puis il se fond dans le contexte (équilibre temporaire) et cède la place à un autre besoin important dans l'immédiat. Chez l'organisme sain, ce changement de priorité constitue la meilleure chance de survie. Dans notre société, ces besoins dominants, par exemple la morale, deviennent souvent chroniques et empêchent l'autorégulation subtile de l'organisme humain.

Nous avons à nouveau un principe unitaire avec lequel nous pouvons travailler. Selon le point de vue du névrosé (même s'il paraît stupide de l'extérieur), pour survivre, il faut qu'il se contracte, qu'il se censure, qu'il triomphe de l'analyste, etc. C'est son besoin dominant, mais comme il a oublié comment il l'organise, il est devenu routinier. Ses intentions de ne pas se censurer sont aussi efficaces que les résolutions de ne plus boire prises le jour de l'an par un alcoolique. Ce qui est routine doit redevenir besoin pleinement conscient, nouveau, excitant, pour retrouver la capacité de régler les situations inachevées.

Au lieu de tirer des ressources de l'inconscient, nous travaillons en surface. Le problème, c'est que le patient (et trop souvent le thérapeute lui-même) prend cette surface comme allant de soi. La manière dont le patient parle, respire, bouge, se censure, méprise, cherche des causes, etc., tout cela est pour lui évidence, constitution, nature. Mais, en fait, c'est l'expression de ses besoins dominants, c'est-à-dire vaincre, être le meilleur, impressionner. C'est précisément dans l'évident qu'on trouve la personnalité inachevée. Et ce n'est qu'en s'attaquant à l'évident, en détruisant le pétrifié, en faisant la différence entre le bla-bla-bla et les véritables préoccupations, entre l'obsolète et les activités créatrices, que le patient peut retrouver la vivacité de la relation figure/fond. Dans ce processus, qui est le processus de croissance et de maturation, le patient expérimente et développe son « self » (« moi »), et nous voulons montrer comment il parvient à ce self (« moi ») par les moyens dont il dispose : sa capacité de prendre conscience dans des situations expérimentales.



Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

lundi 7 mai 2018

Nouvelles précisions sur la Gestalt-thérapie (deuxième partie).



Frederick Perls

Des amis m’ont demandé d’apporter des approfondissements sur la gestalt-thérapie, la psychothérapie que je préfère actuellement. J’ai déjà abordé ce sujet à plusieurs reprises dans ce blog. En voici quelques exemples :


Cet article est la suite de celui-ci.

Le livre de référence sur le sujet est Gestalt-thérapienouveauté, excitation et développement de Frederick Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline. Je vais, pour que vous compreniez bien la démarche de la Gestalt, vous citer une partie de son introduction.

La prise de conscience est caractérisée par le contact, la sensibilité, l'excitation et la formation d'une gestalt. Son bon fonctionnement appartient à la psychologie normale ; toute perturbation se place sous le signe de la psychopathologie.

Le contact en soi est possible sans prise de conscience, mais il est indispensable pour prendre conscience. Se pose alors la question cruciale : avec quoi est-on en contact ? L'individu qui regarde une peinture moderne peut croire qu'il est en contact avec le tableau, alors qu'en fait il est en contact avec le critique d'art de son journal favori.

La sensibilité détermine la nature de la prise de conscience, qu'elle soit lointaine (acoustique), proche (tactile), ou corporelle (proprioceptive). Nous incluons dans ce dernier terme la sensibilité des rêves et des pensées.

L'excitation semble, du point de vue linguistique, un bon terme. il recouvre l'excitation physiologique aussi bien que les émotions indifférenciées. Il inclut la notion freudienne de catharsis, l'élan vital de Bergson, et il nous donne une base pour une théorie simple de l'anxiété.

La formation d'une gestalt accompagne toujours la prise de conscience. Nous ne voyons pas trois points isolés, nous les relions en un triangle. La formation d'une gestalt complète et exhaustive est la condition de la santé mentale et de la croissance. Seule une gestalt achevée peut être organisée comme une unité fonctionnant automatiquement (réflexe) dans l'organisme tout entier. Une gestalt incomplète représente une « situation inachevée », qui catalyse toute l'attention et empêche la formation d'une gestalt nouvelle, vitale. À la place de la croissance et du développement, nous trouvons alors la stagnation et la régression.

Configuration, structure, thème, relation structurelle (Korzybski) ou totalité signifiante et organisée, sont les termes qui s'approchent le plus du mot allemand Gestalt, pour lequel n'existe pas d'équivalent en anglais ou en français. Voici un exemple linguistique : « mon » et « nom » contiennent les mêmes éléments, mais le sens dépend de l'ordre des lettres à l'intérieur de leur Gestalt. Bridge peut signifier un jeu de cartes ou un appareil de prothèse dentaire. Cette fois, le sens dépend du contexte dans lequel le mot « bridge » est utilisé. La couleur lilas apparaît bleuâtre sur un fond rouge, rouge sur un fond bleu. Le contexte dans lequel un élément apparaît est appelé, en Gestalt psychologie, le « fond » sur lequel se détache la « figure ».

Dans la névrose, et plus encore dans la psychose, l'élasticité de la formation figure/fond est perturbée. On se trouve souvent en présence d'une rigidité (fixation) ou d'un manque de formation de la figure (répression). Fixation et répression interfèrent dans l'achèvement normal d'une gestalt correcte.

Chez l'individu sain, la relation entre la figure et le fond est un processus de flux et de reflux permanent et signifiant. L'interaction de la figure et du contexte est à la base de la théorie présentée dans ce livre : l'attention, la concentration, l'intérêt, la considération, l'excitation et la grâce sont représentatifs d'une formation saine figure/fond, alors que la confusion, l'anxiété, les amnésies, la stagnation et la gaucherie indiquent des troubles dans la formation figure/fond.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Nouvelles précisions sur la Gestalt-thérapie (première partie).



Frederick Perls


Des amis m’ont demandé d’apporter des approfondissements sur la gestalt-thérapie, la psychothérapie que je préfère actuellement. J’ai déjà abordé ce sujet à plusieurs reprises dans ce blog. En voici quelques exemples :


Cet article peut être considéré comme la suite de celui-ci.

Le livre de référence sur le sujet est Gestalt-thérapie, nouveauté, excitation et développement de Frederick Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline. Je vais, pour que vous compreniez bien la démarche de la Gestalt, vous citer une partie de son introduction.

Ce livre a pris naissance sous la forme d'un manuscrit écrit par Frederick Perls. Paul Goodman en a développé le contenu et Ralph Hefferline l'application pratique. Tel qu'il se présente actuellement, il est le résultat des efforts conjoints des trois auteurs. Le travail commencé par l'un a été terminé à trois — avec une participation égale.

Nous avions un but commun : mettre au point une théorie et une méthode qui élargiraient les limites et l'application de la psychothérapie. Nos points de vue étaient différents, mais plutôt que de nous taire poliment, nous avons discuté de nos divergences et sommes souvent arrivés à des solutions qui nous ont surpris. Nous avons repris nombre d'idées présentes dans le manuscrit original, mais nous en avons ajouté autant d'autres, fruits des efforts communs des trois auteurs. Elles ont pris un sens nouveau dans le contexte du livre sous sa forme actuelle.

Les découvertes de la Gestalt psychologie se sont révélées fructueuses dans l'approche de l'art et de l'éducation. Et dans le domaine académique, les travaux de Wertheimer, Köhler, Lewin, etc., ne sont plus contestés. Cependant, l'intérêt soulevé par le béhaviorisme, orienté vers les données observables de l'organisme, a eu pour conséquence d'exagérer l'aspect perceptuel du gestaltisme dans les cercles académiques. Le magnifique travail de Goldstein en neuropsychiatrie n'a pas encore trouvé la place qu'il mérite dans la science moderne. L'application du gestaltisme en psychothérapie, seule théorie qui traite, d'une manière satisfaisante et logique, de la psychologie du normal et de l'anormal, n'a pas encore été entreprise. Ce livre tente d'en poser les fondements.

Il est indispensable — pour écrire ce livre comme pour le comprendre pleinement — d'adopter une attitude qui permette d'appréhender le contenu et la méthode en tant que théorie. Le lecteur se trouve donc, apparemment, devant une tâche impossible : pour comprendre le livre il lui faut avoir une mentalité « gestaltiste » et pour l'acquérir, il lui faut comprendre le livre.

Heureusement, la difficulté est loin d'être insurmontable, car les auteurs n'ont pas inventé cette mentalité. Au contraire, nous croyons que le point de vue gestaltiste est l'approche originale, authentique et naturelle de la vie, c'est-à-dire de la pensée, des actions, de la sensibilité de l'homme. L'individu moyen, élevé dans un milieu fragmenté, a perdu sa Totalité, son Intégrité. Pour les retrouver, il lui faut concilier la dualité de sa personne, de sa pensée et de son langage. Il est habitué à penser en termes de contradiction — infantile et adulte, corps et esprit, organisme et environnement, moi et réalité — comme si c'étaient des entités opposées. La vision unitaire capable d'abolir cette approche a beau être obscurcie, elle n'est toutefois pas détruite et, comme nous voulons le démontrer, nous sommes en mesure de la redécouvrir pour notre plus grand avantage.

L'un des thèmes de ce livre est l'assimilation. L'organisme se développe en assimilant de l'environnement ce qui lui est utile pour sa croissance. Bien qu'on admette ce principe en ce qui concerne le processus physiologique, on a largement ignoré les étapes de l'assimilation mentale. (À l'exception du concept freudien d'introjection qui en rend compte au moins partiellement.) Ce n'est que par l'assimilation que les éléments hétérogènes peuvent être unifiés en un nouveau Tout. C'est ainsi que nous pensons que, ayant assimilé tout ce que les sciences psychologiques de notre époque ont à offrir de valable, nous sommes à présent à même de jeter les bases d'une psychothérapie solide et pratique.

Pourquoi, dans ce cas, comme le titre le suggère, donnons-nous la préférence au terme « gestalt », alors que nous prenons également en considération la psychanalyse freudienne et para-freudienne, la théorie reichienne de la cuirasse, la sémantique et la philosophie ? À cela, nous répondrons que notre éclectisme n'est pas gratuit. Nous n'avons pas assimilé les disciplines mentionnées ci-dessus pour en faire une synthèse artificielle. Nous les avons examinées avec un esprit critique et les avons organisées en une nouvelle théorie totale et complète. Dans ce processus, nous avons trouvé qu'il fallait déplacer l'objet de la psychiatrie : au lieu de vouer un culte à l'inconnu, une adoration inconditionnelle à I'« inconscient », il était préférable de s'attacher aux problèmes et aux phénomènes de la prise de conscience. Quels sont les facteurs qui opèrent dans la prise de conscience et comment les facultés qui fonctionnent avec efficacité dans l'état de conscience perdent soudain cette propriété ?


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

dimanche 6 mai 2018

Compte rendu du livre « S’affirmer et oser dire non » de Christel Petitcollin (chapitre 7, « Le non diplomatique « ) (troisième partie).




 Christel Petitcollin


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de «  S’affirmer et oser dire non »  de Christel Petitcollin. L’auteur y décrit comment arriver à dire non aux autres lorsque l’on est timide et à affirmer sa personnalité.

Cet article est la suite de celui-ci.

Le septième chapitre s’intitule « Le non diplomatique ».
En voici le résumé.

En refus diplomatique, trois possibilités s'offrent à vous : le refus total, le refus partiel et la proposition de changement. J’ai déjà traité du refus total, je vais parler aujourd’hui du refus partiel et de la proposition de changement.

Le refus partiel

Cette forme de refus convient quand vous ne pouvez (ou ne voulez) pas satisfaire la totalité de la demande de l'autre, mais qu'une partie de cette demande vous reste acceptable.

Dans ce cas, le refus partiel consiste à exprimer avec précision les éléments de la demande que vous pouvez (ou voulez bien) satisfaire et ceux sur lesquels il y a une restriction.

Exemple : Votre fils vous demande de l'emmener au collège pour 8 h 30.
« J'ai un rendez-vous à 8 h 30. Je peux te déposer au collège à 8 h 10, si cela te convient. »
Ou bien :
« Je n'ai pas envie de t'accompagner faire les courses. Tu connais mon horreur des grands magasins, mais je serai présent à ton retour pour décharger la voiture et ranger les courses dans la maison. »

La proposition de changement

Cette façon de procéder concerne les situations que vous souhaitez voir cesser parce qu'elles ne vous conviennent plus ou qu'elles ne vous ont jamais convenu. Maintenant, vous avez enfin les moyens d'y mettre fin.

La proposition de changement sert à expliquer le problème sans accuser et sans atteindre l'autre dans son identité et à offrir des solutions. C'est à la fois une demande d'une nouvelle façon de faire et un refus de ce qui avait lieu jusqu'alors. Présentez la nouvelle solution en mettant en valeur ses avantages pour l'autre, pour vous et pour la qualité de votre relation.

Christel Petitcollin dit souvent à ses clients : « N'amenez jamais de problème dans le bureau de votre chef sans avoir quelques solutions à proposer pour le résoudre. » Critiquer n'est constructif que lorsqu'on a l'esprit orienté vers les solutions.

Voici la trame de la proposition de changement :

Je comprends que...    Montrez de la compréhension pour les motivations, de l'empathie.
Mais lorsque tu...        Décrire le comportement (s'en tenir aux faits).
Conséquences matérielles      Coût, perte de temps, stress, fatigue, sentiments.
C'est pourquoi je te propose (je veux)           Solutions.
Comme ça, tu pourras (nous pourrons ou je pourrai) Avantages.

Voici un exemple tiré d’un des séminaires de Christel Petitcollin :

« Patron,
Je sais que vous êtes surchargé de travail et qu'il n'est pas toujours possible pour vous d'anticiper sur les tâches que vous voulez me confier. Mais lorsque vous me demandez d'effectuer un travail urgent à 16 h 30 alors que je suis censé quitter mon poste à 17 h 00, cela me fait partir très en retard. Cela alourdit mes journées de travail et coûte à l'entreprise des heures supplémentaires qui pourraient être évitées. C'est pourquoi je vous propose de vous téléphoner tous les jours vers 15 h 00 pour vérifier avec vous s'il y a des tâches urgentes en attente. Comme cela vous serez certain qu'elles seront effectuées avant 17 h 00 et vous n'aurez plus d'heures supplémentaires à rémunérer. »

À vous : Quelle situation est en train de vous gâcher la vie ? Quelles solutions allez-vous mettre en œuvre ? Comment allez-vous les formuler ?

Prenez le temps d’écrire la formulation qui vous satisfait le mieux. « Mon cher… il faut que je te parle d’un problème qui nous concerne tous les deux… Je comprends que … mais lorsque… »

Vous voilà maintenant dépositaire de trois formules de refus.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.