mercredi 20 juin 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (quinzième partie).



Le cycle d'une Gestalt.



Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci.

Voici le résumé de ce livre.

Je veux mettre bien en évidence une interprétation erronée de Freud, et la comparer avec la Gestalt traditionnelle et avec ma propre conception de la Gestalt, et démolir quelques similitudes superficielles. Dans ce contexte, je veux montrer l'inutilité de la thérapeutique freudienne et de toutes celles fondées sur une théorie de l'instinct.

Freud a observé que certains de ses patients avaient besoin d'avoir un comportement stéréotypé et répétitif. Par exemple, certains se sabotaient eux-mêmes lorsqu'arrivait la réussite. C'est ce qu'il appela une « répétition compulsive ». A coup sûr, c'est une observation valable et exprimée en termes adéquats. Dans de nombreuses névroses, on trouve facilement des cauchemars répétitifs et des Gestalts stéréotypées. On peut se demander s'il faudrait inclure dans cette catégorie le besoin d'aller cinq fois par semaine chez le même analyste, à la même heure, au même endroit, sur le même divan, qu'il pleuve ou qu'il vente, qu'on soit gai ou triste, calme ou énervé.

Freud, pour finir, a émis cette théorie que la vie est un conflit entre Eros et Thanatos. Comme chacun de nous participe à la vie, il participe, selon cette théorie, à Thanatos, l'instinct de mort. Ce qui signifie que chacun de nous souffre de répétition compulsive. Ce qui semble une hypothèse poussée un peu trop à l'extrême.

Comment passe-t-on de la répétition compulsive à l'instinct de mort ? (Comment les épinards poussent-ils sur le toit ? Les vaches ne peuvent pas voler !) Un simple tour de passe-passe, messieurs dames ! Vous voyez, voici la répétition — maintenant c'est une habitude. Une habitude vous enlève la liberté de choisir. Elle pétrifie votre vie. La pétrification c'est la mort. Voilà ! Simple, n'est-ce pas ? Et maintenant, regardez : cette mort, ce peut être la vie aussi. Si vous retournez la pétrification sur les autres, c'est l'agression, qui, elle, est bien vivante. Je suis un vrai fils de pute, mais il faut que quelqu'un voie la nudité de l'empereur.

Par où le raisonnement pèche-t-il ? Par l'hypothèse que toutes les habitudes sont des pétrifications. Les habitudes sont des Gestalts intégrées, et, en fait, en tant que telles, en principe, des stratagèmes économiques de la nature. Comme Lore me l'a fait remarquer un jour, les « bonnes » habitudes sont celles qui favorisent la vie.

Quand vous apprenez à taper à la machine, il faut, au départ, situer chaque touche, puis apprendre à diriger le doigt vers cette touche que vous enfoncerez avec une certaine force. Votre façon de situer les touches, ainsi que leur manipulation, évoluera de la nouveauté à la maîtrise, du courant infini de découvertes et de redécouvertes à la certitude — c'est-à-dire à la connaissance. Il faut de moins en moins de temps et de concentration pour que cette aptitude devienne automatique, fasse partie du moi, quitte le premier plan et laisse la place à la « pensée » qui n'est plus dérangée par la recherche des touches sur le clavier. En d'autres termes, les « bonnes » habitudes font partie d'un processus de maturation, l'actualisation d'une capacité potentielle.

Il est vrai qu'une fois l'habitude prise — une fois la Gestalt établie — elle est là, et fait partie de l'organisme. Pour changer une habitude, il faut l'extraire à nouveau de l'arrière-plan et investir de l'énergie (comme dans le cas de H20) afin de désintégrer ou de réorganiser l'habitude.

La bourde de Freud, c'est de n'avoir pas fait la différence entre la répétition compulsive pathologique et la création d'habitudes intégrées à l'organisme.

La répétition compulsive ne peut quitter l'avant-scène pour être assimilée. Au contraire, elle demeure une source constante d'attention et de stress précisément parce que la Gestalt ne peut se conclure, précisément parce que la situation demeure inachevée, précisément parce que la blessure ne veut pas cicatriser.

La répétition compulsive n'est pas orientée vers la mort, mais dirigée vers la vie, c'est une tentative répétée pour maîtriser une situation difficile. Les répétitions sont des investissements en vue de l'achèvement d'une Gestalt, afin de libérer son énergie pour grandir et se développer. Les situations inachevées ralentissent les rouages, elles bloquent la voie vers la maturation.

Un des exemples les plus simples de situation inachevée est la maladie. Une maladie se termine par la guérison, par la mort ou par une modification de l'organisme.

Le fait que la maladie, forme faussée de la vie, disparaît avec la guérison ou la mort est une évidence. Et aussi qu'une maladie, surtout si elle est douloureuse, peut revêtir l'importance d'une forme chronique, refusant d'être reléguée à l'arrière-plan, encore moins d'être assimilée et de disparaître en permanence du premier plan. Le changement se traduit souvent par une modification de l'organisme.

Une personne presque aveugle consacrera beaucoup d'efforts à essayer de conserver ou d'améliorer ce qu'il lui reste de vision. C'est une situation constamment inachevée. Cette personne est occupée et préoccupée. Vienne la cécité complète, la situation évolue le plus souvent de façon dramatique. La personne est guérie de l'illusion de l'espoir. Aux yeux de ses amis, c'est une infirme, mais elle devient elle-même un organisme différent, vivant dans un Umwelt (environnement) différent, dépendant d'une orientation différente. C'est un organisme sans yeux, comme nous sommes des organismes avec deux jambes, et non dix. Ses chances de satisfaction sont nettement plus grandes. A ce sujet, voir Helen Keller, qui souffrait de plusieurs infirmités.

 Si nous n'exerçons pas de contrôle, si l'organisme n'est pas dirigé par des ordres, comment sommes-nous capables de fonctionner ? Comment peut se réaliser la coopération de ces milliards de cellules ? Comment sont-elles capables de pourvoir à leur subsistance et aux autres exigences de la vie ? Si nous rejetons même la dichotomie esprit/corps, quel pouvoir miraculeux nous anime ?

Avons-nous en nous un dictateur qui prend les décisions ? Un conseil qui décide à l'unanimité, un gouvernement doté du pouvoir exécutif ? Y a-t-il un inconscient, ou des émotions, ou un cerveau électronique faisant le boulot ? Y a-t-il un Dieu, une âme imprégnant le corps et prenant à son compte toutes ses exigences et ses buts avec une sagesse infinie ?

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


mardi 19 juin 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (quatorzième partie).



Alice au pays des merveilles.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.


Cet article est la suite de celui-ci.

Voici le résumé de ce livre.

Aux gens qui comptaient à Francfort, j'ai ajouté le professeur Gelb. J'ai oublié son prénom. Bien sûr, je pourrais décrocher le téléphone et le demander à Lore qui préparait avec lui une thèse de doctorat sur la constante de Farben. Non, ce n'est pas vrai. Je ne puis la joindre à présent, car elle est à Tampa pour diriger un séminaire, probablement auprès de l'Académie américaine des psychothérapeutes.

Gelb était un personnage de peu de relief, mais bon professeur. Il est connu pour ses travaux, avec Goldstein, sur les traumatismes crâniens, surtout le cas de Schneider. Ils ont découvert qu'un traumatisme crânien ne signifiait pas seulement la perte de certaines facultés, mais que c'est toute la personnalité qui subit un changement. Une régression, une « dé-différenciation » s'installe. Le plus significatif, c'est que le patient perd la capacité de penser et de comprendre en termes abstraits et de langage. Il acquiert l'innocence du petit enfant. Par exemple, il ne peut mentir. Si vous lui demandiez de répéter la phrase « la neige est noire », il ne le ferait pas et rien au monde ne pourrait le lui faire dire. Avec entêtement, il s'obstinerait à répondre : « La neige est blanche. »

Mes rapports avec les psychologues gestaltistes étaient curieux. J'ai admiré beaucoup de choses dans leurs travaux, en particulier les premiers travaux de Kurt Lewin. Mais je n'ai pu les suivre quand ils sont devenus des logiciens positivistes. Je n'ai lu aucun de leurs livres, exception faite de quelques articles de Lewin, Wertheimer et Köhler. Le plus important pour moi fut la notion de situation inachevée, de Gestalt incomplète. Bien entendu les gestaltistes universitaires ne m'acceptèrent jamais. Il est certain que je n'étais pas un pur gestaltiste.

Mon impression dominante, c'est que c'étaient tous des alchimistes qui cherchaient l'or de la vérification complète, tandis que moi, je me contentais d'utiliser les matériaux moins spectaculaires, mais plus utiles, que je trouvais sur le bord de la route.

Une Gestalt est un phénomène irréductible. C'est une essence qui est là et qui disparaît si l'ensemble se disloque en ses composantes.

Quelque chose de très intéressant vient de se produire. J'étais en train de réfléchir au moyen d'expliquer les principes de cette Gestalt par l'exemple de la molécule d'eau — H2O et ses constituants H et O — quand je me suis rendu compte que la formulation, telle qu'elle est exprimée par les gestaltistes, ne peut en aucun cas être correcte. Ils disent que le tout est plus que l'ensemble des parties. En d'autres termes, quelque chose s'ajoute au monde uniquement par la configuration. Mais cela détruirait notre image de l'équilibre des énergies de l'univers. Quelque chose serait créé à partir de rien, une idée qui transcenderait même le pouvoir créateur de Dieu. Car il est écrit que Dieu créa le monde à partir du chaos — du tohu-bohu. Faut-il alors laisser les gestaltistes attribuer à la formation de la Gestalt plus de pouvoir que nos pieux ancêtres n'en ont attribué à Dieu ?

Avant d'admettre un tel raisonnement, examinons la chose de plus près, et, même s'il ne s'agit vraiment que d'une petite idée à moi, essayons de trouver une autre explication. Je ne suis ni chimiste ni physicien, de sorte que je puis me tromper à cent pour cent. 2H + O = H2O, en tant que formule, c'est correct ; en tant que réalité, c'est faux. Si vous essayez de mélanger les deux gaz, oxygène et hydrogène, rien ne se produit. Si vous ajoutez l'élément température, ils explosent, perdent leur qualité d'atomes et forment la Gestalt moléculaire H2O, ou eau. Dans ce cas, la Gestalt est, dynamiquement parlant, inférieure à celle de ses constituants, puisqu'il manque la chaleur qui s'est produite. De même, pour séparer les atomes, pour décomposer la Gestalt, il faut ajouter l'électricité, afin de donner aux atomes une existence à part. D'où nous pouvons tirer plusieurs conclusions. Sans le support électronique, une fois qu'ils ont perdu leur énergie de chaleur intrinsèque, les atomes perdent leur indépendance et doivent créer une alliance. Cette intégration, cette alliance, pourrait bien être un signe non pas de force, mais de faiblesse.

Les gestaltistes pourraient ne pas être d'accord là-dessus.
« Regardez ce moteur, le tout est plus que les parties qui le composent. Même si vous avez des pièces de rechange — bougies, pistons, etc. — elles ne sont rien comparées au moteur. » Je ne suis pas d'accord. J'accepte le moteur qui fonctionne comme une Gestalt et j'accepte les pièces détachées comme une autre Gestalt.
C'est peut-être une marchandise, de la camelote, ou un moteur en puissance, selon le contexte, la toile de fond contre laquelle ils apparaissent. Certainement pas une forte Gestalt, sauf peut-être si les pièces étaient empilées au milieu d'une salle de séjour.

II existe une contribution très intéressante à notre compréhension, créée par les gestalistes : la différenciation de la Gestalt en image et en arrière-plan. Cette contribution renvoie à la sémantique, ou à la signification de la signification.

En général, lorsque nous pensons à la signification, nous avons deux opinions opposées — l'objective et la subjective. L'objective dit qu'un mot ou une chose a une ou plusieurs significations qui peuvent être fixées au moyen de la définition, ou sinon ce serait la mort des dictionnaires.

L'autre, la subjective, c'est celle d'Alice au pays des merveilles, celle qui dit : « Un mot veut dire seulement ce que je veux qu'il dise. » Aucune de ces deux positions n'est tenable. Une signification, ça n'existe pas. C'est un processus créateur, qui participe de l'ici et du maintenant. Cet acte créateur peut être habituel et si rapide qu'on ne peut en saisir les origines, au il peut exiger des heures de discussion. Dans chaque cas, une signification est créée en reliant l'image, l'avant-plan, à l'arrière-plan, sur lequel apparaît l'image. Cet arrière-plan est souvent appelé contexte, rapport ou situation. Séparer un énoncé de son contexte engendre facilement l'erreur. Dans Le moi, la faim et l'agressivité, j'ai longuement parlé de cette question. Il n'y a pas de communication possible sans la claire compréhension de cette relation de l'image avec l'arrière-plan. C'est comme si l'on vous demandait d'écouter la radio quand le signal (des paroles, par exemple) est noyé par le bruit de fond.
Il est possible que la propriété la plus intéressante et la plus importante de la Gestalt soit sa dynamique — le besoin qu'a une forte Gestalt de trouver sa conclusion. Et cette dynamique, on en fait l’expérience maintes fois chaque jour. La meilleure appellation de la Gestalt incomplète, c’est la situation inachevée.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


lundi 18 juin 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (treizième partie).



Un admirateur de Fritz Perls.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci

Voici le résumé de ce livre.

Aux États-Unis, nous assistons à la désintégration des religions organisées. L'Église en tant que centre de la communauté, le prêtre en tant que guide spirituel et Seelsorger (médecin des âmes), perdent toute signification. Une tentative désespérée de sauvetage de Dieu est en cours. De nombreuses confessions, aplanissant des différends qui jusque-là alimentaient le feu d'une haine intense, font appel à la compréhension entre les cultes. « Prêtres du monde entier, unissez-vous ! » « Unissez-vous pour faire mentir le verdict de Nietzsche : Dieu est mort. » Bien des prêtres commencent à se fier plus à la psychothérapie qu'à la prière.

Enfant, j'ai assisté à une désintégration analogue de la religion juive. La famille de ma mère observait les coutumes orthodoxes. C'était une famille où il se passait d'étranges fêtes, souvent belles et chaleureuses. Mes parents, et particulièrement mon père, étaient des juifs « assimilés ». C'est-à-dire qu'il faisait un compromis entre le fait d'avoir honte de ses origines et de vouloir maintenir certaines des traditions juives — se rendant à la synagogue à l'occasion des grandes fêtes, pour le cas où il y aurait un dieu quelque part. Je ne pouvais accepter cette hypocrisie et, dès mon jeune âge, je me déclarai athée. Ni la science, ni la nature, ni la philosophie, ni le marxisme ne pouvaient remplir le vide de ma maison spirituelle. Aujourd'hui je sais que j'attendais cela de la psychanalyse.

Après 1936 j'avais essayé de me réorienter. Mes doutes au sujet du système freudien, inexprimés et endigués, grandirent et me submergèrent. Je devins un sceptique, presque un nihiliste — niant tout. Le bouddhisme — le Zen — une religion sans Dieu ? J'acceptais alors, il est vrai, une bonne part du Zen, froidement, intellectuellement.

Puis vint l'illumination : plus besoin de soutien, ni spirituel, ni moral, ni financier, d'aucune sorte. Toutes les religions étaient de grossières constructions humaines, toutes les philosophies des jeux d'adaptation intellectuelle inventés par l'homme. Il me fallait donc prendre moi-même toute la responsabilité de mon existence.

Je m'étais piégé moi-même. A Francfort, absorbé par la psychanalyse, j'étais resté à l'écart des existentialistes qui s'y trouvaient, comme Buber, Tillich, Scheler. Tout ce que j'en avais retenu c'était que la philosophie existentielle exige que l'on prenne la responsabilité de sa propre existence. Mais laquelle des écoles existentialistes détient la vérité avec un grand V ?
Sceptique, j'ai cherché plus avant et voici ma position actuelle. Malgré toutes les tendances anticonceptuelles et prophénoménologiques, il n'y a pas de philosophie existentialiste qui tienne debout.

Je ne parle même pas de l'existentialiste américain moyen qui prêche et baratine à propos de l'existence, mais erre sur la terre aussi mort qu'un ordinateur. Non, je parle des existentialistes de base. Y en a-t-il un seul qui n'ait besoin d'aide extérieure, généralement d'un support conceptuel ? Que sont Tillich sans son protestantisme, Buber sans son hassidisme, Gabriel Marcel sans son catholicisme ? Pouvez-vous imaginer Sartre sans le soutien de ses idées communistes, Heidegger sans celui du langage, ou Binswanger sans la psychanalyse ?

Ne peut-on alors envisager une orientation ontique où le Dasein — le fait et les moyens de notre existence — puisse se manifester et être compris sans qu'il soit besoin d'explications ; une façon de voir le monde autrement que par le biais de quelque concept, mais où nous comprenions ce qu'il y a de parti pris dans la formation des concepts ; une perspective où nous ne nous contentions pas de prendre une abstraction pour l'image entière — où, par exemple, l'aspect physique serait pris pour la totalité de ce qui est ?

Cela existe, en effet ! Mais, si étonnant que ce soit, dans une branche qui n'a jamais revendiqué le statut de philosophie, d'une science cachée au fin fond de nos universités, une approche appelée psychologie de la forme, de la Gestalt.

Gestalt ! Comment faire comprendre que cette Gestalt est autre chose qu'un concept de plus créé par l'homme ? Comment dire que cette Gestalt est — et pas seulement pour la psychologie — quelque chose d'inhérent à la nature ?

Si, au temps des dieux ou des différentes sortes d'énergie, quelqu'un avait dit que la plus petite particule indivisible — nommée atome — est investie de toutes les énergies, il aurait été la risée du monde entier. Aujourd'hui, il est acquis que l'énergie atomique est l'énergie des énergies. La bombe atomique, c'est bel et bien une réalité.

Je comprends parfaitement que vous puissiez ne pas me suivre dans la théorie que tout est conscience, mais je ne puis accepter votre réserve à l'égard de l'idée de Gestalt, et je vais patiemment vous exposer quelques aspects de sa signification.

Mais d'abord, pour nous situer : 1926, Francfort, Kurt Goldstein, Clara Happel, Lore et le professeur Gelb, alors maitre de conférences en psychologie de la forme, élève de Wertheimer et de Köhler.

Je suis en train de jouer avec le nombre « 6 » :

1896 — Mes parents déménagent. Ils quittent un quartier juif pour un quartier plus élégant du centre de Berlin. Je n'ai pas de souvenirs antérieurs à cette époque.
1906 — Bar Mitzvah, crise de la puberté. Je suis un garnement et donne bien du souci à mes parents.
1916 — Je suis versé dans l'armée allemande.
1926 — Francfort.
1936 — Congrès de psychanalyse.
1946 — Immigration aux Etats-Unis.
1956 — Miami, Floride. Liaison avec Marty, la femme la plus importante de ma vie.
1966 — La Gestalt-thérapie est sur les rails. J'ai enfin trouvé une communauté, un lieu d'existence : Esalen.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


dimanche 17 juin 2018

Compte rendu du livre « 50 exercices de Gestalt » de Catherine Clouzart (première partie).



 Catherine Clouzart.

Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « 50 exercices de Gestalt » de Catherine Clouzard.


Cet article est la suite de celui-ci. 

Voici le résumé de l’ouvrage.

J'apprivoise ma colère.

Il peut arriver que l'on soit en colère au point de ne pas savoir la gérer. On peut se mettre « hors de soi », tout comme on peut enfouir cette colère au plus profond jusqu'à ce qu'elle se retourne contre soi. Il est préférable d'apprivoiser sa colère et de la canaliser.

Il est nécessaire pour apprivoiser sa colère de suivre ces instructions :

1) Je me centre sur ma colère, qu'elle soit en train de monter ou déjà bien installée.

2) Je prends le temps de préciser les sensations et les images qu'elle provoque :

          Quel est mon agacement ? Léger, petit, moyen, grand ?
          Est-ce une petite, une moyenne, une grosse ou une énorme colère ?
          Est-ce que je ressens de la rage, de la violence ?
          De quelle « couleur » est ma colère ?
          Où se situe-t-elle dans mon corps ?

Par exemple : je suis dans une colère noire ! Je bouillonne en repensant au moment où mon patron m'a dit qu'il me licenciait. Si je ne me contrôlais pas, je casserais quelque chose ! J'ai une boule au ventre.

3) Je remets ma colère dans son contexte.

·           Comment est apparue cette colère ? Par exemple : quand mon patron, le même qui m'a fait déménager pour ce poste il y a deux mois, m'a dit qu'on allait devoir supprimer mon emploi.
·           Depuis quand ai-je conscience d'être en colère ? Par exemple : je n'ai pas très bien compris ce qui se passait sur l'instant. Elle est montée petit à petit.
·           Comment évolue-t-elle dans la durée ? Par exemple : ça ne fait qu'empirer.
·           Est-ce une colère qui s'est déplacée ? Par exemple : oui, je suis particulièrement sensible à toutes les critiques, mêmes les plus anodines en ce moment.
·           Est-ce une colère qui me semble légitime ? Par exemple : oui, car c'est une façon de procéder très grossière !

4) Je fais le point sur ce que me dit ma colère et j'identifie la manière dont je peux l'exprimer de manière constructive.

·           Que me dit cette colère au sujet d'un territoire, qu'il soit personnel, physique, matériel, psychique ou symbolique, qui serait envahi ? Par exemple : j'ai le sentiment de m'être fait avoir et de me faire « jeter » de mon travail !
·           Qu'est-ce qui m'empêche d'exprimer ma colère ou qu'est-ce qui fait que je l'exprime de façon inadaptée ? Par exemple : ça reste mon supérieur hiérarchique et de plus je suis surpris !
·           Comment exprimer, ou transformer, cette colère-là de façon acceptable ? Par exemple : demander un entretien et le préparer.
·           Qu'est-ce que je peux mettre en place concrètement afin de faire respecter les limites de mon « territoire », dans cette situation-là ? Par exemple : faire valoir mes droits fermement et calmement, demander un dédommagement.

Commentaire.

Cet exercice vous permet d'accueillir et de préciser ce sur quoi porte votre colère. Vous prenez conscience de ce qui vous dérange, vous l'exprimez et vous agissez afin d'y remédier. La colère comprise appelle une agressivité saine et légitime de défense ajustée qui a toutes les chances d'être entendue. Une colère qui n'est pas entendue ou mal canalisée peut se dégrader en violence : violence contre l'autre ou contre soi-même.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Pause dans le blog avec Osho (vingtième partie) (Si vous voulez voir la vérité, n'ayez aucune opinion pour ou contre).




Osho.



Osho au départ ne s’appelait pas Osho. Il est né sous le nom de Rajneesh Chandra Mohan Jain. Puis il s’est fait connaître dans les années 70 et 80 en se présentant comme Bhagwan Shree Rajneesh. Il publie en 1974 The book of secrets (Le livre des secrets), un livre au titre mystérieux mais au contenu passionnant. Osho est pour moi un des écrivains qui a le mieux parlé de la spiritualité et de la méditation. Il a fait scandale avec la révélation de sa grande fortune personnelle (il possédait plusieurs voitures de luxe). Il y a plusieurs ouvrages de lui que j’ai beaucoup aimés (par exemple Être en pleine conscience, une présence à la vie et Autobiographie d’un mystique spirituellement incorrect).

Cet écrit est une traduction d’un texte du blog de Osho.

Il est la suite de cet article.

La vérité n'est pas entre les mains des prêtres, des pasteurs ou des enseignants. Elle se trouve juste à l'intérieur de vous. Attendant que vous la réveilliez et profitiez de sa plénitude. Vivez sans opinion. Vivez nu, sans vêtements, sans opinions sur la vérité, parce que la vérité déteste toutes les opinions. Abandonnez toutes vos philosophies, théories, doctrines, écritures ! Abandonnez toute cette merde! Vivez en silence, sans choisir, avec vos yeux simplement désireux de voir ce qui est là, ne vous attendez pas à voir vos souhaits remplis. Ne vous chargez pas avec des vœux.

On dit que la route vers l'enfer est pleine de désirs, de bonne volonté, d'espoirs, de rêves, d'arcs-en-ciel, d'idéaux. La route vers le paradis est absolument vide. Débarrassez-vous de tous les fardeaux ! Si  vous voulez beaucoup obtenir, vous devrez vous faire plus léger. Si vous voulez gravir l'Himalaya, vous devrez quitter toutes vos charges. Finalement, quand vous arriverez à Gurisankar, sur l’Everest, vous devrez tout quitter. Vous devrez cheminer complètement nu, parce que plus vous serez élevé, plus vous devrez être léger. Et toutes les opinions sont lourdes. Elles n’ont pas d'ailes. Il ne faut pas d'avis, pas de préférence... Si vous voulez contempler la vérité, ne gardez aucune opinion pour ou contre. Si vous voulez connaître la vérité, ne soyez pas croyant ou athée. Ne dites pas: « Dieu existe » ou « Dieu n'existe pas », parce que tout ce que vous dites deviendra un désir profond. Et vous projetez tout ce qui est caché derrière votre désir.

Si vous voulez voir Dieu comme un Krishna avec une flûte sur ses lèvres, un jour vous le verrez; non pas parce que Krishna est là, mais seulement parce que vous avez une graine de désir que vous projetez sur l'écran du monde. Si vous voulez voir Jésus crucifié, vous le verrez. Ce que vous voulez sera projeté, mais ce n'est qu'un monde de rêves ; vous ne vous approchez pas de la vérité. Ne plantez pas de graines dans votre monde intérieur: vivez sans opinion, sans aucune pensée pour ou contre, sans philosophie.

Vois juste ce qu'il y a. N’apporte pas d'esprit avec toi. Vis sans esprit. Si vous voulez voir la vérité, n'ayez aucune opinion pour ou contre. La lutte entre ce que vous aimez et ce que vous n'aimez pas est la maladie de l'esprit. C'EST LA MALADIE DE L'ESPRIT : Ce que vous aimez et ce que vous n'aimez pas, pour et contre. Pourquoi l'esprit est-il divisé ? Pourquoi ne peux-tu pas être un? Vous l'aimeriez, vous souhaitiez être un, mais vous continuez à nourrir les divisions, les préférences, le « j'aime ça » et le « je ne l'aime pas ». Il faut ne pas avoir de préférence pour cette route ou pour celle-là. Juste aller l’esprit vide. Aller juste sans aucune opinion. Voir simplement en étant  disponible, réceptif.

Un professeur est là pour vous aider à quitter vos opinions, à abandonner votre esprit. Et si l'enseignant lui-même devient votre choix, il deviendra également lui aussi une barrière. Cette fois encore vous avez choisi, cette fois encore vous avez utilisé l'esprit. Et plus vous utilisez l'esprit, plus il devient fort, plus il se renforce.

Ne l'utilisez pas. C'est difficile, parce que vous direz: «Et qu'adviendra-t-il de notre amour ? Quel sera notre engagement ? Quelles seront nos croyances ? Qu'adviendra-t-il de notre religion, de notre Église, de notre temple? ». Ce sont vos charges. Libérez-vous d'eux et laissez-les se débarrasser de vous. Ils vous gardent ici, enracinés, et la vérité veut vous libérer. Libéré, vous aurez comme des ailes vous serez comme sans poids.

La lutte entre ce que vous aimez et ce que vous n'aimez pas est la maladie de l'esprit.   Comment guérir? Y at-il un moyen de surmonter cette maladie? Non, il n'y a aucun moyen. Il faut simplement la comprendre. Il suffit de regarder le fait en soi. Il suffit de fermer les yeux et de regarder dans sa propre vie ; observez-la. Et vous sentirez la vérité. Et quand vous sentez la vérité, la maladie disparaît. Il n'y a pas de remède, car si on vous donne un remède, ce remède commencera à vous plaire. Alors vous oublierez la maladie mais vous commencerez à aimer le remède. Et ce même remède deviendra la maladie. Et personne d'autre que vous n’a créé cette maladie. C'est la maladie de votre esprit : préférer, choisir. Il ne faut décider. Il est nécessaire d’accepter la vie dans son intégralité. Il faut voir l'ensemble : la vie et la mort ensemble, l'amour et la haine ensemble, l'érotisme et l’ésotérisme ensemble, le bonheur et le malheur ensemble, la spiritualité et la sexualité ensemble, l'agonie et l'extase ensemble. Si vous les voyez ensemble, que restera-t-il à choisir?   

Si vous voyez qu'ils sont un, alors où iront vos choix ? Si vous voyez que l'agonie n'est que de l'extase et l'extase de l’agonie ; si vous pouvez voir que le bonheur n'est rien d'autre que le malheur; cet amour n'est rien d'autre que la haine et la haine l'amour; Alors où choisir? Comment choisir? Alors le choix disparaît. Ce n'est pas que tu l’abandonnes. Si vous êtes celui qui l’abandonne, cela deviendra un choix; C'est le paradoxe. Ne supposez pas que vous devez le quitter, parce que si vous le quittez, cela signifie déjà que vous avez choisi pour et contre. Maintenant, votre choix est le tout. Vous êtes en faveur du tout et contre la division, mais la maladie est entrée. C'est très subtil. Comprenez simplement, parce que la compréhension fait disparaître le choix. Tu ne la quittes jamais. Tu ris tout simplement ...

Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous !




Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (douzième partie).



Fritz Perls.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls.

 Cet article est la suite de celui-ci.

Je suis toujours aussi peu disposé à revenir en arrière et à parler de Vienne en 1927. D'où me vient une telle phobie ? Y a-t-il quelque chose de particulier dont j'aie honte ? Je suis revenu à plusieurs reprises à Vienne depuis dix ans. J'aime le théâtre, l'opéra, les cafés, la bonne chère.

Le brouillard commence à se lever. Malgré leur réputation, die Wiener Mäderln, les demoiselles viennoises, ne m'attiraient pas spécialement. Je n'ai jamais eu d'aventures sentimentales à Vienne. Il n'y avait là pas grand-chose en dehors des extrêmes du puritanisme bourgeois et de la prostitution. Et la liberté sexuelle que j'avais si bien connue à Berlin et à Francfort était absente.

Je pris un poste d'assistant à l'hôpital psychiatrique où Wagner-Jauregg, célèbre pour son traitement de la syphilis cérébrale par la malaria, et Paul Schilder étaient mes patrons. Schilder était intelligent et avait une compréhension parfaite des relations de structure et de fonction de l'organisme. Pendant ses cours, je me sentais mal à l'aise. Sa voix de fausset et ses gesticulations me crispaient. Et pourtant il y avait chez lui quelque chose d'aimable et d'honnête. Un autre psychanalyste qui fit sur moi grosse impression fut Paul Federn, surtout une phrase qu'il prononça au cours d'une conférence. Imaginez un digne patriarche en train de dire : Man kann gar nicht genug vögeln (« Pas moyen de baiser tout son saoul »), et cela dans un milieu où l'on n'estimait en général que la masturbation intellectuelle.

Quand je le rencontrai plus tard à New York, nous eûmes beaucoup de discussions sur la nature du Moi. Il considérait le Moi comme une réalité ; pour moi le « Je » est simplement un symbole d’identification. Ce que cela veut dire, je n'ai pas envie d'en parler maintenant.

J'avais comme directeurs Hélène Deutsch et Hirschman, qui était un homme facile à vivre et chaleureux. Lorsque je lui demandai un jour ce qu'il pensait des différentes écoles para-freudiennes qui fleurissaient, il me répondit : « Elles font toutes de l'argent. » Hélène Deutsch, d'autre part, me semblait très belle et très froide. Un jour je lui fis un cadeau et, en guise de remerciement, elle me gratifia d'une interprétation.

Le Maître était là, quelque part à l'arrière-plan ; le rencontrer aurait été trop présomptueux. Je n'avais pas encore mérité un tel privilège.

En 1936, je crus que ça y était. N'étais-je pas à l'origine de la création d'un de ses instituts et n'avais-je pas fait 6 500 kilomètres pour venir à son congrès ? (Ça me démange d'écrire Son congrès.)
Je pris rendez-vous, je fus reçu par une femme d'un certain âge (sa sœur, je crois) et attendis. Puis une porte s'ouvrit sur environ deux pieds de large, et le Maître apparut à mes yeux. Je trouvais curieux qu'il ne quittât pas l'embrasure de la porte, mais à ce moment-là je ne savais rien de ses phobies.

« Je suis venu d’Afrique du Sud faire une communication au Congrès et vous voir. »
« Ah bon, et quand repartez-vous ? » dit-il. Je ne me souviens plus du reste de la conversation, qui dura peut-être quatre minutes. J'étais atterré et déçu.

Un de ses fils fut délégué pour m'emmener dîner. Nous mangeâmes de l'oie rôtie, mon plat favori.
Je m'attendais à être « blessé » au vif, mais j'étais seulement abasourdi. Puis lentement, les phrases classiques me vinrent aux lèvres : « Me faire ça, à moi ! C'est comme ça que tu me récompenses de ma loyauté dans mes discussions avec Kurt Goldstein ? Eh bien, tu vas voir ! »

Même ces dernières années, avec un esprit beaucoup mieux équilibré, cette rencontre reste l'une des quatre choses principales de ma vie que je n’ai pas pu mener à bien. Je ne chante pas très juste, bien que je fasse des progrès. Je n'ai jamais sauté en parachute. Je n'ai jamais fait de plongée sous-marine (bien que j'aie découvert une école de plongée à Monterey ; et j'apprendrai peut-être encore à le faire). La dernière, mais non la moindre, c'est de n'avoir pu avoir avec Freud une rencontre d'homme à homme et lui montrer les erreurs qu'il avait commises.

Ce grand besoin a surgi brusquement, à mon étonnement, pendant une séance de thérapie digne d'un cirque, il y a quelque temps, avec un stagiaires, séance qui, comme des centaines d'autres, fut filmée en vidéo et, comme certaines, repiquée en 16 mm.

Ma rupture avec Freud et son école fut définitive quelques années plus tard, mais le fantôme n'a jamais  été complètement exorcisé.
— Repose en paix, Freud, génie têtu, saint et démon.

Voilà donc l'histoire de mes quatre déceptions de l'an de grâce 1936.

Le voyage en Europe de 1936 ne fut pas que déception, loin de là, tout le monde ne se tourna pas contre moi, même si mes partisans furent peu nombreux. Je reçus l'approbation, par exemple, d'Ernest Jones, qui m'avait proposé pour le poste en Afrique du Sud. Il manifesta même quelque enthousiasme au sujet de certaines remarques que je fis lors d'une discussion sur l'angoisse.

Après le congrès, nous passâmes quelques jours en Hongrie, à la montagne. Au cours d'une partie d'échecs, il me dit : « Comment peut-on être aussi patient ? » Compliment que je serrai précieusement dans le creux de ma poitrine.

Je ne me rappelle pas comment je revins à Johannesburg.
Probablement par bateau, puisque dans ce coin du monde il n'y avait pas encore de ligne aérienne régulière. Mon amour-propre en avait pris un coup et, en même temps, je me sentais libre. Entre les pôles de mon peu de valeur et de mon arrogance naissait quelque chose comme un noyau de confiance. Non, ce n'est pas vrai. Cette confiance était souvent là, mais non reconnue. Le plus souvent, je tenais pour établi que je savais ce que je voulais. J'avais un choc quand une intuition impressionnante et comme divine, me prenant par surprise, me laissait à ma petitesse et à mon humilité. Cela pouvait venir de l'empereur, ou d'un Freud ; être le fait d'une grande actrice, ou d'une pensée inspirée ; une action héroïque, un crime audacieux, ou une langue que je ne comprends pas provoquent chez moi l'admiration, et la prière.

Pendant le voyage, les passagers, tous étrangers et qui le restèrent pendant trois semaines, me nommèrent intendant des sports. Et le dernier jour du voyage ils me fêtèrent en chantant « Auld Lang Syne ». Je n'avais rien fait pour mériter cela. Je fus ému jusqu'à la moelle, courus à ma cabine et pleurai toutes les larmes de mon corps. Bohémien solitaire, pleurant son manque d'attaches.

C'est merveilleux de voir à quel point cela m'aide d'écrire. J’avais essayé de faire de la psychanalyse ma maison spirituelle, ma religion. Si ma réserve était grande vis-à-vis de l’approche de Goldstein, ce n’était pas par loyauté envers Freud, mais par peur d’être une fois de plus privé de soutien spirituel.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


samedi 16 juin 2018

Compte rendu des « As de l’illusion » du 16 juin 2018 et présentation de « Sillon d’art, Festival des arts du cirque et de la rue » à l’Arche de Chanteloup-les-Vignes du 15 au 17 juin.



La magie a élu résidence cette semaine à Chanteloup-les-Vignes.


Je suis allé voir un spectacle de magie hier soir et j’ai adoré ! Cela se passait à l’Arche à Chanteloup-les-Vignes.

J’ai appris que pendant toute la fin de la semaine s’est déroulé sous le gigantesque chapiteau de l’Arche un festival des arts du cirque et de la rue « Sillon d’art » organisé par la Compagnie des Contraires. Le spectacle que j’ai vu hier se nommait «  Les As de l’illusion » (et, je dois dire, il était à la fois très drôle et formidablement magique avec une assistance elle aussi formidablement réactive et dynamique).

Le principe de départ des « As de l'illusion » vient d’une belle idée du magicien Stéphane Lydo, qui en est le présentateur : c’est de proposer au public un plateau de prestidigitateurs reconnus issus des cabarets parisiens mais surtout qui représentent un condensé idéal des différents types de magie et arts annexes actuels (magie classique, mentalisme, grande illusion, fakirisme, etc.).

Avant tout, remercions l’indispensable Stéphanie Lydo qui s’est occupée de toute l’organisation. Mais aussi saluons tout particulièrement la maire de Chanteloup-les-Vignes, Catherine Arenou, qui nous faisait l’honneur d’assister à cette soirée.

1) Le spectacle  a débuté avec du jonglage et de la magie de scène effectués par  Stéphane Lydo.

2) Magic Cris (Cris Kahale) a enchaîné avec de magnifiques productions de cartes. J’aime beaucoup sa présentation très élégante. Par exemple, il fait surgir du néant une rose à la fin de ses apparitions de CD.

3) Stéphanie la magicienne  a ensuite effectué une très belle grande illusion.

4) Fabrice Haudecoeur  pratique un type de magie que j’adore, le fakirisme : marche sur du verre brisé, clou enfoncé dans le nez, etc.

5) De retour, Magic Cris (Cris Kahale) nous a bluffé avec un numéro étonnant de mentalisme.

6) Pour couronner le tout, un spectateur choisi au hasard dans le public a été transformé en magicien par Stéphane Lydo. Un final incroyablement drôle et décalé.



Mais attention, voici la suite du programme de « Sillon d’art, Festival des arts du cirque et de la rue ».


Dimanche 17 juin :

14H : SPECTACLE « EX-CLAVAGE »
Danse urbaine, cirque, théâtre,TOUT PUBLIC, DURÉE : 50MN

17H : CONCERT « ROCK'N'ROLL CIRCUS » Musique urbaine.

Vous trouverez le résumé et les détails de « Sillon d’art, Festival des arts du cirque et de la rue » en cliquant sur ce lien. 
Merci infiniment à tous les participants pour le grand bonheur artistique qu’ils ont pu donner à un public en majorité jeune et enthousiaste.


Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Amitiés à tous