samedi 4 juin 2016

«Ne pas se débattre» dans «Méditer jour après jour» de Christophe André (troisième partie)




Le Bouddha a trouvé l’Éveil en pratiquant la méditation sur le souffle


Lorsque nous avons des difficultés, nous tentons de les résoudre. Nous tentons de les écarter, de le modifier ou de les fuir. Mais il y a des difficultés pour lesquelles ces efforts ne marchent pas : si les problèmes sont en nous (nos pensées ou nos émotions) ou s’ils sont inaccessibles (certaines adversités) ou s’ils n’existent pas encore (nos anticipations). Alors, parfois, il faut juste cesser de s’agiter ou de se débattre.

Lorsque vous marchez dans l’eau sur un sol sablonneux, de petits nuages de sable se soulèvent. Il n’a pas d’autre solution que de vous arrêter, de permettre aux nuages de sable d’être là et d’attendre qu’ils retombent. Les nuages de sable sont les expériences de la vie douloureuse. Le bouddhisme et ses pratiques de méditation nous recommandent, pour y voir plus clair, de nous arrêter de vouloir les contrôler et de juste les regarder se déposer d’eux-mêmes au fond de l’eau.

Face aux souffrances et aux détresses, l’action n’est pas toujours valable. La meilleur aide est de se concentrer sur sa respiration en effectuant une méditation sur le souffle (anapana-sati).

En général, on préfère ruminer ou se tourmenter ; cela paraît plus digne et plus réaliste ou plus efficace quand est dans ses soucis. Quelque temps après, on comprend que c’était absurde, bien sûr, de s’être tant inquiété. Mais trop tard ! Et quand viendront de nouveaux ennuis, nous reproduirons les mêmes schémas de pensée.

La méditation sur la respiration va d’abord avoir un effet émollient. Là où la rumination solidifie nos réflexions et émotions désagréables, la méditation sur le souffle les ramollit, comme la flamme d’une bougie ramollit la cire.

Mais surtout, lorsque nous nous arrêtons pour nous concentrer sur notre souffle, même si tout est douloureux autour de nous, nous pouvons nous sentir comme dans un refuge (« Soyez votre propre lampe, votre île, votre refuge. Ne voyez pas de refuge hors de vous-même. » Bouddha). Comme si nous étions un bateau abrité dans un port ou une baie au cours d’une tempête : tout continue mais on est à l’abri, un abri imparfait et transitoire mais un abri. En respirant, on comprend que l’on est vivant, que c’est l’essentiel, que le reste peut attendre, au moins quelques instants, quelques jours.

Prendre refuge dans la méditation sur le souffle, ce n’est pas avoir résolu le problème, ni trouvé une solution. Non, les problèmes continuent et la solution ne jaillira pas de la méditation sur le souffle ; encore faudrait-il qu’elle existe d’ailleurs. Les problèmes continuent mais nous avons trouvé un lieu sûr d’où les observer, sans être obligé de nous débattre par peur de finir submergé ou noyé.

Finalement, nous faisons en sorte de placer notre esprit dans un refuge pour voir plus clair, pour laisser de l’espace à notre intelligence. Cette intelligence innée nous dit que bientôt quelque chose changera, c’est certain. Nous devons juste accepter (je sais que c’est dur car je l’ai vécu de nombreuses fois !) de ne savoir ni quoi ni quand.

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Je continuerai la prochaine fois ce compte rendu du livre de Christophe André Méditer, jour après jour. Amitiés à tous.

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