mardi 5 février 2019

Compte rendu de « Les terres et les voies tantriques » de Guéshé Kelsang Gyatso (première partie, introduction).



  
Le livre étudié

  

Ghéshé Kelsang Gyatso, maître de méditation kadampa, présente avec une grande clarté toutes les étapes des quatre classes de tantras, donnant une explication complète des étapes de génération et d’accomplissement.


Cet article est la suite de celui-ci.


Introduction.

Bouddha a révélé deux voies afin que les êtres vivants puissent atteindre la grande libération, ou pleine illumination : la voie commune et la voie non commune. Ici, « voie » se rapporte à une voie intérieure, ou réalisation spirituelle, qui nous mène à la libération de la souffrance, ou paix intérieure permanente.

La voie non commune est la voie vajrayana. Voie vajrayana, voie tantrique et voie du mantra secret sont synonymes. Une explication détaillée en est donnée dans ce livre. Bouddha a révélé la voie commune dans ses enseignements du soutra. Les vingt et une voies spirituelles, depuis la réalisation de la pratique de s'en remettre à un guide spirituel jusqu'à la réalisation de la vue supérieure, constituent les étapes de la voie commune. Elles portent le nom de « Lamrim », ou « Étapes de la voie ». L'entraînement à ces voies communes est le fondement de la pratique de la voie vajrayana. La voie vajrayana est semblable à un véhicule qui nous mène directement jusqu'à notre destination finale, et les voies communes sont semblables à la route sur laquelle roule ce véhicule. Par conséquent, pour extraire toute l'essence de cette précieuse vie humaine en atteignant la pleine illumination, il nous faut d'abord nous entraîner aux voies communes du Lamrim, puis aux voies non communes du vajrayana.

Djé Tsongkhapa a écrit un texte du Lamrim très condensé décrivant les pratiques de toutes les voies communes, habituellement appelé La Prière des étapes de la voie. Ce texte est semblable à un texte racine du Lamrim. Il ne nécessite pas de commentaire séparé, car si nous étudions une présentation
complète du Lamrim, comme celle qui se trouve dans La Voie joyeuse ou dans Le Nouveau Manuel de méditation, nous allons naturellement comprendre toute la signification de ce texte racine.

Pour pratiquer les voies vajrayanas expliquées dans ce livre, il est nécessaire de recevoir une transmission de pouvoir du tantra du yoga suprême, telle que la transmission de pouvoir de Hérouka ou de Vajrayogini, et de s'entraîner au Lamrim, les étapes de la voie. Il est également utile de mémoriser La Prière des étapes de la voie et de la réciter mentalement ou verbalement tous les jours en se concentrant sur son sens. Ensuite, chaque fois que nous souhaitons lire ce livre, il est important de commencer par réciter ce texte racine. Nous visualisons d'abord les êtres saints de la façon suivante :

Bouddha Shakyamouni en personne se trouve dans l'espace devant moi, entouré par tous les bouddhas et les bodhisattvas, comme la pleine lune entourée d'étoiles.

Puis nous récitons la prière :

LA PRIÈRE DES ÉTAPES DE LA VOIE

La voie commence par une grande confiance
En mon bienveillant enseignant, source de tout bien,
Ô bénis-moi pour comprendre cela,
Que je le suive avec grande dévotion.

Cette vie humaine avec toutes ses libertés
Est vraiment rare et si riche de sens
Ô bénis-moi pour le comprendre
Que jour et nuit j'en saisisse l'essence.

Mon corps, tout comme une bulle d'eau,
Perd sa vigueur et meurt si vite,
Après la mort viennent les effets du karma,
Tout comme l'ombre suit le corps.

Bénis-moi, que par cette certitude
Et ce souvenir je sois très prudent,
Que toujours j'évite les actions néfastes
Et accumule la vertu en abondance.

Les plaisirs du samsara sont trompeurs,
 Au lieu de satisfaire, ils nous tourmentent,
Ô bénis-moi, que je m'efforce sincèrement
D'atteindre la félicité de la parfaite liberté.

Ô bénis-moi, que de cette pensée pure
Naissent la vigilance et la plus grande prudence,
Que je garde ainsi comme pratique essentielle
 La racine de la doctrine, la pratimoksha.

Exactement comme moi toutes mes mères bienveillantes
Se noient dans l'océan du samsara
Ô bénis-moi, que je m'entraîne à la bodhitchitta,
Pour que bientôt je puisse les libérer.

Mais je ne peux pas devenir un bouddha,
Sans pratiquer les trois éthiques,
Aussi bénis-moi pour que j'aie la force
D'observer les vœux du bodhisattva.

En pacifiant mes distractions
Et par l'analyse des significations parfaites,
Bénis-moi pour vite atteindre l'union
De la vue supérieure et du calme stable.

Quand je serai un récipient purifié
Grâce aux voies communes, bénis-moi que j'entre
Dans le véhicule suprême, le vajrayana,
La pratique essentielle de la bonne fortune.

Les deux accomplissements dépendent
De mes vœux sacrés et de mes engagements,
Bénis-moi pour bien comprendre cela
Que je les observe au prix de ma vie.

Par la pratique constante en quatre séances,
Comme l'expliquèrent les enseignants saints,
Ô bénis-moi pour accomplir les deux étapes
Qui sont l'essence des tantras.

Puissent tous ceux qui me guident sur la bonne voie
Et tous mes compagnons jouir d'une longue vie,
Bénis-moi pour pacifier complètement
Tous les obstacles externes et internes.

Puissé-je toujours trouver des enseignants parfaits
Et me réjouir dans le saint dharma,
Accomplir toutes les terres et les voies rapidement
Et atteindre l'état de Vajradhara.

Il est souvent dit que la voie du tantra est supérieure à celle du soutra. Mais, pour comprendre cela, il est nécessaire de faire une étude précise du soutra et du tantra, faute de quoi, cette affirmation restera vide de sens. De plus, si nous n'étudions pas convenablement les deux, le soutra et le tantra, nous aurons des difficultés à comprendre comment pratiquer l'union du soutra et du tantra, et le danger sera alors grand soit de rejeter la pratique du tantra, soit de négliger celle du soutra.

Les enseignements du tantra, ou mantra secret comme ils sont appelés parfois, sont les enseignements les plus rares et les plus précieux de Bouddha. C'est uniquement en suivant la voie du mantra secret que nous pouvons atteindre l'illumination, ou bouddhéité. Pourquoi ne pouvons-nous pas atteindre la pleine illumination en pratiquant seulement les voies du soutra ? Il y a deux raisons principales à cela. Premièrement, pour atteindre la bouddhéité, il est nécessaire d'accomplir le corps de vérité et le corps de forme d'un bouddha. Bien que les enseignements du soutra nous présentent une explication générale de la manière dont ces deux corps sont accomplis en dépendance des étapes de la voie de la sagesse et de la méthode, ils ne donnent pas d'explication précise sur les véritables causes substantielles directes de ces deux corps. La claire lumière de signification est la cause substantielle directe du corps de vérité et le corps illusoire est la cause substantielle directe du corps de forme. Ceux-ci ne sont expliqués que dans le mantra secret.

La deuxième raison pour laquelle les voies du soutra ne peuvent pas nous mener à la pleine illumination est que les enseignements du soufra ne présentent pas de méthodes pour vaincre les obstructions très subtiles à l'omniscience — les apparences dualistes subtiles associées aux esprits de la vision de blancheur, du rouge grandissant et du noir de l'accomplissement imminent. Ces trois esprits deviennent manifestes lorsque nos vents intérieurs se dissolvent à l'intérieur du canal central au cours du sommeil, au cours du processus de la mort ou au cours de la méditation de l'étape d'accomplissement. Bien que ces esprits soient des esprits subtils, ce sont néanmoins des esprits contaminés, parce que leurs objets, l'apparence de l'espace pénétré de lumière blanche, l'apparence de l'espace pénétré de lumière rouge et l'apparence de l'espace pénétré d'obscurité paraissent exister de façon intrinsèque. Ces apparences d'existence intrinsèque sont des apparences dualistes subtiles et des obstructions très subtiles à l'omniscience. Étant donné que les enseignements du soufra n'expliquent pas comment reconnaître les esprits subtils de la vision de blancheur, du rouge grandissant et du noir de l'accomplissement imminent, les bodhisattvas du soutra ne sont pas capables de reconnaître les apparences dualistes subtiles qui y sont associées, et encore moins de les abandonner. En général, l'apparence dualiste se produit lorsque l'objet et son existence intrinsèque apparaissent en même temps à l'esprit. Tous les esprits des êtres vivants, à l'exception de la perception exaltée de l'équilibre méditatif des êtres supérieurs, perçoivent cette apparence dualiste.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Pause dans le blog avec Osho (vingt deuxième partie) (Le livre des secrets, « Le monde des Tantras ».



  
Osho

  
Osho au départ ne s’appelait pas Osho. Il est né sous le nom de Rajneesh Chandra Mohan Jain. Puis il s’est fait connaître dans les années 70 et 80 en se présentant comme Bhagwan Shree Rajneesh. Il publie en 1974 The book of secrets (Le livre des secrets), un livre au titre mystérieux mais au contenu passionnant. Osho est pour moi un des écrivains qui a le mieux parlé de la spiritualité et de la méditation. Il était mystique mais ne croyait à aucun dieu. Il a fait scandale avec la révélation de sa grande fortune personnelle (il possédait plusieurs voitures de luxe). Il y a plusieurs ouvrages de lui que j’ai beaucoup aimés (par exemple Être en pleine conscience, une présence à la vie et Autobiographie d’un mystique spirituellement incorrect).


Cet article est la suite de celui-ci.

Le monde des Tantras

D'abord, quelques mots d'introduction. En premier lieu, le monde de « Vigyana Bhairava Tantra » n'est pas intellectuel ; il n'est pas philosophique. La doctrine n'y a pas sa place. Il se préoccupe de méthodes, de techniques — et non de principes. Le mot « tantra » signifie technique ; la méthode, la voie. Il ne relève en aucun cas du domaine de la philosophie, notez-le bien. Il ne se préoccupe pas de problèmes ni de questions intellectuelles. Il ne s'inquiète pas du « pourquoi » des choses, mais du « comment » — non de la Vérité mais de la manière de l'atteindre.

« Tantra » veut dire technique. Ainsi, ce traité est un traité scientifique. L'objet de la science, ce n'est pas le pourquoi » mais le « comment ». C'est ce qui constitue la différence fondamentale entre la philosophie et la science. La philosophie demande « pourquoi existons-nous ? » La science, elle, pose la question, « comment ? ». C'est la méthode, la technique, qui importe. La théorie devient inutile. L'expérience, seule, compte.

Le tantrisme est science, il n'est pas philosophie. Il est facile de comprendre la philosophie parce qu'elle ne fait appel qu'à l'intellect. Si on est capable de comprendre un langage, si on est capable de comprendre un concept, on est capable de comprendre la philosophie. Cette dernière n'exige de vous ni changement ni transformation. Tel que vous êtes, vous pouvez comprendre la philosophie — mais pas le tantrisme.

Il faudra que vous subissiez un changement, ou plutôt une mutation. Si vous n'êtes pas différent, vous ne pourrez pas comprendre les tantras, parce que ce ne sont pas des propositions intellectuelles. C'est une expérience. Si vous n'êtes pas réceptif, prêt, vulnérable à l'expérience, les tantras ne vous pénétreront pas.
La philosophie s'adresse au mental. Elle n'exige que votre tête et non pas la totalité de votre être. Le tantrisme exige votre être dans sa totalité. C'est un défi plus profond. Il faut s'y plonger corps et âme. Il ne se contente pas de demi-mesures. Il faut une approche différente, une attitude différente, une pensée différente pour le recevoir. C'est ainsi que Devi pose « apparemment » des questions philosophiques. Les tantras débutent par les questions de Devi. Et toutes les questions peuvent être qualifiées de philosophiques.

En fait, toute question peut se poser de deux manières : sur le plan philosophique ou bien totalement, sur le plan intellectuel ou bien existentiel. Par exemple, quand on vous demande, « qu'est-ce que  l'amour ? », on peut poser la question intellectuellement, discuter, proposer des théories, prendre parti pour une hypothèse particulière. On peut créer un système, une doctrine — sans pour cela avoir connu une seule fois l'amour.

Pour créer une doctrine, l'expérience n'est pas indispensable. Au contraire, moins on en sait, et moins on hésite à proposer un système. Seul l'aveugle peut aisément définir ce qu'est la lumière. Quand on ne sait pas, on avance hardiment. L'ignorance est toujours hardie ; la connaissance hésite. Et plus on sait, plus on sent le sol se dérober sous ses pas. Plus on sait, plus on sent à quel point on est ignorant. Ainsi ceux qui atteignent la véritable sagesse deviennent ignorants. Ils deviennent aussi simples que des enfants, aussi simples que des simples d'esprit.

Moins on en sait, mieux c'est. Parler philosophie, se montrer dogmatique, doctrinaire, voilà qui est facile. Définir un problème intellectuellement, c'est très facile. Mais poser un problème sur le plan existentiel — non pas seulement le penser, mais le vivre, en sortir, lui permettre de vous transformer — voilà qui est difficile. C'est-à-dire que pour savoir ce qu'est l'amour, il faut aimer. C'est dangereux, parce que vous n’en sortirez pas intact. L'expérience change l'être. Au moment où vous rencontrez l'amour, vous devenez une personne différente. Et lorsque vous sortez de cette expérience, vous êtes incapable de reconnaître votre ancien visage. Il ne vous appartient plus. Il s'est produit une discontinuité. Il y a maintenant un fossé. L'ancienne personne est morte, une nouvelle est née. C'est ce qu'on appelle une renaissance — on naît une seconde fois.

Les tantras sont non philosophiques et  existentiels. Ainsi Devi pose des questions philosophiques, mais Shiva n'y répond pas de cette manière. ll vaut mieux que vous le sachiez dès le début, parce que vous risquez d'être dérouté : Shiva ne répond pas à une seule question. A toutes les questions que Devi pose, Shiva ne donne aucune réponse. Et en même temps, il y répond ! , seul, lui, y répond, et personne d'autre — mais sur un mode différent. Quand Devi demande, « quelle est ta réalité, Seigneur ? », il ne répond pas. Au contraire, il propose une technique. Et si Devi applique cette technique, elle saura. Ainsi la réponse „se fait par ricochet ; elle n'est pas directe. Il ne répond pas « voilà qui je suis ». Il donne une technique. Pratiquez-la et vous saurez.

Pour le tantrisme, faire c’est connaître et il n'existe pas d'autre connaissance. Si vous ne faites pas, si vous ne changez pas, si vous n'adoptez pas une perspective différente, si vous n'essayez pas de vous mouvoir dans une autre dimension que celle de l'intellect, vous n'obtiendrez pas de réponse. On peut toujours donner des réponses, mais elles sont toutes mensongères. Toutes les philosophies sont mensongères. On pose une question, le philosophe y répond. Soit elle vous satisfait, soit elle ne vous satisfait pas. Si elle vous satisfait, vous devenez un disciple de cette philosophie. Mais vous restez le même. Si elle ne vous satisfait pas, vous poursuivez vos recherches pour trouver une autre philosophie. Mais vous restez le même. Vous n'êtes pas touché, vous n'êtes pas changé.

Ainsi que vous soyez hindou, musulman, chrétien ou jaïn cela ne fait aucune différence. La véritable personne, derrière la façade de l'hindou, du musulman ou du chrétien, est la même. Seuls les mots diffèrent ou les habits. L'homme, qu'il se rende à l'église, au temple  le ou à la mosquée, est le même. Seuls les visages diffèrent et ces visages sont faux, des masques. Derrière le masque, on trouve le même homme, la même colère, la même agression, la même violence, la même avidité, la même luxure — tout est pareil. La sexualité du musulman est-elle différente de celle de l'hindou ? La violence chrétienne est-elle différente de la violence hindoue ? C'est la même ! La réalité reste la même. Seuls, les habits diffèrent.

Le tantrisme ne se préoccupe pas de vos habits : il se préoccupe de vous. Quand vous posez une question, cela montre où vous en êtes de votre cheminement. Cela montre aussi que, où que vous soyez, vous ne voyez pas. Un aveugle demande, « qu'est-ce que la lumière ? » La philosophie tentera de répondre ce qu'est la lumière. Le tantrisme sait une chose : si un homme demande « qu'est-ce que la lumière ? », cela montre simplement qu'il est aveugle. Le tantrisme commence par opérer sur l'homme, par le changer, pour qu’il puisse voir. Le tantrisme ne dira pas ce qu'est la lumière. Il vous dira comment atteindre la connaissance, comment faire pour voir, comment parvenir à la vue. Quand la vue est là, Ia réponse est donnée. Les tantras ne vous donneront pas la réponse ; ils vous donneront une technique atteindre la réponse.

Et cette réponse ne sera pas d'ordre intellectuel. Quand on parle de lumière à un aveugle, c'est intellectuel. Quand l'aveugle devient capable de voir par lui-même, c'est existentiel. Voilà ce que je veux dire quand je déclare que le tantrisme est existentiel. Ainsi, Shiva ne répond pas aux questions de Devi et pourtant, il y répond — voilà le premier point.
  

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


jeudi 31 janvier 2019

Compte rendu de « La part d'ombre du chercheur de lumière » de Debbie Ford (sixième partie, « John, auteur-compositeur-interprète »).




Debbie Ford.

Beaucoup de chercheurs ont travaillé sur la partie de notre esprit qu’on peut appeler part d’ombre. Jean-Louis Bernard dans Les archives de l’insolite décrit l’ombre comme un moi caricatural, anarchique et brouillon, un mime, un domestique peu fidèle. Chez la majorité, l’ombre est inconsistante, mal centrée, un peu folle. C’est Debbie Ford qui a pour moi (bien que son livre La part d’ombre du chercheur de lumière soit difficile d’abord) le mieux abordé ce sujet important.


Cet article est la suite de celui-ci.  

John, auteur-compositeur-interprète

Debbie Ford nous raconte le cas de son ami John pour nous montrer à quel point, par de mauvais raisonnements, on peut gâcher une vocation et rater une carrière.

Mon ami John est un auteur-compositeur-interprète de 36 ans, doué d'un talent musical extraordinaire. Lorsque je lui ai parlé pour la première fois de ses dons musicaux, il ne m'écoutait même pas. « S'il te plaît, arrête, disait-il, je ne veux pas penser à cela. » Cela a pris beaucoup de temps avant que John n'admette qu'il avait fantasmé sur le fait de gagner un Grammy et d'avoir un auditoire se comptant par millions. Après quelque temps, cependant, chaque fois qu'il parlait de sa musique et de ses rêves, son visage entier s'éclairait. Quand il interprétait ses chansons, sa passion irradiait du plus profond de lui-même. Il apparaissait tellement clair que sa musique constituait son vrai désir, issu du cœur. À mesure qu'il s'en apercevait, il n'avait plus qu'à le manifester.

Un soir que j'étais assise avec John, nous nous sommes mis à examiner les engagements intérieurs sous-jacents qui l'empêchaient de devenir un chanteur et auteur-compositeur renommé. Nous avons pris une feuille, et avons rédigé au recto son engagement à devenir un auteur-compositeur-interprète célèbre ; au verso, nous avons détaillé les croyances qui lui interdisaient de réaliser son rêve. Voilà à peu près ce que cela donnait :

ENGAGEMENTS SOUS-JACENTS :

Moi, John Palmer, je ne peux le faire parce que je n'ai pas le talent suffisant.
Ce n'est pas un objectif réaliste.
Pour un bon Italien, ce n’est pas convenable.
Je n'ai pas suffisamment étudié quand je prenais des leçons de piano.
J'ai passé les cinq dernières années à essayer quelque chose de semblable et cela n'a rien donné. Alors, pourquoi ça marcherait maintenant ?
Je n'ai pas assez de maturité pour faire face à cela.
Je n'ai pas de temps à perdre avec des fantasmes. Je dois me trouver un vrai travail.

Toutes ces prises de position et ces croyances avaient empêché John de pouvoir sérieusement envisager de faire de sa musique une carrière. En tant que simple témoin, je ne comprenais pas comment John ne pouvait se rendre compte de son talent, de la même manière que je le percevais. Mais, lorsque nous avons donné la parole à chacune de ses peurs, il devint aisé de voir pourquoi il n'avait jamais poursuivi une carrière dans le domaine de la musique. Inconsciemment, les engagements intérieurs de John étaient davantage orientés sur les obstacles que sur la découverte du bien-fondé de sa vision.

Il nous faut débusquer toutes les croyances qui nous empêchent d'atteindre nos rêves. Je les appelle des engagements sous-jacents, parce que ce sont des pactes que nous avons contractés avec nous-mêmes pour ne pas réaliser nos vrais objectifs. Que vous décidiez de poursuivre vos rêves ou non, il est primordial de questionner vos motivations tout autant que les obstacles rencontrés sur la voie de vos vrais désirs. 

Si l'on ne se pose pas de questions, on continuera de sous-estimer sa vie. Que votre objectif soit de maigrir, de gagner plus d'argent, ou d'améliorer vos relations personnelles, il vous faut faire une introspection et découvrir vos croyances et engagements sous-jacents. Vous n'avez pas à les supprimer. Vous devez leur permettre d'exister, afin de pouvoir retenir ceux qui vous donnent de la force et laisser tomber les autres.

Faites une pause maintenant et prenez une feuille. Décrivez un objectif que vous n'avez pas été capable de rencontrer. Énumérez toutes vos croyances et engagements intérieurs reliés à cet objectif. Écrivez rapidement, sans essayer de trop penser, en laissant simplement couler ce qui vient. Puis, mettez-vous à questionner chacune de ces prises de position. Est-ce que cette croyance relève du domaine du fait tangible ou du jugement ? C'est une question d'une importance capitale. Lorsque nous avons repassé la liste de John, voilà ce que cela donnait :

ENGAGEMENTS SOUS-JACENTS :

Jugement : Moi, John Palmer, je ne peux le faire parce que je n'ai pas le talent suffisant.
Jugement : Ce n'est pas un objectif réaliste.
Jugement : Pour un bon Italien, ce n'est pas convenable.
Jugement : Je n'ai pas suffisamment étudié quand je prenais des leçons de piano.
Jugement : J'ai passé les cinq dernières années à essayer quelque chose de semblable et cela n'a rien donné. Alors, pourquoi ça marcherait maintenant ?
Jugement : Je n'ai pas assez de maturité pour faire face à cela.
Jugement : Je n'ai pas de temps à perdre avec des fantasmes. Je dois me trouver un vrai travail.

Tout, d'après John, relevait d'un jugement, le sien propre, ou celui d'un ami ou d'un membre de sa famille. Et c'étaient ces jugements qui dirigeaient sa vie. Malheureusement, nous sommes tous pour la plupart dans la même situation. Nous permettons à nos croyances intérieures de contrôler notre vie. Il est intéressant de découvrir que nos amis ou notre famille se trouvent habituellement à reproduire les mêmes prises de position que nous avons adoptées.

Ils viennent nous convaincre - ou c'est nous qui venons les convaincre - que ces jugements sont fondés. J'assistais récemment à une fête en compagnie de plusieurs amis de John et, lorsque j'ai abordé le sujet de sa carrière musicale, trois personnes différentes m'ont répété, presque mot pour mot, les mêmes arguments selon lesquels cela ne pouvait pas marcher pour lui. Est-ce que John avait pris chez ses amis ses jugements limitatifs, ou bien avait-il amené ceux-ci à partager ses propres jugements ? D'une façon ou d'une autre, John ne se trouvait pas engagé sur la voie de ses vrais désirs.

La décision de transformer votre vie est sérieuse. J'ai découvert, après des années de travail avec les gens, que beaucoup aiment parler de changement, tout en refusant de lâcher prise à l'égard d'attitudes qui les tiennent prisonniers de schémas négatifs. Demandez-vous si votre quête de paix, de bonheur et d'intégralité relève purement du théâtre, ou si vous êtes vraiment décidé à prendre le contrôle et à façonner vous-même vos expériences. Personne ici-bas ne peut vous sauver. Vous-même, cependant, pouvez le faire. En vous, et en vous seul, résident le pouvoir, les réponses et la capacité de transformer votre vie.

La suite au prochain numéro comme dans les romans-feuilletons. Amitiés.

mercredi 30 janvier 2019

Remerciements et gratitude pour tous ceux que j’ai rencontrés dans mon parcours en magie (et mentalisme) et en hypnose, mais aussi compte rendu de certains livres que j’ai lus et étudiés (d’avance pardon à ceux que j’oublie, il y en a tant !). (troisième partie).



Une photographie qui rassemble différents livres importants dans mon parcours de magicien mentaliste.



Je ne sais pas pourquoi j’ai eu beaucoup de mal à me décider à écrire cet article. Je l’ai reporté constamment de lendemain en lendemain dans un typique système de procrastination.

Pourquoi ? Touchait-il à des zones sensibles de mon passé ou alors était-il trop long, trop difficile à écrire. Ou peut-être était-ce un peu des deux !

Un philosophe a eu l’idée de faire une liste de gratitude, la liste de toutes les personnes qui l’avaient aidé, encouragé, supporté dans sa vie.

J’ai tenté de réaliser, plutôt que de dispenser de banals veux de Nouvelle année, une liste de gratitude des personnes qui m’ont aidé, encouragé, supporté dans ma vie en général, en magie et en mentalisme. Mais en relisant mes deux articles, je me suis rendu compte que j'avais oublié énormément de gens, beaucoup trop. J'ai donc décidé de rédiger une troisième partie avec des personnes qui ont été pour moi des rencontres enrichissantes. Je vais sans doute encore oublier des dizaines de gens qu’il me faudrait mentionner et auprès desquelles je m’excuse d’avance. Cette liste de gratitude numéro 3 montre, ce qui est plutôt bon signe, qu’il y a quand même beaucoup de personnes sympas et enrichissantes que l’on rencontre dans notre vie.

Les psychologues, depuis quelques temps, se sont penchés sur les bienfaits que peut avoir un individu à dire merci, à exprimer sa gratitude et je crois qu’ils ont tout à fait raison. Pour le psychiatre et psychothérapeute, spécialiste de la méditation, Christophe André, la gratitude est « bénéfique à l’estime de soi, car elle augmente le sentiment d’appartenance à un groupe, à une lignée, à une collectivité humaine ».

Dans une puja (cérémonie) bouddhiste en sept parties, la première partie est toujours consacrée à la gratitude. 

Selon l’écrivain de développement personnel Wayne Dyer, il y a neuf habitudes du génie créatif que vous pouvez cultiver dans votre vie quotidienne. Les qualités de la créativité et du génie sont déjà en vous, maintenant vous devez vous adonner à 9 habitudes pour les développer.
La cinquième habitude est « Cultivez la Gratitude, Soyez un appréciateur de la vie ».
Refusez d’avoir des pensées de haine, d’anxiété, de colère ou de jugement.
Chaque jour, dites merci à la vie.


Cet article est la suite de celui-ci. 

A) La magie et le mentalisme

1) Rencontre magique et premiers livres de prestidigitation lus et travaillés

a) La première rencontre que j’ai connue avec la magie s’est produite à mon école primaire, l’école Turenne à Angoulême, en 1969, alors que j’avais huit ans. Un prestidigitateur avait été invité pour le spectacle de fin d’année. Je ne me souviens que d’un de ses tours, mais qui m’a scotché pour la vie et qui a engendré chez moi une éternelle passion pour la prestidigitation. Ce magicien a présenté une sorte de grande casserole et y a mis le feu. Puis il l’a recouverte d’un couvercle. Une seconde après, il l’a rouverte et, à la place des flammes, se trouvaient des colombes. Ce fut un miracle pour l’enfant que j’étais mais ce miracle se perpétue en moi encore aujourd’hui.


b) On ne s’en rend pas compte mais quand on se trouve au fin fond de la province et qu’on n’a pas trop d’argent, c’est difficile de pratiquer la magie.
A la bibliothèque de ma ville, il n’y avait qu’un seul livre sur la prestidigitation, c’était le « Manuel pratique d’illusionnisme et de prestidigitation »  de Rémi Ceillier (et encore, ce n’était que le tome 1 sur les généralités et les tours de cartes). Je me souviens de l’avoir emprunté maintes fois. A l’époque, je ne m’en étais pas rendu compte mais j’avais un trésor dans les mains. Rémi Ceillier commençait par une histoire abrégée de l’illusionnisme qui, je m’en aperçois maintenant, était très bien détaillée, à la fois exacte et précise et enchaînait avec une bibliographie par thèmes presque complète.
J’y ai appris à effectuer mon premier saut de coupe, j’ai su pour la première fois ce qu’était un chapelet et surtout je me suis entraîné pendant des heures, des semaines, des mois à un mouvement que je trouvais fascinant, le double empalmage (back and front hand palm).
Vous pouvez voir ce livre en haut à droite de l’assemblage de photos.


Comme vous le voyez, le titre de ce livre était un peu long, un peu confus, mais le corps de l’ouvrage m’a révélé des multitudes de mystères magiques. Je vous en donne quelques détails en suivant l’ordre des parties :

1ère partie : L'ancienne et la nouvelle collection des tours d'escamotage de prestidigitation et d'adresse. 100 p.

a) Onze observations préliminaires (qui étaient très pertinentes)
b) « Amusements et récréations ayant rapport à l’adresse des mains », Tours de gibecière, jeu des gobelets
c) « Tours d’adresse, subtilité, combinaisons récréatives, prestidigitation »

2ème partie : L'ancienne et la nouvelle collection des tours de cartes. 108 p.
« Manières diverses d’opérer les faux mélanges »
« Procédés divers pour faire sauter la coupe »
« Procédés pour glisser la carte, pour filer la carte, pour enlever, et pour poser la carte, pour faire tirer une carte forcée. Usage des cartes longues, des cartes larges, des cartes biseautées »
« Faire paraître fixée sur la muraille la carte qu’un spectateur aura tirée du jeu »
Une forme de de mémorisation de cartes «  mutus nomen dedit cocis » (« Le muet a donné un nom au cuisinier » )
« L’hôtesse et les ivrognes »

3 ème partie : renferme les tours de physique les plus amusants sur la chimie, le magnétisme, l'électricité, la double-vue dévoilée, la fantasmagorie, etc. mis à la portée de tous les amateurs pour être exécutés dans les sociétés et réunions les plus nombreuses.

C’est un ouvrage qui a été déterminant pour moi. Non seulement, j’y ai beaucoup appris sur la magie des cartes mais j’ai aussi travaillé pendant des jours et des jours les passes du jeu des gobelets. Le plus important a été dans mon parcours de magie ma première découverte de tours de mentalisme, particulièrement dans la troisième partie avec « La double vue dévoilée ». De la page 65 à la page 80, les auteurs révèlent une méthode de télépathie truquée (mais je me suis aperçu plus tard qu’elle avait quelques similitudes avec celle d’Antoine François Gandon, « La seconde vue dévoilée » (1849)  qui lui-même avait débiné la méthode de Robert-Houdin.)
Vous pouvez voir cet ouvrage tout en bas à droite de l’assemblage des photos.

d) Une autre manière d’apprendre la magie quand on résidait en province, c’était, quand on se rendait à Paris, de fréquenter assidûment les magasins de prestidigitation. Personnellement, j’allais chez Mayette Magie Moderne au 8 rue des Carmes dans le cinquième arrondissement quand il appartenait encore à Michel Hatte. C’est là que j’ai acheté dans les années 70 le livre de Robert Veno « Cours Magica, la prestidigitation pour tous » , un ouvrage que Michel Hatte avait publié en 1954. Il abordait les différentes parties de la prestidigitation en douze leçons, la première portant sur les cartes et la dernière (qui elle aussi a contribué à ma vocation de mentaliste) traitant des sujets suivants « Magnétisme, spiritisme, divination et transmission de pensée ».
Le « cours Magica » se trouve en bas à gauche de l’assemblage de photos.

e) « Mille et un tours de magie, un grand livre d’or » de Clayton Rawson 

C’est un livre que j’ai acheté quand j’étais enfant. Il ne m’a pas appris grand-chose, à part le concept de carte-clé. Sa partie « Comment lire la pensée d’autrui »  est très faible. J’ai su plus tard qui était l’auteur, Clayton Rawson, à la fois un magicien, un écrivain de romans policiers baignant dans le monde de la prestidigitation, et un grand vulgarisateur de la Reine des arts.
Vous pouvez voir ce livre en haut à gauche de l’assemblage de photos.


2) Reprise de la magie

En arrivant à Paris en 1992, j’ai rencontré différents prestidigitateurs, Ratcekou, Jean-Guy Davril, Cocodenoix du club des Amis de la magie. 
Puis j’ai échangé des idées et des trucs avec le magicien Cédric Milano qui m’a fait connaître le magasin de prestidigitation « Magic Passion » situé à côté de la porte dorée, rue Ernest  Lacoste. J’y ai pris des cours en 2003 avec le magicien propriétaire des lieux, Claude. La boutique a depuis malheureusement fermé.

3) Le Musée de la Magie

J’ai hanté le Musée de la Magie au 11 rue Saint-Paul à partir de l’année 2005, surtout le dimanche, où je pouvais avoir des conversations sans fin sur la prestidigitation avec le vendeur de l’époque de la boutique, Michel Pont. Je me passionnais alors pour les grandes illusions et notamment pour celles de David Copperfield.

Il existait à l’époque deux livres allemands un peu underground (Vous pouvez les voir en bas à droite dans l’assemblage de photos) qui révélaient les secrets de ses tours, « Copperfield & Co - Die besten Tricks der großen Zauberer » ( Copperfield et compagnie, Les meilleurs tours du grand magicien) du prestidigitateur allemand Robert Rau et « David CopperfieldsTricks - Top Secret ! »  (sans nom d’auteur). Un site lui aussi allemand avait rendu compte de la parution du premier livre, celui du prestidigitateur Tilman Hausherr . Un autre était également exceptionnellement bavard sur la magie de ce grand prestidigitateur, n’allez surtout pas le regarder ! 

Pendant l’année scolaire 2011-2012, j’ai pris des cours à l’académie de magie avec le prestidigitateur Jean-Claude Brosset. Il m’a appris énormément de techniques et de tours. C’était un professeur passionnant et très pédagogue.


B) L’hypnose

J’ai débuté l’hypnose en 1983 pendant mon service militaire à partir d’une méthode de Marcel Rouet, « Techniques et pratiques de l'hypnotisme »  mais je n’ai effectué mon stage de technicien en hypnose ericksonienne qu’en juillet 2012 à l’Institut Français d’hypnose ericksonienne.

J’ai enchaîné en 2013 avec un stage d’hypnose de rue à l’ARCHE (Académie pour la Recherche et la Connaissance en Hypnose Ericksonienne) avec Bertrand Millet  qui est vraiment un formateur remarquable.

Je pourrais continuer ainsi pendant des heures. J’ai oublié des dizaines de personnes qui m’ont aidé et éclairé, qui ont été résilients pour moi selon la théorie de Boris Cyrulnik. Je m’en excuse d’avance auprès d’eux. Mais peut-être écrirai-je un prochain jour une liste de gratitude, quatrième partie !

Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. La suite donc au prochain numéro comme dans les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle ou dans les séries télévisées américaines contemporaines.


mercredi 23 janvier 2019

Compte rendu de « La part d'ombre du chercheur de lumière » de Debbie Ford (cinquième partie, « Une vie digne d’être vécue »).




Debbie Ford.



Beaucoup de chercheurs ont travaillé sur la partie de notre esprit qu’on peut appeler part d’ombre. Jean-Louis Bernard dans Les archives de l’insolite décrit l’ombre comme un moi caricatural, anarchique et brouillon, un mime, un domestique peu fidèle. Chez la majorité, l’ombre est inconsistante, mal centrée, un peu folle. C’est Debbie Ford qui a pour moi (bien que son livre La part d’ombre du chercheur de lumière soit difficile d’abord) le mieux abordé ce sujet important.


Cet article est la suite de celui-ci.


Une vie digne d’être vécue (suite)


Malheureusement, la plupart d'entre nous ne prennent pas cet engagement à l'égard de ce qu'ils désirent vraiment. Le soir, allongés dans notre lit, nous prions pour une vie meilleure, un corps en meilleure santé, un travail plus enrichissant, mais rien ne change. C'est parce que nous nous mentons à nous-mêmes. Nos aspirations et nos implications actuelles se situent souvent aux antipodes. Nous aspirons à un mode de vie plus sain, mais nous nous cantonnons à des activités sédentaires. Nous prions pour connaître une relation gratifiante, mais nous nous contentons de rester à la maison. Nous nous sentons très à l'aise dans le statu quo. Pourtant, lorsque nous nous rendons compte que personne ne vient nous sauver, ou faire le travail pour nous, et que nos anciennes blessures sont toujours là - qu'on les aime ou qu'on les déteste -, alors nous prenons conscience que c'est nous-mêmes qui devons réaliser notre potentiel. Il est plus facile de blâmer les autres que de prendre ses responsabilités. « Que va-t-il se passer si j'échoue ? » « Cela va-t-il me faire souffrir ? » « Qu’est-ce que les autres vont penser de moi ? »

Je tiens à vous préciser que je suis loin de ce que vous pourriez considérer comme une personne parfaite. Ma mission ne consiste plus à être parfaite. C'est désormais d'être complète et intégrale, parfaite et imparfaite tout à la fois. Ma mission, c'est désormais d'être à l’écoute de ma sagesse intérieure et de vivre ma vie aussi totalement que possible. Mon engagement, c'est désormais de m'aimer moi-même autant qu'il est humainement possible, car je sais que, lorsque je le fais, je suis en retour capable d'aimer mes semblables. Ce que je partage maintenant avec vous, ce sont les démarches et processus qui ont mis un terme à ma souffrance et m'ont procuré la sagesse et le courage de me guérir moi-même intégralement. Cet engagement m'a conduite à explorer des centaines de procédés de guérison différents. Il m'a guidée intuitivement vers des gens, des lieux et des expériences qui m'ont enseigné les leçons dont j'avais besoin.

Ne paniquez pas si vous ne savez pas ce que vous voulez. Prenez simplement l'engagement de vivre au niveau de votre plein potentiel. Vivez dans l'instant, et l'univers vous révélera vos talents uniques. Votre engagement vous mènera vers les endroits où vous avez besoin d'aller, les livres que vous avez besoin de lire et les personnes qui vont vous instruire et vous aider. Selon un ancien dicton bouddhiste, « Lorsque l'élève est prêt, le maître apparaît ». J'ai eu des centaines de maîtres qui sont apparus dans ma vie depuis les quatorze dernières années. Ils se sont manifestés sous la forme d'amies, d'amoureux et de collègues de travail. Quelques-uns sont apparus sous les traits de voleurs ou de menteurs. Toutes les personnes avec lesquelles j'ai pu établir une relation, positive autant que négative, se sont manifestées dans ma vie pour m'instruire, me guider et m'aider à réaliser mon engagement. Selon mon amie Annimika, « chaque personne qui se présente à votre porte vient pour vous guérir ». Même les gens qui participent à mes séminaires sont là pour me guérir. Cette compréhension des choses a changé toute interaction que j'ai avec les autres.

Soyez un guerrier quand vient le temps de réaliser vos rêves. Tant de personnes que je rencontre parlent de leurs passions comme si c'étaient des pièces de collection  enfermées au musée sous des vitrines de sécurité. La nuit venue, elfes prient en silence pour que leurs rêves deviennent réalité, mais leurs peurs et leur résignation les rendent passives. Savez-vous à qui reviennent effectivement ces trésors ? À la personne qui établit un plan d'action ; à celle qui rédige une déclaration de mission ; à celle qui prend un engagement personnel Telle est la voie d'une vie marquée par l'illumination, une vie de vérité.

La suite au prochain numéro comme dans les romans-feuilletons. Amitiés à tous.