jeudi 21 juin 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (dix-septième partie).





Cycle d'une Gestalt.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci. 

Voici le résumé de ce livre.

Mon dernier gourou a été Mitzie, une magnifique chatte blanche, qui m'a appris la sagesse de l'animal.

Deux fois dans ma vie, j'ai été furieux de rater une photo. La première fois quand un membre de mon groupe fit une expérience de déjà vu avec transes et petit mal (une crise épileptique mineure). La vidéo fonctionnait et je jouissais d'être le seul peut-être à posséder l'enregistrement unique de ce symptôme. Bien que j'eusse clairement marqué « Ne pas effacer », la bande fut effacée et réutilisée.

L'autre événement concerne Mitzie. Un matin, en m'éveillant, je vis mon sombrero (70 centimètres de diamètre) s'avancer vers mon lit. Je le soulevai et trouvai dessous Mitzie qui berçait un oiseau entre ses pattes de devant. Cela me fit un choc. Trois semaines auparavant, j'avais trouvé mon salon parsemé de plumes, ce qui signifiait clairement que Mitzie avait attrapé et mangé un oiseau. Je lui pris l'oiseau, elle avait le regard triste. L'oiseau n'avait aucun mal et put s'envoler au bout de dix minutes après avoir recouvré ses forces. Comment aurais-je pu supposer que Mitzie était simplement affectueuse ? Qui a jamais entendu parler d'un chat qui cajole un oiseau ? Sans mon émotion, j'aurais pu prendre une photo et montrer avec orgueil un événement aussi rare.

Je sais comment j'ai eu Mitzie. Je me rappelle le regard gentiment critique de Selig lors de nos premières rencontres. Mais Friedlander, lui, est plutôt noyé dans la brume. Le jour où ma mère me parla des colis de nourriture que je lui avais envoyés, j'en fus surpris. J'avais totalement oublié. Ces colis, c'était en 1922.

La dévaluation du mark allemand s'accélérait, bien qu'il ne fût pas encore tombé. La nourriture, surtout la viande, était rare. Ma capacité de voir les choses en perspective était un atout à l'époque, de même que plus tard, lorsque je sus éviter les dangers du camp de concentration et le tumulte de la Seconde Guerre mondiale, de même je fus plus fort que l'inflation.

La trouille que provoquent les dangers actuels d'inflation aux États-Unis me fait sourire. L'inflation ! Vous n'avez pas idée de ce que ça signifie ! Si l'argent porte un intérêt, disons de quatre pour cent, cela veut dire, en vertu de la loi de l'équilibre, qu'il perd par an le même pourcentage de sa valeur. C'est à peu près le niveau de votre inflation.

J'ignore si l'inflation allemande était artificiellement créée afin d'éponger les dettes de guerre, mais j'y crois assez. Le fait est que le dollar est passé rapidement de 4 marks à 20, puis à 100, puis à 1 000 et finalement à pas mal de fois 1 000, pour grimper à plusieurs millions avant d'atteindre plusieurs milliards de marks. La valeur du mark tendit vers zéro. J'ai une collection historique de timbres allemands, de l'époque des royaumes éparpillés à l'empire en passant par le Troisième Reich jusqu'à la division du pays en trois : Allemagne de l'Ouest, Berlin et Allemagne de l'Est. Les timbres du temps de l'inflation couvrent plusieurs pages.

Il fallait transporter les billets de banque dans des sacs. Les gens couraient le soir acheter quelque chose avec l'argent qu'ils avaient gagné le jour même, parce que le lendemain matin il était déjà dévalué de cinquante pour cent. Les hypothèques ne valaient pas le papier sur lequel elles étaient inscrites.

Deux malades me sauvèrent alors... ainsi que ma présence d'esprit, de cette situation critique. L'un était banquier. Je ne savais rien de ce qu'étaient la Bourse et ses manipulations. Un jour, le banquier me suggéra d'acheter des actions qui représentaient près de cent fois le montant de mes revenus mensuels. Je lui dis qu'il était fou, mais il se contenta de sourire : « Vous pouvez me faire confiance ! Je vais prendre le risque moi-même. Vous achetez les actions maintenant et les payez dans quatre semaines. » Ce que je fis, ne les payant au bout d'un mois que le cinquième de leur valeur. Je recommençai ; puis cela devint inutile. Le salut était venu d'une autre source, un patient qui était boucher à Bremerhaven.

Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.


Pause dans le blog avec Osho (vingt et unième partie) (16 pensées d'Osho qui inspireront votre vie)



  
  
Osho

  
Osho au départ ne s’appelait pas Osho. Il est né sous le nom de Rajneesh Chandra Mohan Jain. Puis il s’est fait connaître dans les années 70 et 80 en se présentant comme Bhagwan Shree Rajneesh. Il publie en 1974 The book of secrets (Le livre des secrets), un livre au titre mystérieux mais au contenu passionnant. Osho est pour moi un des écrivains qui a le mieux parlé de la spiritualité et de la méditation. Il était mystique mais ne croyait à aucun dieu. Il a fait scandale avec la révélation de sa grande fortune personnelle (il possédait plusieurs voitures de luxe). Il y a plusieurs ouvrages de lui que j’ai beaucoup aimés (par exemple Être en pleine conscience, une présence à la vie et Autobiographie d’un mystique spirituellement incorrect).


Cet article est la suite de celui-ci.

  
16 pensées d'Osho qui inspireront votre vie

1) Une fois que tu as commencé à voir la beauté de la vie, la laideur commence à disparaître. Si tu commences à voir la vie avec joie, la tristesse disparaît. Tu ne peux pas avoir en même temps le paradis et l'enfer, tu ne peux en avoir qu'un seul. C'est ta décision.

2) Le jour où tu penses savoir, tu meurs, parce que, à présent, il n'y aura plus d'émerveillement, de joie ou de surprise. Maintenant, tu vas vivre une vie morte.

3) Trouve l'extase en toi. Elle n'est pas ailleurs. Elle fleurit à l'intérieur de toi.

4) Pour éviter la douleur, évite le plaisir. Pour éviter la mort, évite la vie.

5) Quand je dis que vous êtes des dieux et des déesses, je veux dire que vos possibilités sont infinies, votre potentiel est infini.

6) Le seul fait d’être vivant est un cadeau, mais personne ne te dit d'être reconnaissant envers l'existence.

7) Maintenant, l'homme doit apprendre à vivre sans idéologies, religions ou politiques. Quand l'esprit n'est lié à aucune idéologie, il est libre de passer à de nouvelles compréhensions. Et dans cette liberté fleurit tout ce qui est bon et tout ce qui est beau.

8) Au moment de la naissance d'un enfant, la mère naît également. Elle n'a jamais existé auparavant. La femme existait, mais la mère n'a jamais existé. Une mère est quelque chose d'absolument nouveau.

9) Un peu d'idiotie est nécessaire pour profiter de la vie, et un peu de sagesse pour pouvoir éviter les erreurs. Avec cela, ça suffira.

10) Quand tu es conscient, tu as des problèmes. Quand tu es conscient, tu montres des symptômes comme quoi tu ne sais pas où tu es. Ta conscience indique que tu n’es pas arrivé à la maison.

11) La capacité d'être seul est la capacité d'aimer. Cela peut sembler paradoxal, mais ce n'est pas le cas. C'est une vérité existentielle : seules les personnes capables d'être seules sont capables d'aimer, de partager, d'aller au centre le plus profond d'une autre personne, sans posséder l'autre, sans être dépendantes de l'autre, sans réduire l'autre à une chose et sans devenir accro à l'autre.

12) Je vis une vie basée sur deux principes. D’abord je vis aujourd'hui comme si aujourd'hui était mon dernier jour sur Terre. Ensuite, je vis aujourd'hui comme si j’allais vivre toujours.

13) Débarrassez-vous  de l'idée de devenir quelqu'un, parce que vous êtes déjà un chef-d'œuvre. Vous ne pouvez pas être amélioré. Vous devez juste le devenir, le savoir, le réaliser.

14) Chaque fois que vous avez peur, essayez d'explorer, et vous verrez que la mort se cachait quelque part. La mort est la seule source de peur.

15) Seul un aveugle peut définir ce qu'est la lumière. Quand vous ne savez pas, vous êtes audacieux. L'ignorance est toujours audacieuse. La connaissance doute. Et plus vous en savez, plus vous sentez que le terrain qui vous soutient s'effondre. Plus vous en savez, plus vous vous sentez ignorant.

16) Deux personnes mûres qui s'aiment s'entraident pour être libres. Cela n'a rien à voir avec la politique ou la diplomatie. Il n'y a pas de désir de dominer l'autre. Il n'y a que la liberté et l'amour.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (seizième partie).



 Le système immunitaire de notre organisme.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci.

Voici le résumé de ce livre.

Si nous n'exerçons pas de contrôle, si l'organisme n'est pas dirigé par des ordres, comment sommes-nous capables de fonctionner ? Comment peut se réaliser la coopération de ces milliards de cellules ? Comment sont-elles capables de pourvoir à leur subsistance et aux autres exigences de la vie ? Si nous rejetons même la dichotomie esprit/corps, quel pouvoir miraculeux nous anime ?

Avons-nous en nous un dictateur qui prend les décisions ? Un conseil qui décide à l'unanimité, un gouvernement doté du pouvoir exécutif ? Y a-t-il un inconscient, ou des émotions, ou un cerveau électronique faisant le boulot ? Y a-t-il un Dieu, une âme imprégnant le corps et prenant à son compte toutes ses exigences et ses buts avec une sagesse infinie ?

Nous ne savons pas ! Nous ne pouvons que faire des suppositions, des modèles, des plans, des hypothèses de travail, et vérifier à chaque seconde leur exactitude et leur fiabilité. Et même si nous savions, à quoi cela nous avancerait-il ?

Aucune théorie n'est valide, si elle admet une seule exception. Si nous trichons, si nous dissimulons les preuves, nous sommes non pas des scientifiques mais des manipulateurs, des hypnotiseurs, des charlatans, ou du moins des propagandistes au service de notre propre importance.

Des brumes de l'ignorance, émerge-t-il des pierres qui permettent de bâtir une théorie fiable, complète, unifiée et applicable, de l'homme et de ses fonctions ?

Il y en a quelques-unes, pas très nombreuses encore, mais suffisantes pour nous donner une direction digne de confiance pour nos buts spécifiques.

J'ai fait de la conscience le centre de mon approche, reconnaissant que la phénoménologie est le premier pas indispensable vers la connaissance de tout ce qu'il y a à savoir.

Sans conscience il n'y a rien.

Sans conscience il y a le vide.

La moyenne des gens se méfie du néant. Elle le trouve étrange et inquiétant. Il lui paraît absurde qu'on puisse avoir recours à lui et s'en servir en philosophe.

Il y a plusieurs existants : les choses, les êtres, les substances chimiques, l'univers, les journaux, et ainsi de suite, à l'infini. Nous ne les classons certainement pas tous dans la même catégorie.

Je ne vois pas beaucoup de catégories de néant, et je crois qu'il vaut la peine, qu'il est indispensable même pour notre propos, de parler de quelques-unes d'entre elles. Prenons comme exemple l'histoire de la création.

D'après tout ce que nous savons, le temps est infini, sans commencement ni fin. Nous apprenons déjà à compter en milliards d'années. L'homme n'a pu tolérer l'idée qu'il n'y ait « rien » au commencement. Alors il a inventé des histoires sur la façon dont fut créé le monde, histoires qui varient selon les différentes cultures et qui fort à propos laissent dans l'ombre le problème de la création du créateur. Ces histoires remplissent un néant que nous pourrions appeler un vide, une vacance, d'une étrangeté inquiétante.

Parfois le néant prend un aspect désirable, comme quand il est vécu dans le contexte de la peine, de la détresse ou du désespoir. Shalom, le salut hébreu, est paix, absence de conflit. Le Nirvana est la cessation de la difficulté de vivre. Le Léthé, c'est l'état d'oubli, l'effacement de l'intolérable.

Parfois le néant est le résultat de la destruction, et, en psychanalyse, du refoulement : l'annihilation de choses, personnes ou souvenirs indésirables.

On peut aussi opposer le néant, dans le sens occidental du terme, à l'idée orientale du néant : no-thing-ness, le « ne-rien-être ». Les choses n'existent pas, chaque événement est un processus, la chose est simplement une forme transitoire d'un processus éternel. Parmi les philosophes pré-socratiques, c'est Héraclite qui soutenait les mêmes idées : Panta rhei, tout est « en fluence », nous ne mettons jamais les pieds deux fois dans le même fleuve.

Dire à une femme qu'elle a la tête vide est pour nous une insulte. Pour un Oriental, cela peut être un grand compliment : sa tête n'est pas obstruée, mais disponible.

Ma première rencontre philosophique avec le néant a été le rien sous la forme du zéro. Je l'ai découvert sous le nom de l'indifférence créatrice, grâce à Sigmund Friedlander.

Je reconnais trois gourous dans ma vie. Le premier était Sigmund Friedlander, qui se donnait lui-même pour néo-kantien : j'ai appris de lui la signification de l'équilibre, centre-zéro des extrêmes. Le deuxième est Selig, notre sculpteur et architecte de l'Institut d'Esalen. Je sais qu'il serait furieux de savoir que je parle de lui. Il s'agit d'une véritable intrusion dans sa vie privée. Ecce homo ! Voici vraiment un « Mensch », un être humain absolument dépourvu de prétention, sage, humble, plein de savoir-faire. En tant que citadin, je n'ai pas eu beaucoup de contacts avec la nature. A le regarder, à voir ses relations et sa compréhension des êtres humains, des animaux et des plantes, à comparer sa discrétion et sa confiance avec mon émotivité et mes airs de prima donna, à sentir enfin la présence d'un être qui m'est cent fois supérieur, et, pour finir, le sentiment de respect mutuel et d'amitié qui s'est fait jour, j'ai appris à surmonter presque tout ce qu'il y a de pompeux chez moi et d'affecté.

Mon dernier gourou a été Mitzie, une magnifique chatte blanche, qui m'a appris la sagesse de l'animal.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


mercredi 20 juin 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (quinzième partie).



Le cycle d'une Gestalt.



Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci.

Voici le résumé de ce livre.

Je veux mettre bien en évidence une interprétation erronée de Freud, et la comparer avec la Gestalt traditionnelle et avec ma propre conception de la Gestalt, et démolir quelques similitudes superficielles. Dans ce contexte, je veux montrer l'inutilité de la thérapeutique freudienne et de toutes celles fondées sur une théorie de l'instinct.

Freud a observé que certains de ses patients avaient besoin d'avoir un comportement stéréotypé et répétitif. Par exemple, certains se sabotaient eux-mêmes lorsqu'arrivait la réussite. C'est ce qu'il appela une « répétition compulsive ». A coup sûr, c'est une observation valable et exprimée en termes adéquats. Dans de nombreuses névroses, on trouve facilement des cauchemars répétitifs et des Gestalts stéréotypées. On peut se demander s'il faudrait inclure dans cette catégorie le besoin d'aller cinq fois par semaine chez le même analyste, à la même heure, au même endroit, sur le même divan, qu'il pleuve ou qu'il vente, qu'on soit gai ou triste, calme ou énervé.

Freud, pour finir, a émis cette théorie que la vie est un conflit entre Eros et Thanatos. Comme chacun de nous participe à la vie, il participe, selon cette théorie, à Thanatos, l'instinct de mort. Ce qui signifie que chacun de nous souffre de répétition compulsive. Ce qui semble une hypothèse poussée un peu trop à l'extrême.

Comment passe-t-on de la répétition compulsive à l'instinct de mort ? (Comment les épinards poussent-ils sur le toit ? Les vaches ne peuvent pas voler !) Un simple tour de passe-passe, messieurs dames ! Vous voyez, voici la répétition — maintenant c'est une habitude. Une habitude vous enlève la liberté de choisir. Elle pétrifie votre vie. La pétrification c'est la mort. Voilà ! Simple, n'est-ce pas ? Et maintenant, regardez : cette mort, ce peut être la vie aussi. Si vous retournez la pétrification sur les autres, c'est l'agression, qui, elle, est bien vivante. Je suis un vrai fils de pute, mais il faut que quelqu'un voie la nudité de l'empereur.

Par où le raisonnement pèche-t-il ? Par l'hypothèse que toutes les habitudes sont des pétrifications. Les habitudes sont des Gestalts intégrées, et, en fait, en tant que telles, en principe, des stratagèmes économiques de la nature. Comme Lore me l'a fait remarquer un jour, les « bonnes » habitudes sont celles qui favorisent la vie.

Quand vous apprenez à taper à la machine, il faut, au départ, situer chaque touche, puis apprendre à diriger le doigt vers cette touche que vous enfoncerez avec une certaine force. Votre façon de situer les touches, ainsi que leur manipulation, évoluera de la nouveauté à la maîtrise, du courant infini de découvertes et de redécouvertes à la certitude — c'est-à-dire à la connaissance. Il faut de moins en moins de temps et de concentration pour que cette aptitude devienne automatique, fasse partie du moi, quitte le premier plan et laisse la place à la « pensée » qui n'est plus dérangée par la recherche des touches sur le clavier. En d'autres termes, les « bonnes » habitudes font partie d'un processus de maturation, l'actualisation d'une capacité potentielle.

Il est vrai qu'une fois l'habitude prise — une fois la Gestalt établie — elle est là, et fait partie de l'organisme. Pour changer une habitude, il faut l'extraire à nouveau de l'arrière-plan et investir de l'énergie (comme dans le cas de H20) afin de désintégrer ou de réorganiser l'habitude.

La bourde de Freud, c'est de n'avoir pas fait la différence entre la répétition compulsive pathologique et la création d'habitudes intégrées à l'organisme.

La répétition compulsive ne peut quitter l'avant-scène pour être assimilée. Au contraire, elle demeure une source constante d'attention et de stress précisément parce que la Gestalt ne peut se conclure, précisément parce que la situation demeure inachevée, précisément parce que la blessure ne veut pas cicatriser.

La répétition compulsive n'est pas orientée vers la mort, mais dirigée vers la vie, c'est une tentative répétée pour maîtriser une situation difficile. Les répétitions sont des investissements en vue de l'achèvement d'une Gestalt, afin de libérer son énergie pour grandir et se développer. Les situations inachevées ralentissent les rouages, elles bloquent la voie vers la maturation.

Un des exemples les plus simples de situation inachevée est la maladie. Une maladie se termine par la guérison, par la mort ou par une modification de l'organisme.

Le fait que la maladie, forme faussée de la vie, disparaît avec la guérison ou la mort est une évidence. Et aussi qu'une maladie, surtout si elle est douloureuse, peut revêtir l'importance d'une forme chronique, refusant d'être reléguée à l'arrière-plan, encore moins d'être assimilée et de disparaître en permanence du premier plan. Le changement se traduit souvent par une modification de l'organisme.

Une personne presque aveugle consacrera beaucoup d'efforts à essayer de conserver ou d'améliorer ce qu'il lui reste de vision. C'est une situation constamment inachevée. Cette personne est occupée et préoccupée. Vienne la cécité complète, la situation évolue le plus souvent de façon dramatique. La personne est guérie de l'illusion de l'espoir. Aux yeux de ses amis, c'est une infirme, mais elle devient elle-même un organisme différent, vivant dans un Umwelt (environnement) différent, dépendant d'une orientation différente. C'est un organisme sans yeux, comme nous sommes des organismes avec deux jambes, et non dix. Ses chances de satisfaction sont nettement plus grandes. A ce sujet, voir Helen Keller, qui souffrait de plusieurs infirmités.

 Si nous n'exerçons pas de contrôle, si l'organisme n'est pas dirigé par des ordres, comment sommes-nous capables de fonctionner ? Comment peut se réaliser la coopération de ces milliards de cellules ? Comment sont-elles capables de pourvoir à leur subsistance et aux autres exigences de la vie ? Si nous rejetons même la dichotomie esprit/corps, quel pouvoir miraculeux nous anime ?

Avons-nous en nous un dictateur qui prend les décisions ? Un conseil qui décide à l'unanimité, un gouvernement doté du pouvoir exécutif ? Y a-t-il un inconscient, ou des émotions, ou un cerveau électronique faisant le boulot ? Y a-t-il un Dieu, une âme imprégnant le corps et prenant à son compte toutes ses exigences et ses buts avec une sagesse infinie ?

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


mardi 19 juin 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (quatorzième partie).



Alice au pays des merveilles.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.


Cet article est la suite de celui-ci.

Voici le résumé de ce livre.

Aux gens qui comptaient à Francfort, j'ai ajouté le professeur Gelb. J'ai oublié son prénom. Bien sûr, je pourrais décrocher le téléphone et le demander à Lore qui préparait avec lui une thèse de doctorat sur la constante de Farben. Non, ce n'est pas vrai. Je ne puis la joindre à présent, car elle est à Tampa pour diriger un séminaire, probablement auprès de l'Académie américaine des psychothérapeutes.

Gelb était un personnage de peu de relief, mais bon professeur. Il est connu pour ses travaux, avec Goldstein, sur les traumatismes crâniens, surtout le cas de Schneider. Ils ont découvert qu'un traumatisme crânien ne signifiait pas seulement la perte de certaines facultés, mais que c'est toute la personnalité qui subit un changement. Une régression, une « dé-différenciation » s'installe. Le plus significatif, c'est que le patient perd la capacité de penser et de comprendre en termes abstraits et de langage. Il acquiert l'innocence du petit enfant. Par exemple, il ne peut mentir. Si vous lui demandiez de répéter la phrase « la neige est noire », il ne le ferait pas et rien au monde ne pourrait le lui faire dire. Avec entêtement, il s'obstinerait à répondre : « La neige est blanche. »

Mes rapports avec les psychologues gestaltistes étaient curieux. J'ai admiré beaucoup de choses dans leurs travaux, en particulier les premiers travaux de Kurt Lewin. Mais je n'ai pu les suivre quand ils sont devenus des logiciens positivistes. Je n'ai lu aucun de leurs livres, exception faite de quelques articles de Lewin, Wertheimer et Köhler. Le plus important pour moi fut la notion de situation inachevée, de Gestalt incomplète. Bien entendu les gestaltistes universitaires ne m'acceptèrent jamais. Il est certain que je n'étais pas un pur gestaltiste.

Mon impression dominante, c'est que c'étaient tous des alchimistes qui cherchaient l'or de la vérification complète, tandis que moi, je me contentais d'utiliser les matériaux moins spectaculaires, mais plus utiles, que je trouvais sur le bord de la route.

Une Gestalt est un phénomène irréductible. C'est une essence qui est là et qui disparaît si l'ensemble se disloque en ses composantes.

Quelque chose de très intéressant vient de se produire. J'étais en train de réfléchir au moyen d'expliquer les principes de cette Gestalt par l'exemple de la molécule d'eau — H2O et ses constituants H et O — quand je me suis rendu compte que la formulation, telle qu'elle est exprimée par les gestaltistes, ne peut en aucun cas être correcte. Ils disent que le tout est plus que l'ensemble des parties. En d'autres termes, quelque chose s'ajoute au monde uniquement par la configuration. Mais cela détruirait notre image de l'équilibre des énergies de l'univers. Quelque chose serait créé à partir de rien, une idée qui transcenderait même le pouvoir créateur de Dieu. Car il est écrit que Dieu créa le monde à partir du chaos — du tohu-bohu. Faut-il alors laisser les gestaltistes attribuer à la formation de la Gestalt plus de pouvoir que nos pieux ancêtres n'en ont attribué à Dieu ?

Avant d'admettre un tel raisonnement, examinons la chose de plus près, et, même s'il ne s'agit vraiment que d'une petite idée à moi, essayons de trouver une autre explication. Je ne suis ni chimiste ni physicien, de sorte que je puis me tromper à cent pour cent. 2H + O = H2O, en tant que formule, c'est correct ; en tant que réalité, c'est faux. Si vous essayez de mélanger les deux gaz, oxygène et hydrogène, rien ne se produit. Si vous ajoutez l'élément température, ils explosent, perdent leur qualité d'atomes et forment la Gestalt moléculaire H2O, ou eau. Dans ce cas, la Gestalt est, dynamiquement parlant, inférieure à celle de ses constituants, puisqu'il manque la chaleur qui s'est produite. De même, pour séparer les atomes, pour décomposer la Gestalt, il faut ajouter l'électricité, afin de donner aux atomes une existence à part. D'où nous pouvons tirer plusieurs conclusions. Sans le support électronique, une fois qu'ils ont perdu leur énergie de chaleur intrinsèque, les atomes perdent leur indépendance et doivent créer une alliance. Cette intégration, cette alliance, pourrait bien être un signe non pas de force, mais de faiblesse.

Les gestaltistes pourraient ne pas être d'accord là-dessus.
« Regardez ce moteur, le tout est plus que les parties qui le composent. Même si vous avez des pièces de rechange — bougies, pistons, etc. — elles ne sont rien comparées au moteur. » Je ne suis pas d'accord. J'accepte le moteur qui fonctionne comme une Gestalt et j'accepte les pièces détachées comme une autre Gestalt.
C'est peut-être une marchandise, de la camelote, ou un moteur en puissance, selon le contexte, la toile de fond contre laquelle ils apparaissent. Certainement pas une forte Gestalt, sauf peut-être si les pièces étaient empilées au milieu d'une salle de séjour.

II existe une contribution très intéressante à notre compréhension, créée par les gestalistes : la différenciation de la Gestalt en image et en arrière-plan. Cette contribution renvoie à la sémantique, ou à la signification de la signification.

En général, lorsque nous pensons à la signification, nous avons deux opinions opposées — l'objective et la subjective. L'objective dit qu'un mot ou une chose a une ou plusieurs significations qui peuvent être fixées au moyen de la définition, ou sinon ce serait la mort des dictionnaires.

L'autre, la subjective, c'est celle d'Alice au pays des merveilles, celle qui dit : « Un mot veut dire seulement ce que je veux qu'il dise. » Aucune de ces deux positions n'est tenable. Une signification, ça n'existe pas. C'est un processus créateur, qui participe de l'ici et du maintenant. Cet acte créateur peut être habituel et si rapide qu'on ne peut en saisir les origines, au il peut exiger des heures de discussion. Dans chaque cas, une signification est créée en reliant l'image, l'avant-plan, à l'arrière-plan, sur lequel apparaît l'image. Cet arrière-plan est souvent appelé contexte, rapport ou situation. Séparer un énoncé de son contexte engendre facilement l'erreur. Dans Le moi, la faim et l'agressivité, j'ai longuement parlé de cette question. Il n'y a pas de communication possible sans la claire compréhension de cette relation de l'image avec l'arrière-plan. C'est comme si l'on vous demandait d'écouter la radio quand le signal (des paroles, par exemple) est noyé par le bruit de fond.
Il est possible que la propriété la plus intéressante et la plus importante de la Gestalt soit sa dynamique — le besoin qu'a une forte Gestalt de trouver sa conclusion. Et cette dynamique, on en fait l’expérience maintes fois chaque jour. La meilleure appellation de la Gestalt incomplète, c’est la situation inachevée.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


lundi 18 juin 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (treizième partie).



Un admirateur de Fritz Perls.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci

Voici le résumé de ce livre.

Aux États-Unis, nous assistons à la désintégration des religions organisées. L'Église en tant que centre de la communauté, le prêtre en tant que guide spirituel et Seelsorger (médecin des âmes), perdent toute signification. Une tentative désespérée de sauvetage de Dieu est en cours. De nombreuses confessions, aplanissant des différends qui jusque-là alimentaient le feu d'une haine intense, font appel à la compréhension entre les cultes. « Prêtres du monde entier, unissez-vous ! » « Unissez-vous pour faire mentir le verdict de Nietzsche : Dieu est mort. » Bien des prêtres commencent à se fier plus à la psychothérapie qu'à la prière.

Enfant, j'ai assisté à une désintégration analogue de la religion juive. La famille de ma mère observait les coutumes orthodoxes. C'était une famille où il se passait d'étranges fêtes, souvent belles et chaleureuses. Mes parents, et particulièrement mon père, étaient des juifs « assimilés ». C'est-à-dire qu'il faisait un compromis entre le fait d'avoir honte de ses origines et de vouloir maintenir certaines des traditions juives — se rendant à la synagogue à l'occasion des grandes fêtes, pour le cas où il y aurait un dieu quelque part. Je ne pouvais accepter cette hypocrisie et, dès mon jeune âge, je me déclarai athée. Ni la science, ni la nature, ni la philosophie, ni le marxisme ne pouvaient remplir le vide de ma maison spirituelle. Aujourd'hui je sais que j'attendais cela de la psychanalyse.

Après 1936 j'avais essayé de me réorienter. Mes doutes au sujet du système freudien, inexprimés et endigués, grandirent et me submergèrent. Je devins un sceptique, presque un nihiliste — niant tout. Le bouddhisme — le Zen — une religion sans Dieu ? J'acceptais alors, il est vrai, une bonne part du Zen, froidement, intellectuellement.

Puis vint l'illumination : plus besoin de soutien, ni spirituel, ni moral, ni financier, d'aucune sorte. Toutes les religions étaient de grossières constructions humaines, toutes les philosophies des jeux d'adaptation intellectuelle inventés par l'homme. Il me fallait donc prendre moi-même toute la responsabilité de mon existence.

Je m'étais piégé moi-même. A Francfort, absorbé par la psychanalyse, j'étais resté à l'écart des existentialistes qui s'y trouvaient, comme Buber, Tillich, Scheler. Tout ce que j'en avais retenu c'était que la philosophie existentielle exige que l'on prenne la responsabilité de sa propre existence. Mais laquelle des écoles existentialistes détient la vérité avec un grand V ?
Sceptique, j'ai cherché plus avant et voici ma position actuelle. Malgré toutes les tendances anticonceptuelles et prophénoménologiques, il n'y a pas de philosophie existentialiste qui tienne debout.

Je ne parle même pas de l'existentialiste américain moyen qui prêche et baratine à propos de l'existence, mais erre sur la terre aussi mort qu'un ordinateur. Non, je parle des existentialistes de base. Y en a-t-il un seul qui n'ait besoin d'aide extérieure, généralement d'un support conceptuel ? Que sont Tillich sans son protestantisme, Buber sans son hassidisme, Gabriel Marcel sans son catholicisme ? Pouvez-vous imaginer Sartre sans le soutien de ses idées communistes, Heidegger sans celui du langage, ou Binswanger sans la psychanalyse ?

Ne peut-on alors envisager une orientation ontique où le Dasein — le fait et les moyens de notre existence — puisse se manifester et être compris sans qu'il soit besoin d'explications ; une façon de voir le monde autrement que par le biais de quelque concept, mais où nous comprenions ce qu'il y a de parti pris dans la formation des concepts ; une perspective où nous ne nous contentions pas de prendre une abstraction pour l'image entière — où, par exemple, l'aspect physique serait pris pour la totalité de ce qui est ?

Cela existe, en effet ! Mais, si étonnant que ce soit, dans une branche qui n'a jamais revendiqué le statut de philosophie, d'une science cachée au fin fond de nos universités, une approche appelée psychologie de la forme, de la Gestalt.

Gestalt ! Comment faire comprendre que cette Gestalt est autre chose qu'un concept de plus créé par l'homme ? Comment dire que cette Gestalt est — et pas seulement pour la psychologie — quelque chose d'inhérent à la nature ?

Si, au temps des dieux ou des différentes sortes d'énergie, quelqu'un avait dit que la plus petite particule indivisible — nommée atome — est investie de toutes les énergies, il aurait été la risée du monde entier. Aujourd'hui, il est acquis que l'énergie atomique est l'énergie des énergies. La bombe atomique, c'est bel et bien une réalité.

Je comprends parfaitement que vous puissiez ne pas me suivre dans la théorie que tout est conscience, mais je ne puis accepter votre réserve à l'égard de l'idée de Gestalt, et je vais patiemment vous exposer quelques aspects de sa signification.

Mais d'abord, pour nous situer : 1926, Francfort, Kurt Goldstein, Clara Happel, Lore et le professeur Gelb, alors maitre de conférences en psychologie de la forme, élève de Wertheimer et de Köhler.

Je suis en train de jouer avec le nombre « 6 » :

1896 — Mes parents déménagent. Ils quittent un quartier juif pour un quartier plus élégant du centre de Berlin. Je n'ai pas de souvenirs antérieurs à cette époque.
1906 — Bar Mitzvah, crise de la puberté. Je suis un garnement et donne bien du souci à mes parents.
1916 — Je suis versé dans l'armée allemande.
1926 — Francfort.
1936 — Congrès de psychanalyse.
1946 — Immigration aux Etats-Unis.
1956 — Miami, Floride. Liaison avec Marty, la femme la plus importante de ma vie.
1966 — La Gestalt-thérapie est sur les rails. J'ai enfin trouvé une communauté, un lieu d'existence : Esalen.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


dimanche 17 juin 2018

Compte rendu du livre « 50 exercices de Gestalt » de Catherine Clouzart (première partie).



 Catherine Clouzart.

Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « 50 exercices de Gestalt » de Catherine Clouzard.


Cet article est la suite de celui-ci. 

Voici le résumé de l’ouvrage.

J'apprivoise ma colère.

Il peut arriver que l'on soit en colère au point de ne pas savoir la gérer. On peut se mettre « hors de soi », tout comme on peut enfouir cette colère au plus profond jusqu'à ce qu'elle se retourne contre soi. Il est préférable d'apprivoiser sa colère et de la canaliser.

Il est nécessaire pour apprivoiser sa colère de suivre ces instructions :

1) Je me centre sur ma colère, qu'elle soit en train de monter ou déjà bien installée.

2) Je prends le temps de préciser les sensations et les images qu'elle provoque :

          Quel est mon agacement ? Léger, petit, moyen, grand ?
          Est-ce une petite, une moyenne, une grosse ou une énorme colère ?
          Est-ce que je ressens de la rage, de la violence ?
          De quelle « couleur » est ma colère ?
          Où se situe-t-elle dans mon corps ?

Par exemple : je suis dans une colère noire ! Je bouillonne en repensant au moment où mon patron m'a dit qu'il me licenciait. Si je ne me contrôlais pas, je casserais quelque chose ! J'ai une boule au ventre.

3) Je remets ma colère dans son contexte.

·           Comment est apparue cette colère ? Par exemple : quand mon patron, le même qui m'a fait déménager pour ce poste il y a deux mois, m'a dit qu'on allait devoir supprimer mon emploi.
·           Depuis quand ai-je conscience d'être en colère ? Par exemple : je n'ai pas très bien compris ce qui se passait sur l'instant. Elle est montée petit à petit.
·           Comment évolue-t-elle dans la durée ? Par exemple : ça ne fait qu'empirer.
·           Est-ce une colère qui s'est déplacée ? Par exemple : oui, je suis particulièrement sensible à toutes les critiques, mêmes les plus anodines en ce moment.
·           Est-ce une colère qui me semble légitime ? Par exemple : oui, car c'est une façon de procéder très grossière !

4) Je fais le point sur ce que me dit ma colère et j'identifie la manière dont je peux l'exprimer de manière constructive.

·           Que me dit cette colère au sujet d'un territoire, qu'il soit personnel, physique, matériel, psychique ou symbolique, qui serait envahi ? Par exemple : j'ai le sentiment de m'être fait avoir et de me faire « jeter » de mon travail !
·           Qu'est-ce qui m'empêche d'exprimer ma colère ou qu'est-ce qui fait que je l'exprime de façon inadaptée ? Par exemple : ça reste mon supérieur hiérarchique et de plus je suis surpris !
·           Comment exprimer, ou transformer, cette colère-là de façon acceptable ? Par exemple : demander un entretien et le préparer.
·           Qu'est-ce que je peux mettre en place concrètement afin de faire respecter les limites de mon « territoire », dans cette situation-là ? Par exemple : faire valoir mes droits fermement et calmement, demander un dédommagement.

Commentaire.

Cet exercice vous permet d'accueillir et de préciser ce sur quoi porte votre colère. Vous prenez conscience de ce qui vous dérange, vous l'exprimez et vous agissez afin d'y remédier. La colère comprise appelle une agressivité saine et légitime de défense ajustée qui a toutes les chances d'être entendue. Une colère qui n'est pas entendue ou mal canalisée peut se dégrader en violence : violence contre l'autre ou contre soi-même.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.