jeudi 6 septembre 2018

C'est comme un arc-en-ciel (Lama Guendune).



Lama Guendune.



Le bonheur ne se trouve pas avec beaucoup d'effort et de volonté, mais réside là, tout près, dans la détente et l'abandon.

Ne t'inquiète pas, il n'y a rien à faire. Tout ce qui s'élève dans l'esprit n'a aucune importance, parce que n'a aucune réalité.

Ne t'y attache pas. Ne te juge pas. Laisse le jeu se faire tout seul, s'élever et retomber, sans rien changer, et tout s'évanouit, et recommence à nouveau, sans cesse.

Seule cette recherche du bonheur nous empêche de le voir.

C'est comme un arc-en-ciel que l'on poursuit sans jamais le rattraper. Parce qu'il n 'existe pas, et a toujours été là, et t'accompagne à chaque instant.

Ne crois pas à la réalité des expériences bonnes ou mauvaises, elles sont comme des arcs-en-ciel.

À vouloir saisir l'insaisissable, on s'épuise en vain.

Dès lors qu'on relâche cette saisie, l'espace est là, ouvert, hospitalier, et confortable.

Alors profites-en. Tout est à toi, déjà. Ne cherche plus.

Ne vas pas chercher dans la jungle inextricable l'éléphant qui est tranquillement à la maison.

Rien à faire.

Rien à forcer.

Rien à vouloir.

Et tout se fait tout seul.


Voilà. C'est tout pour le moment. Amitiés à tous.

mercredi 5 septembre 2018

Les causes de l’'anxiété (traduction d’un article du site «Rincon del Tibet»).







Une image du site "Rincon del Tibet"




Cet article est une traduction d'un texte du site « Rincon del Tibet » 

 Il est la suite de celui-ci.  

L'anxiété survient lorsqu'il y a un déséquilibre interne, et la plupart du temps, il s'agit d'un déséquilibre émotionnel.

Les émotions se forment lorsque nous nous identifions à nos pensées.

Lorsque nous ressentons de l'anxiété, cela peut être dû aux causes suivantes :

1. Nous pouvons ressentir de l'anxiété lorsque nous ne restons pas dans le moment présent et nous sommes impatients de voir le prochain moment qui suit le présent. Ce genre d'anxiété peut nous faire sentir mal, mais il n'y a pas de souffrance intense, car il n'y a pas de menace.

2. L’autre cause de l’anxiété se produit lorsque le «moi personnel», c’est-à-dire notre ego, se sent menacé.
Il est tout à fait normal de ressentir de l'anxiété lors de la recherche de l’éveil spirituel, quand on apprend à rester dans le moment présent. Cet état de présence consciente signifie la mort du passé et de l’avenir, la mort de l’identification à notre moi personnel et donc la mort de notre ego.

C’est pourquoi l’ego - qui n’est rien d’autre qu’une identification que nous avons créée pour avoir une identité propre (l’ego est le «moi personnel» mais aussi le «moi séparé») - se sent menacé de mort.

Dans ce deuxième cas, lorsque l’anxiété est provoquée par la menace de mort du «moi personnel» (l’identité, l’ego), il y aura beaucoup de souffrance.

Le «moi personnel» résistera de manière accrue et la résistance sera si grande que cela mènera à une lutte interne.

La résistance est un manque d'acceptation à ce que l’on est, elle est à contre-courant par rapport au flux de la vie, qui va dans un certain sens. Et en refusant d’aller dans cette direction, vous souffrez parce que le degré de lutte interne est vraiment très grand.

Par conséquent, si vous êtes sur le chemin spirituel et faites vos premiers pas dans l'apprentissage de la pratique de la méditation, vous ressentirez au début beaucoup d'anxiété, de peur, puisque votre identité de «moi personnel» peut disparaître, vous pouvez mourir.

Ce qui doit être fait, bien sûr c’est de ne pas laisser la pratique, mais de digérer cette compréhension que pour atteindre l'illumination - qui est la mort de l'identification (de l'ego) - il faut relâcher cette  résistance interne et accepter complètement ce qui advient avec une confiance totale.

Rendez-vous compte que ce que votre âme désire le plus, c'est l'éveil spirituel, mais que ce que votre moi désire le moins, c'est de disparaître et que pour cette raison même, une résistance interne surgit.
Vous devez faire confiance à la vie, lui  laisser tout dans les mains, se rendre à tout ce qu’elle est.

Au début, cela peut coûter cher, car la peur n'est pas facile à transcender. Mais au fur et à mesure que vous progressez dans votre pratique spirituelle, il y aura des jours où vous vous sentirez si bien, avec tant de paix, que plus tard, vous aurez envie de ressentir cette paix et ce bien-être.

Petit à petit, vous gagnerez en expérience et avec elle en sécurité. Et sûrement, la peur se réduira et, par conséquent, la menace sera de plus en plus subtile… jusqu'à ce qu'un jour vienne où elle aura complètement disparu.


 Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !

mardi 4 septembre 2018

Nouvelles précisions sur la Gestalt-thérapie (dix-septième partie) (Orientation du Moi, troisième partie, chapitre 2, Contact avec l’environnement, expérience 3).




Laura Perls.

Des amis m’ont demandé d’apporter des approfondissements sur la gestalt-thérapie, la psychothérapie que je préfère actuellement. J’ai déjà abordé ce sujet à plusieurs reprises dans ce blog. En voici quelques exemples :


Cet article est la suite de celui-ci. 

Le livre de référence sur le sujet est Gestalt-thérapienouveauté, excitation et développement de Frederick Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline.

L’ouvrage est divisé en deux parties distinctes. La première partie porte sur l’orientation du moi et se subdivise en 4 chapitres. Le chapitre 1 définit l’aspect scientifique de la gestalt thérapie. Le chapitre 2 présente différentes expériences visant à développer ou à accroître chez l’individu sa capacité à entrer en contact avec son environnement. Les chapitres 3 et 4 présentent les différentes techniques de prise de conscience intégrée du soi. La deuxième partie de l’ouvrage porte sur la manipulation du moi. On y retrouve également 4 chapitres qui traitent globalement de 3 types de mécanismes névrotiques à l’origine des troubles psychologiques vécus par les individus. Ces mécanismes sont : la rétroflexion, l’introjection et la projection.

Je vais, pour que vous compreniez bien la démarche de la Gestalt, aborder le thème de la première partie, l’orientation du moi et plus particulièrement son chapitre 2 « Contact avec l’environnement ».


EXPÉRIENCE 3 : Attention et concentration

Les deux expériences précédentes étaient opposées. En essayant d'accroître votre sentiment de la réalité, vous focalisez votre intérêt à l'ici et maintenant, alors que, d'un autre côté, toute prise de conscience du sentiment qu'il existe dans votre personnalité des forces opposées dépend de l'élargissement de votre perspective au-delà de vos interprétations et évaluations habituelles. Mais le but des deux expériences était le même. C'est-à-dire vous aider à prendre conscience de résistances (vides, contre-émotions et autres difficultés du comportement) rencontrées en essayant honnêtement de faire les expériences.

Si ces résistances ont été assez sérieuses pour vous donner un sentiment d'impuissance et d'inadéquation à la tâche, il n'y a aucune raison d'être abattu. Quand vous avez eu un blocage ou que vous vous êtes senti soudain l'esprit vide, vous vous êtes peut-être dit : « C'est parce que je ne peux pas me concentrer », et nous sommes d'accord là-dessus, mais pas dans le sens conventionnel. L'incapacité à se concentrer provient d'années de soins minutieux pour garder certaines parties de votre personnalité à l'écart l'une de l'autre, de peur qu'elles ne se dévorent férocement. Alors, quand vous avez besoin que ces deux parties joignent leurs efforts pour faire quelque chose, il ne suffit pas de les convoquer simplement en leur faisant signe. Il ne sert à rien d'insister pour « rassembler ses forces ». Cela n'arrange pas non plus les choses quand un psychanalyste dit : « Relaxez-vous, ne vous censurez pas et souvenez-vous en détail de votre enfance ». Sauf très superficiellement, on ne peut pas décider délibérément de faire ce genre de choses !

Ce qu'on peut faire, c'est ce que avez commencé à faire dans ces expériences — devenir conscient de vos efforts et de vos réactions et acquérir envers eux une attitude de « pré-engagement créateur ».

D'abord, distinguons entre ce qu'on appelle d'habitude la concentration et la véritable concentration saine, organique. Dans notre société, la concentration est considérée comme un effort délibéré, difficile, coercitif — quelque chose qu'on s'oblige à faire. Ne nous étonnons pas puisque nous nous efforçons sans cesse, névrotiquement, de nous conquérir, de nous forcer. D'un autre côté, on n'appelle pas concentration la concentration saine, organique, mais dans les rares occasions où elle apparaît attirance, intérêt, fascination ou absorption.

Observez des enfants en train de jouer et vous verrez qu'ils se concentrent sur ce qu'ils font à tel point qu'il est difficile de les en distraire. Vous noterez aussi qu'ils sont excités par ce qu'ils font. Ces deux facteurs — l'attention apportée à l'objet ou l'activité et l'excitation de satisfaire un besoin, intérêt ou désir, grâce à l'objet auquel on fait attention — sont la substance même de la concentration saine.

Dans la concentration délibérée, nous « faisons » attention quand nous pensons que nous le « devons », nous déconcentrant ainsi, en même temps, d'autres besoins ou intérêts. Dans la concentration spontanée, l'objet auquel nous consacrons notre attention attire à soi et inclut toute la gamme de nos intérêts présents. Quand nous « devons » entreprendre une tâche particulière, nous avons de la chance si la concentration délibérée peut se transformer en concentration spontanée et s'appuyer librement de plus en plus sur nos forces jusqu'à ce que la tâche soit terminée.

Quand la personnalité est divisée devant une situation donnée, de telle sorte que la partie qui essaie d'entreprendre la tâche se heurte à une résistance qui la mine, l'énergie qu'on possède ne peut pas se concentrer librement sur l'objet de l'attention, car une partie  est déjà fixée sur autre chose peut-être précisément sur l'impossibilité d'achever la « tâche » choisie. Cette interférence, la personne se concentrant délibérément l'expérimentera comme une « distraction » et elle devra alors utiliser une partie de son énergie disponible pour réduire au minimum l'influence contraire de la distraction. Notez bien ce qui se produit en termes d'énergie totale de l'organisme. Cette dernière souffre d'une triple division : une partie se consacre à la tâche donnée, la seconde se dépense à vitaliser la résistance et la troisième à lutter contre la résistance. Notez aussi que ce qui, pour la personne qui se concentre délibérément, constitue des « distractions », représente, pour la partie résistante, des « attractions » vers autre chose que la tâche ou vers la lutte plutôt que vers l'accomplissement de la tâche. Comme l'énergie totale se consacre de plus en plus à la bataille contre la « distraction attrayante » et, de ce fait, n'est plus disponible pour continuer à travailler selon la ligne choisie, on éprouve une irritabilité et une colère croissantes, jusqu'à ce qu'on se décide à abandonner la tâche ou qu'on explose.

En d'autres termes, quand on se force à faire quelque chose qui, en soi, n'attire pas l'intérêt, l'excitation s'accumule, non pas vers cet objet de l'attention « choisi », mais vers la lutte contre la « distraction » qui peut vraiment enflammer l'intérêt. (Quand cette excitation montante explose finalement en colère, elle se tourne souvent contre un spectateur innocent, comme si c'était lui la « distraction ».) Pendant ce temps, comme l'excitation se concentre de plus en plus sur la suppression du perturbateur, l'objet sur lequel on se concentrait perd de plus en plus de son intérêt. En bref, on s'ennuie.

L'ennui se produit quand l'attention se dirige délibérément vers quelque chose sans intérêt. La situation qui pourrait devenir intéressante est effectivement bloquée. Il en résulte la fatigue et, finalement, la transe. Soudain, l'attention s'évade de la situation ennuyeuse dans la rêverie. Le signe de l'attention et de la concentration spontanées, c'est la formation progressive d'une relation figure/fond, qu'il s'agisse de sentir, de faire des plans, d'imaginer, de se souvenir ou de se livrer à une activité pratique. Si l'attention et l'excitation sont présentes et travaillent ensemble, l'objet de l'attention devient une forme de plus en plus brillante, unifiée, distincte, sur un fond de plus en plus vide, peu remarquable et inintéressant. On appelle cette sorte de forme unifiée sur un fond vide, une « bonne forme ».

Mais les gestaltistes eux-mêmes ne se sont pas, en général, intéressés suffisamment à la signification du fond. Ce dernier est tout ce qui progressivement est éliminé de l'attention dans une situation vécue. Dans la relation figure/fond, la figure et le fond ne sont pas statiques, mais changent au cours d'un développement dynamique.

Prenons une expérience aussi simple que l'observation d'une forme visuelle — par exemple, un carré sur un tableau noir. Quand le carré devient net et clair, le « tout éliminé » en vient à inclure le tableau, la pièce, son propre corps, toute sensation autre que cette vision particulière, et tout intérêt autre que l'intérêt momentané pour le carré. Pour que la gestalt soit unifiée et brillante — une « forme prégnante » —, il faut que tout ce qui constitue le fond devienne progressivement vide et peu attirant. Le brillant et la clarté de la figure proviennent de l'excitation-de-voir-le-carré obtenue en vidant le fond.

On pourrait grossièrement comparer l'attention diffuse qui marque le début du processus figure/fond à un panneau de verre dont la surface est éclairée également. Supposons alors que le panneau de verre se transforme peu à peu en une lentille. La surface tout entière s'obscurcirait pendant que l'endroit sur lequel la lentille converge s'illuminerait. Aucune énergie supplémentaire en unité lumière ne serait requise, mais les rayons convergeraient de plus en plus de la périphérie vers le point brillant, intensifiant l'énergie à cet endroit. Cette analogie est limitée dans la mesure où nous n'avons pas supposé l'existence d'un objet qui expliquerait la sélection de l'endroit particulier sur lequel la lentille concentre la force de son intensité. Dans la situation organisme-environnement, c'est bien sûr la pertinence des objets de l'environnement vis-à-vis des besoins de l'organisme qui détermine le processus figure-fond. À cet égard, notre exemple du carré sur un tableau noir est banal à moins que nous n'inventions des circonstances extraordinaires. Nous l'utilisons simplement pour montrer que le processus figure/fond n'est pas réservé à l'extraordinaire et au dramatique.

Nous suggérons que vous vérifiiez nos affirmations ci-dessus, concernant la formation d'une gestalt, de la manière suivante :

Pendant une brève période, regardez un objet — par exemple une chaise. Remarquez comme elle se clarifie en obscurcissant l'espace et les objets alentour. Puis tournez votre attention sur un objet proche et observez comment, à son tour, il commence à se différencier. De même, prêtez attention à un son et remarquez comme les autres bruits s'atténueront. Finalement, faites attention à une sensation corporelle, un élancement ou un grattement, et observez comment ici aussi, le reste de vos sensations s'efface à l'arrière-plan.

La relation dynamique, libre, entre la figure et le fond, peut être interrompue, évidemment, de deux façons : a) en concentrant son attention trop fixement sur la figure de telle sorte que le fond ne peut susciter un nouvel intérêt. (C'est ce qui se produit dans l'attention délibérée.) Ou b) le fond contient certains pôles d'attraction assez puissants pour qu'on ne puisse les ignorer, et, dans ce cas-là, ils distraient ou doivent être supprimés.

Examinons chacun de ces cas :

a) Regardez fixement n'importe quelle forme, en essayant d'appréhender précisément sa forme et rien d'autre. Vous observerez qu'elle devient bientôt floue et que votre attention se dirige vers autre chose. D'un autre côté, si vous laissez votre regard jouer autour de la forme, en la plaçant dans différents contextes, cette dernière s'unifiera dans ces différenciations successives, deviendra plus claire et sera mieux perçue.

De même qu'un objet, quand on le regarde trop fixement devient flou, de même il perd de sa netteté quand il a retenu l'attention par l'excitation brute d'un récepteur. Par exemple, le bruit continuel d'une sirène. Ce n'est pas la violence physique qui provoque « la fatigue » mais le manque essentiel d'intérêt — l'incapacité d'enrichir la figure à partir du fond. Quand un compositeur souhaite maintenir un fortissimo — peut-être beaucoup plus fort qu'une sirène — il retient l'attention en variant les timbres et l'harmonie. Similairement, en étudiant spontanément un tableau ou une sculpture, nous laissons notre regard flotter et bouger autour de l'objet. Si nous ne permettons pas un libre changement et jeu d'observation, la conscience s'obscurcit. C'est ainsi que de la concentration délibérée, qui ne tend pas à devenir spontanée, naissent la fatigue, la fuite et, pour compenser le tout, la fixité du regard.

Pendant la guerre, un certain nombre d'aviateurs se plaignaient de maux de tête intenses au cours des atterrissages de nuit. Ces maux de tête étaient dus à la concentration délibérée des pilotes, qui fixaient leur regard. Quand on leur enseignait à regarder çà et là, autour de la piste d'atterrissage -- c'est-à-dire, quand ils cessaient de regarder fixement —, ils n'avaient plus mal à la tête et leur vision s'éclaircissait. Quand on persiste à fixer une forme jusqu'au point de la complète disparition de la relation figure/fond, il arrive qu'on plonge dans l'inconscience, ou la transe hypnotique.

b) La difficulté opposée, dans la formation libre de la relation figure/fond, c'est l'incapacité de vider le fond de tout contenu. Le résultat est que la forme ne peut s'unifier. En poussant ceci à l'extrême, on aboutirait au chaos. Il n'est pas facile d'expérimenter l'environnement comme un chaos, parce que, pour des raisons pratiques, il nous faut toujours découvrir des unités différenciées (gestalts). Vous pouvez éprouver ce sentiment de chaos en regardant certaines peintures modernes qui, à cause de votre éducation, ne retiennent pas votre attention. Vous fuyez le sentiment de chaos, parce que vous le trouvez douloureux ou grotesque. 

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

samedi 1 septembre 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (quarante-cinquième partie).




Une poubelle


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois passionnant, précis et instructif sur la création de la Gestalt-thérapie. Je voudrais vous en faire part à travers divers articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci.


Voici le résumé de ce livre.

Chaque individu a deux systèmes qui lui permettent d'être en contact et de communiquer avec le monde. L'un est constitué par les sens, c'est le système sensoriel, la conscience, les moyens de découverte, un système qui existe afin de s'orienter.
Ce système ne conduit pas à l'intérieur de façon réflexe. Les images ou les bruits du monde ne pénètrent pas en nous automatiquement, mais de façon sélective. Nous ne voyons pas ; nous cherchons des yeux quelque chose, nous fouillons du regard, nous scrutons. Nous n'entendons pas tous les sons du monde, nous écoutons.
Si l'image du premier plan est très saillante, si nous sommes fascinés par le spectacle ou par certains sons, l'arrière-plan retombe dans l'oubli.

La même chose s'applique au système moteur, au système musculaire, avec lequel nous abordons, saisissons, détruisons le monde, jouons avec et lui faisons face.
Les deux systèmes coopèrent et sont interdépendants. Quand nous regardons, nous remuons les globes oculaires et la tête. En écoutant, nous relevons la tête et la tournons dans la direction d'un bruit ; nous pouvons même nous forcer à voir et à entendre.
Notre pseudo-division — nous avons affaire, en réalité, à un ensemble coopératif — en système d'orientation et en système de maîtrise, nous fournit à présent une meilleure orientation à l'égard de la relation de l'homme à sa culture. L'homme a développé les deux systèmes. Pour mieux s'orienter, on a inventé le microscope et le télescope, les cartes et le radar, la philosophie et les encyclopédies, etc. Pour mieux réussir à faire face, nous avons inventé symboles et langage, outils et machines, ordinateurs et courroies transporteuses, etc.

L'accroissement, de loin, le plus important du potentiel de l'homme a été la découverte de la rationalité, y compris la logique, la mensuration et autres jeux de nombres. Également important a été l'usage, bon ou mauvais, de son imagination : inventions au service de la construction comme de la destruction, art qui enrichit ou avilit les relations de l'homme avec la beauté. Les religions et les codes moraux destinés à libérer ou à restreindre les interactions des hommes apparaissent comme un mélange d'imagination et de rationalité. Il faut nier catégoriquement tout caractère absolu du bien comme du mal.

Le Grand Chef. — Qu'est-ce que tu fais là à rêver ? Je sais que tu mijotes quelque chose à propos d'éthique.
Le sous-fifre. — Oui, en effet. Mais il est minuit et je suis fatigué. 
Le Grand Chef. — Eh bien, va te coucher !
Le sous-fifre. — Pas le courage. J'aimerais bien casser la croûte.
Le Grand Chef. — Pauvre Fritz ! Si j'ai le temps, demain, je te plaindrai !
Le sous-fifre. — Gros malin ! Je sais que je n'avais qu'à ne pas me fourrer là-dedans, mais imagine un peu si l'on avait des films et des enregistrements de Freud, de Jung et d'Adler, est-ce que ça ne serait pas intéressant ? On n'en serait pas à essayer de deviner ce qu'ils ont voulu dire, à ne s'appuyer que sur des descriptions verbales. Tu sais pas, Grand Chef, je commence à me sentir plus à l'aise avec toi. Désormais, je vais t'appeler G.C., et moi S.F., et nous allons pouvoir causer.
G.C. — D'accord. Et maintenant, parle-moi un peu de tes « lecteurs » ?
S.F. — Je pourrais t'attribuer une grande partie de ce qu'ils disent. Tu es moi, de toute façon, et le lecteur aussi, probablement, puisqu'il existe surtout dans mon imagination.



Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.


jeudi 30 août 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (quarante-quatrième partie).





Fritz Perls


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois passionnant, précis et instructif sur la création de la Gestalt-thérapie. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci.

Voici le résumé de ce livre.

J'en ai marre. Jetons carrément toute la poubelle dans une super-poubelle et finissons-en.
Le Grand Chef. — Fritz, tu ne peux pas faire ça ! Encore un manuscrit inachevé ! Lecteurs ou pas, éditeurs ou pas, tu as eu du plaisir, des aperçus nouveaux, des découvertes. Et si les autres en profitaient ?
Le sous-fifre. — Ce n'est pas la question. Je deviens obsédé par les mots et je commence à les choisir. Ce que je vois, sens et me rappelle est exprimé d'un point de vue d'écrivain. Ce matin, je me suis senti proche de la folie. Les mots grouillaient partout sur moi comme des termites.
Le Grand Chef. — Je suggère d'autant plus que tu continues. Tu as eu des moments où les mots, les sentiments et les pensées se présentaient d'un seul tenant, sous une forme poétique. Si tu es coincé entre le verbal et le non-verbal, alors considère l'impasse où tu te trouves, mets en pratique ta théorie.
Le sous-fifre. — La discipline et la contrainte ? Ce n'est pas là ce que je prêche.
Le Grand Chef. — Qui parle de prêcher ? Tu as dit toi-même, maintes et maintes fois, que toute maladie mentale était le résultat d'un comportement phobique. Tu déclares sans cesse que Freud n'a pu terminer son travail, en dépit de toutes ses découvertes, parce qu'il était la proie de graves phobies. A présent, tu deviens phobique toi-même, tu cherches à éviter la douleur d'une corvée, le risque d'un camouflet.
Le sous-fifre. — Tu as raison et tu as tort. Je pense bien que je deviens phobique quand les choses frisent la démence. Je n'ai pas envie de devenir fou.
Le Grand Chef. — Cesse de dire des bêtises, et tout de suite ! Tu sais que tu es presque un cas limite. Tu sais que tu as eu le courage de t'approcher à plusieurs reprises des frontières de la folie. Tu sais que tes rêves sont schizos. Tu veux étudier la schizophrénie. Tu sais comment, en dépit de tout ce qu'il y a chez toi de pathologique, tu as réussi à devenir un être dont beaucoup sont jaloux. Et, surtout, ton rôle sur terre n'est pas terminé ! Tu commences à avoir une place dans l'Histoire, au moins en psychologie, peut-être en philosophie.
Le sous-fifre. — Bla-bla-bla, blaaa... !
Le Grand Chef. — Allons, Fritz, ne me mets pas en colère et ne fais pas le vilain gosse.
Le sous-fifre. — Ha, ha, ha, ha ! Je t'ai eu ! Je peux jouer au maître, je peux jouer à la pute. Mais pas au vilain gosse.
Le Grand Chef. — Eh bien, tu es trop futé pour moi ! Alors fais ce que tu veux !
T'inquiète pas, c'est ce que je vais faire. Et je me sens mieux après cette conversation. Je vais faire comme s'il n'y avait pas de bombe atomique à l'arrière-plan et que je vive toujours. Cela, au moins, allégera la tension de ce que j'écris.
Et je vais commencer par m'attaquer au principal point d'appui des béhavioristes et de leur orientation en miettes. Le fameux arc réflexe, ou la réaction au stimulus, ou le sou dans la fente de la machine. Avec l'arc réflexe, système de rue à sens unique avec influx sensoriel et réponse motrice, nous sommes transformés en robots irresponsables, prêts à être manipulés par les presse-boutons. Il est vrai qu'aux échelons inférieurs, nous avons des réponses d'apparence automatique : quand ça démange, on se gratte. Mais le fait même qu'on puisse se retenir de se gratter montre qu'il y a de la conscience impliquée dans l'affaire.


Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.


dimanche 29 juillet 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (quarante troisième partie).






Casque de l’armée allemande (1914-1918).


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois passionnant, précis et instructif sur la création de la Gestalt-thérapie. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci.


Voici le résumé de ce livre.

En 1914, quand la guerre éclata, j’étais déjà étudiant en médecine. Le conseil de révision me certifia « apte » pour la territoriale, ce qui est même au-dessous de la réserve. J’étais plutôt voûté, avec le cœur petit, une élongation. J'avais du mal à soutenir l'effort requis par les sports violents et je leur préférais tous les types de sports d'équilibre.

Je n'avais aucune intention de devenir un soldat et un foutu héros sanguinaire. Aussi je m'offris comme volontaire pour la Croix-Rouge, afin de servir hors de la zone des combats. Je passais une grande partie de mon temps à Berlin, où je continuais mes études. Après un voyage de quatre semaines jusqu'à Mons sur la frontière franco-belge, j'en eus marre et rentrai à Berlin sans permission ; mais, convaincu que la Croix-Rouge était un organisme semi-privé, je me croyais en règle. Quand je fus pris, je déclarai avoir mal à la jambe et me mis à boiter plutôt en amateur. Je fus envoyé au professeur Schleich, que j'admirais comme un des rares qui, même avant Groddeck, s'intéressaient à la médecine psychosomatique. Il me fit une piqûre subpéritonéale si douloureuse que je n'en contestai pas l'efficacité.

Je repartis vers Mons par un train poussif qui devait sans cesse s'arrêter pour laisser passer les trains de troupes et de munitions. Rien à manger. J'étais si épuisé et je m'endormis si profondément qu'il me fallut plusieurs minutes pour m'orienter lorsqu'on me réveilla. Quelle sensation bizarre ! Je regardai fixement les gens, les parois du wagon ; j'étais complètement dépersonnalisé, j'avais perdu tout sentiment, tout semblait absurde.

A Mons, j'étais de service à la gare, je servais le café et d'autres rafraîchissements aux blessés qui revenaient du front. Quand je voulus donner un peu d'eau aux soldats britanniques blessés, les blessés allemands m'en empêchèrent. Ce fut mon premier contact avec l'inhumanité de la guerre, mon premier choc.

Une jeune fille belge tomba amoureuse de moi et brava le mépris de ses compatriotes. Elle était passionnée et me suppliait : « N'allez pas dans la guerre, chéri, n'allez pas » (en français dans le texte). A l'époque, je me débrouillais bien en français et servis souvent d'interprète, mais cela m'arriva surtout plus tard, dans l'armée.

En 1916, les fronts étaient gelés. De plus en plus d'hommes étaient mobilisés. J'avais un ami. Il me faudra, par la suite, parler plus longuement de lui. Pour l'instant, je ne me souviens pas de son prénom. Son nom de famille était Knopf. Nous décidâmes de nous engager dans l'armée avant l'appel. Il choisit l'intendance et fut tué dans un accident. Je choisis le bataillon Luftschiffer où l'on s'occupait des zeppelins qui, à vrai dire, jouèrent un rôle négligeable dans la guerre.

Le sergent de mon peloton m'avait à la bonne. Je l'impressionnais parce que j'étais étudiant en médecine : « De toute manière, vous ne serez pas longtemps ici, vous allez être transféré dans le service de santé. » Mais je lui en imposais davantage par mes capacités de tireur. Quand le capitaine vint nous inspecter, il me fit mettre en position de tir. A vrai dire, si, en position couchée avec appui, je suis bon tireur, en revanche je manque de stabilité en position debout.

La chose la plus désagréable se produisit avec notre lieutenant. Pour aider à financer la guerre, l'empereur avait lancé un slogan : « J'ai donné de l'or pour avoir de l'acier. » On nous promit un jour de permission pour chaque pièce d'or que nous apporterions. Je finis par réunir quatre pièces d'or de 10 Marks. Quand je demandai ma permission, on me renvoya au lieutenant qui me répondit : « Pas d'impertinence, espèce de cochon ! Vous devriez être heureux de servir la mère patrie ! Demi-tour ! Marche ! » J'ai eu plusieurs rencontres de ce genre avec des officiers allemands. Il n'y a aucune race au monde qui puisse égaler cette arrogance à monocle.

Je trouve cette histoire de guerre fatigante et rasoir. Si seulement quelque chose d'intéressant pouvait surgir ! Un peu de théorie, un peu de poésie, mais je m'en tiens à ma promesse de n'écrire que ce qui se présente. Après tout, personne ne peut déterminer l'ordre dans lequel sa merde va sortir.

Cependant, il y a une loi et un ordre dans la nature. Les excréments proviennent de l'accumulation des surplus inutilisés ou inutilisables de notre nourriture, et ils sortent plus ou moins dans le même ordre qu'à l'ingestion. La différence entre ce qui est consommé et ce qui est expulsé est utilisée par l'organisme pour se nourrir. Elle a été assimilée : elle est devenue partie du Soi. La transition de la Z.E. à la Z.M. a été accomplie.

L'une des raisons qui font que le système freudien ne peut fonctionner, c'est l'omission du fait de l'assimilation. Freud ne sort pas de la mentalité des cannibales qui s'imaginent que manger un guerrier brave va leur donner du courage.

Freud a une zone orale et une zone anale, et rien entre.


Je me suis levé tôt, je relis ce dernier passage. « Ça » ne me plaît pas. C'est rasoir à lire comme un devoir de classe : zone orale et anale — rasoir, rasoir, rasoir ! Pourquoi ne pas dire simplement : « Freud, vous avez une bouche et un trou du cul. Et une grande gueule ! Et moi aussi. Et vous êtes un trou-du-cul, et moi aussi. Quels cons nous sommes à nous prendre tellement au sérieux ! Comme si l'humanité attendait après nos belles théories ! »


Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.


Pour attirer les personnes adéquates dans votre vie, il vous suffit d'être vous-même (traduction d’un article du site « Rincon del Tibet »).



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Une image du site "Rincon del Tibet"


  
Cet article est une traduction d'un texte du site « Rincon del Tibet ». 

 Il est la suite de celui-ci.  

 Pour attirer les personnes adéquates dans votre vie, il vous suffit d'être vous-même.

Nous nous soumettons souvent à un moule qui ne nous correspond pas. En cherchant l'acceptation, en attendant l'approbation des autres avant la nôtre, nous éteignons notre essence et avec elle, nous oublions de plus en plus qui nous sommes réellement.

Il est difficile de nager à contre-courant, de rompre avec les paradigmes sociaux, culturels et religieux. Plusieurs fois dans notre tentative d'être nous-mêmes ou du moins de découvrir un peu ce qui nous est inconnu, nous sommes considérés comme des spécimens rares, comme des erreurs du système, sans que nous percevions que ce qui est normal n’est pas nécessairement le meilleur.

Tant que nous nous préoccupons davantage de donner une image qui soit le mieux acceptée, nous  obtiendrons un amour, un travail, une position, une reconnaissance qui correspondront à cette image, nous allons attirer dans nos vies ce que nous projetons, et nous ne serons pas acceptés pour ce que nous sommes et par conséquent pas aimés pour ce que nous sommes. Dans notre vie arrivera tout ce qui s’accorde à cette fréquence.

Il suffit de montrer un peu ce que nous sommes réellement, d'écouter nos cœurs, en laissant de côté nos peurs, les limitations que nous nous imposons, la préoccupation de ce qu'ils diront, pour que nous commencions à vivre une vie différente, différente de manière positive.

Lorsque nous apprenons à extérioriser notre essence, tout commence par miracle à s’adapter : nos objectifs sont clairs, ce que nous aimons semble nous tendre la main, les opportunités se présentent très rapidement et les gens qui ne correspondent plus à notre vrai « Moi » s'éloignent simplement, en laissant de la place pour ceux qui sont appropriés pour la nouvelle phase de nos vies.

Il est reconnu que se débarrasser de quelque chose peut générer une certaine résistance, même quand on sait que ce « quelque chose » est gênant. Nous pouvons ressentir la peur de la perte, nous pouvons vouloir rester dans notre zone de confort et même nous résigner à ce qui correspond à ce que nous pensons mériter. Mais il est nécessaire de nous donner la valeur que nous méritons vraiment et de prendre les mesures qui nous rapprochent de ce que nous sommes.

Être nous-mêmes est la seule chose qui nous permet de garantir que nous tirerons le meilleur parti possible de notre expérience de vie, en nous entourant de ceux qui doivent être proches de nous dans notre voyage.

Apprenez à vous connaître, réinventez-vous si nécessaire, mais ne cessez jamais de suivre l'appel de votre âme qui vous parle à travers le cœur, en essayant de vous guider vers les meilleurs chemins pour vous.



 Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous !