jeudi 5 juillet 2018

Compte rendu du livre « L’énigme du zodiaque » de Jacques Sadoul (première partie, calcul d’un thème astral).

Certaines personnes ont trouvé très complexes les calculs pour la détermination de l’Ascendant d’une personne en astrologie védique que j’ai détaillés dans un article de ce blog à partir du livre « Jyotish, astrologie de l’Inde, volume 1, fondements philosophiques et techniques » du Pandit Vishwanath Shastri. 

Je vous propose aujourd’hui la confection d’un thème astral selon la méthode occidentale en m’inspirant du livre de Jacques Sadoul, « L’énigme du zodiaque ».  

Voici en pratique comment l'on opère. Il faut posséder des éphémérides de l'année de naissance de la personne dont on veut calculer le thème astral. Au jour de naissance, mettons par exemple le 14 décembre 1970, on trouve l'indication : Temps sidéral à minuit = 5 h 29. Cela signifie que lorsqu'il est minuit au Soleil, à l'Observatoire de Greenwich pris pour référence, il est 5 h 29 exprimé en temps sidéral. Il suffira donc pour obtenir l'heure sidérale de naissance d'additionner à ce temps l'heure réelle de naissance, mais exprimée en temps moyen de Greenwich, ceci à cause des différences d'heures légales et des fuseaux horaires. Par exemple, cette naissance a lieu à Paris à 15 h 30, il faudra ajouter 9 mn 20 s, qui est la différence horaire qui nous sépare de Greenwich, et il ne faudra pas oublier que l'heure légale en France avance d'une heure par rapport au Soleil, nous aurons donc le petit calcul suivant, qui est assez compliqué à expliquer, mais très facile à faire :

Enfant né à 15 h 30 à Paris. Soit à 14 h 30 au Soleil. Soit à 14 h 39 mn 20 s en heure de Greenwich. Donc cet enfant est né 14 h 39 mn 20 s après minuit ; or, en temps sidéral, à minuit il était 5 h 29 mn, donc le temps sidéral de naissance sera : 5 h 29 mn + 14 h 39 mn 20 s = 20 h 8 mn 20 s.

Il nous suffira alors de prendre une table des Maisons pour la latitude de Paris, soit 49° environ, et en face du temps sidéral 20 h 8 mn 44 s, qui est le plus proche de celui que nous ayons calculé, nous trouverons : Milieu du Ciel à 0° Verseau, Ascendant à 29° 7' Taureau, ainsi que les pointes des Maisons XI, XII, II et III. Les points diamétralement opposés dans le zodiaque nous donneront les six autres pointes de Maisons. On voit donc en pratique que, une fois faite la petite addition aboutissant à l'expression en temps sidéral de l'heure de naissance, domifier un thème est une opération qui demande seulement une ou deux minutes.


Un extrait de la "Table des maisons".




Un extrait des "Ephémérides" du mois de décembre 1970.




La suite des "Ephémérides" du mois de décembre 1970.




Carte du ciel complète





Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

mercredi 4 juillet 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (trente-deuzième partie).





Gaz asphyxiants dans les Flandres.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois passionnant, précis et instructif sur la création de la Gestalt-thérapie. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci. 

Voici le résumé de ce livre.

Premier lecteur. — Hé ! là ! arrête ce bla-bla-bla sentimental ! J'ai payé pour pouvoir jeter un coup d'œil sur ce que tu as fait. Tu as quitté le Japon, et ensuite où es-tu parti ?

Fritz. — A Hong Kong, bien sûr.

Deuxième lecteur. — Tu as dû faire pas mal d'achats intéressants ?

Fritz. — Oui et non. J'ai trouvé un manteau pour trente dollars, mais il était trop étriqué. Et j'ai acheté un smoking blanc que j’ai utilisé pour les dîners à bord, mais depuis il est resté accroché des années dans ma penderie avant que je m’en serve.

Troisième lecteur. — Quelle était alors la situation politique ?

Fritz. — Je ne m'en souviens pas. Je suis allé pour me marrer voir les fils de fer barbelés qui séparent la Chine de la colonie de la Couronne, rien que pour pouvoir dire que j'avais jeté un coup d'œil sur la République populaire.

Le troisième lecteur, à nouveau. — Y avait-il beaucoup de réfugiés de Chine populaire ?

Fritz. — Oui, ils vivaient sur les collines dans des cabanes terriblement surpeuplées ou des sortes d'H.L.M. plus que bondées. Eh ! les gars, mais qu'est-ce que vous faites ? Vous voilà comme des journalistes, à me poser des questions, comme à un V.I.P. qui leur fait l'aumône de ses réponses...

Les trois lecteurs ensemble. — Calme-toi, Fritz ! D'abord, nous sommes un produit de ton imagination. Et c'est toi qui te prends pour un V.I.P.

Fritz. — Bon, bon, je l'admets. Voulez-vous que je profite de l'occasion pour parler des projections ?

Les lecteurs. — Non, non. Nous voulons que tu continues de raconter ton voyage autour du monde. Tu as dit que la flèche était prête à bondir vers son but, Esalen, bien avant que tu y arrives, et que cela n'était pas sans rapport avec ton voyage autour du monde.

Fritz. — C'est juste. En dépit de ma nature toujours agitée de bohémien, je cherchais un endroit où planter ma tente pour quelque temps. J'avais pensé à Kyoto et à ses charmants habitants, et aussi à Eilat, en Israël.

Lecteurs. — Ha, ha ! Le vieux juif qui revient sur la terre de ses pères. Nous qui te prenions pour un athée !

Fritz. — C'est juste. Bien que j'aie eu au moins une expérience religieuse dans ma vie, en 1916, dans les tranchées des Flandres. J'étais médecin, attaché au 36° bataillon de Pionniers. C'était une unité spécialement entraînée pour attaquer l'ennemi avec des gaz asphyxiants. Mon ordre original de rester auprès de l'officier médical de la troisième tranchée fut changé et je dus me rendre à la première tranchée, la plus dangereuse. Nous étions épaulés par deux compagnies de lanceurs de gaz. A trois heures du matin, nous fîmes une attaque aux gaz, mais, en l'espace de quelques minutes, nous fûmes soumis à un tir de barrage britannique. Deux heures d'enfer, et pourtant je n'ai pas eu beaucoup de blessés à soigner. J'ai eu moi-même une blessure superficielle au front, qui est encore visible, sauf quand je suis bronzé ; sur quelques photos, on dirait un troisième œil. Plus tard, j'ai appris que la troisième tranchée avait reçu un coup au but et que le médecin et ses deux assistants avaient été tués.

Pendant notre retour, un lever de soleil d'une beauté stupéfiante. Je sentis la présence de Dieu. Ou était-ce de la gratitude, ou bien le contraste entre la canonnade et ce silence serein ? Qui peut le dire ?
De toute façon, ce n'était pas assez pour me convertir. Goethe a peut-être raison quand Faust répond à Marguerite :

Religieux est l'homme
Qui se voue à l'art
Ou encore s'il le peut
S'appuie sur la science experte.
Mais sans un tel soutien,
Un homme à qui est échu
Un vide qu'il ne peut remplir
Un tel homme a besoin de croire en Dieu.

Voilà qui est bien mal traduit. Goethe est le seul poète que personne ne puisse traduire. Il a une unité de langage, un rythme, une sensibilité dont la subtilité disparaît dès qu'on lui fait parler une autre langue.

Non, mon retour n'était pas celui du juif dans sa patrie, bien que pendant quelque temps j'aie caressé l'idée de m'installer en Israël. Mais pour moi, et non pour le pays ni pour ses habitants.

Ma relation avec le judaïsme et les juifs est tout ce qu'il y a de moins définie. Je connais assez bien l'histoire allemande, grecque ou romaine. Quant à l'histoire du peuple juif — je ne puis même pas dire de mon peuple, tant je m'identifie peu avec lui —, je n'en sais pratiquement rien. Les juifs d'Europe orientale, avec leurs caftans et leurs « payes » (longs favoris bouclés) tels que je les vis dans ma jeunesse, avaient pour moi quelque chose d'étrange et d'inquiétant, d'effrayant même, comme les moines. Ils n'appartenaient pas à mon univers. Et pourtant j'aime les histoires juives et leur féconde vivacité d'esprit.

Des Israéliens viennent souvent à mes séminaires, et j'ai un préjugé en leur faveur, surtout s'ils sont Sabra (nés en Israël). J'ai de l'estime et de la vénération pour le juif droit qui ne fait qu'un avec sa religion, son Histoire et son mode de vie. Leur sionisme a un sens, bien que je persiste à le considérer comme une manifestation de sentimentalité dépourvue de réalisme et de bon sens.

La plupart des juifs ne sont pas venus en Israël dans un esprit sioniste. Ils arrivèrent en tant que réfugiés fuyant Hitler, et il y a beaucoup d'endroits au monde où leur ingéniosité aurait pu faire fleurir plus facilement les déserts, en semant moins d'hostilité. Mais, à tout prendre, je te salue, Israël, toi et ton esprit Makabbi.


Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.


Remèdes astrologiques (traduction du blog de Vrajabasi Das, astrologue védique, cinquième partie).




Les grahas.



Ce texte est la traduction d’un article du blog de Vrajabasi Das, astrologue védique par le mentaliste Jean-François Gérault.

Il est la suite de celui-ci.

Remèdes astrologiques

L'astrologie védique est une science millénaire qui fait partie de la tradition culturelle et religieuse de l'Inde. C'est l'étude de la Lumière Divine à travers les luminaires mineurs (les étoiles). Il serait nécessaire d’écrire longuement sur le Jyotish (astrologie védique) pour comprendre adéquatement, ce qui n'est pas envisagé dans ce blog. Une étude consciencieuse de cette science et de sa pratique seront par la suite nécessaires au lecteur.

Mais pour le bénéfice du grand public, j'ai décidé de publier cet article du blog dans lequel nous aborderons la question des remèdes en astrologie védique.

Dans un langage simple et sans complications, je présenterai différentes alternatives pour « apaiser » les planètes.

Les planètes (grahas) sont considérées comme des êtres ayant une vie et une intelligence qui leur sont propres et à travers lesquelles la divinité manifeste le destin humain ou karma.
Nous lisons dans la Bhagavad Gita, un des grands textes sacrés de l'Inde, dans la bouche du dieu Krishna :
«  J'entre dans chaque planète, et grâce à Mon énergie elles restent en orbite, je deviens la Lune, et avec eux je fournis le jus vital à tous les légumes. »
BG chapitre 15 verset 13

Plus encore, dans un antique traité sur l'astrologie védique, le sage Parashara mentionne ce qui suit :

« Le Suprême Esprit Non Né a eu beaucoup de descendants. Janardana, sous la forme de grahas, accorde les fruits du karma aux êtres vivants. »

Brihad Parashara Hora Shastra

Nous voyons donc comment Dieu gère nos destins et nos karmas à travers les énergies planétaires qui sont calculées à la naissance. Cette carte natale est la position des étoiles et leur volonté de nous donner nos fruits de karma. Karma signifie littéralement action, positive ou négative, qui fonctionne pour nous ou non. En fait, une carte de naissance est une image de notre karma à la naissance, la manière dont Dieu la façonne par la position astrale.
À la naissance, nous sommes confrontés aux fruits de nos actions passées (karmas). Ce fruit est prêt à être ingéré et à nous goûtons à notre propre récolte. C'est un peu complexe, mais en résumé nous récoltons ce que nous semons, que nous en soyons conscients ou non.

Les planètes sont des forces puissantes habilitées par Dieu pour nous donner les fruits de nos actions. C'est pourquoi l'ancien texte du Jyotish déclare :

«  Soumises à l'influence des Grahas est l'obtention de la richesse et la chute de l'homme, et la création et la destruction du monde, par conséquent, ils sont dignes d’adoration. »

Brihad Parashara Hora Shastra

Il est ici déclaré que le processus d'adoration des planètes est une manière de faire la paix avec le destin et d'apaiser en quelque sorte les énergies qui pourraient nous être défavorables. Dans ce processus, la chose la plus importante est la réalisation de notre âme selon laquelle nous sommes confrontés à une réalité créée par nous. Une fois que nous obtenons cette réalisation, les planètes sont « satisfaites » parce que la leçon a été apprise.

  
Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Amitiés à tous.


mardi 3 juillet 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (trente et unième partie).



Les résistances en Gestalt-thérapie selon Serge Ginger.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois passionnant, précis et instructif sur la création de la Gestalt-thérapie. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci.

Voici le résumé de ce livre.

Qui plus est, en dépit de son utilité, c'est toute la théorie et la thérapie refoulement qui est à réexaminer.

Le Grand Chef : « Fritz, arrête, qu'est-ce que tu es en train de faire ?
Le sous-fifre. — Qu'est-ce que tu veux dire ?
Le Grand Chef. — Tu sais très bien ce que je veux dire. Tu erres d'un sujet à l'autre. Tu commences par une chose comme l'identification, puis tu mentionnes la confluence. Maintenant je te vois déjà prêt à plonger dans une discussion sur le refoulement.
Le sous-fifre. — Je ne vois toujours pas en quoi ça te gêne.
Le Grand Chef. — Tu ne vois pas ? Mais, mon vieux, je voudrais bien savoir qui serait en mesure de se faire une idée claire de ta thérapie ?
Le sous-fifre. — Tu veux dire qu'il faudrait que je prenne un tableau noir et que je définisse chaque terme et son contraire, clairement ?
Le Grand Chef. — Ce n'est pas une mauvaise idée. Tu pourrais faire ça.
Le sous-fifre. — Non, je ne le ferai pas. Du moins pas à ce stade. Mais je vais te dire ce que je peux faire. Je peux éventuellement utiliser des caractères différents pour ce qui est biographie, philosophie, thérapie, voire poésie.
Le Grand Chef. — Ouais, c'est une idée, du moins.
Le sous-fifre. — Alors, qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Arrêter le cours de la rivière ? Cesser de jouer à mon jeu de la poubelle ?
Le Grand Chef. — Ça ne serait pas une mauvaise idée, si tu voulais bien te discipliner, comme Paul, et écrire :
1)         ta biographie ;
2)         ta théorie ;
3)         les dossiers psychiatriques, ton travail sur les rêves, etc. ;
4)         ta poésie, si c'est vraiment indispensable.
Le sous-fifre. — Va te faire foutre ! Tu me connais mieux que ça ! Je deviens rancunier si j'essaie de faire quelque chose délibérément et par contrainte, je deviens rancunier et me mets en grève. Toute ma vie je n'ai fait que suivre mes impulsions...

Laisse-moi donc voguer et errer sur les flots
De tous les océans du verbe
Et laisse à la barre le capitaine
Qui est l'autorité suprême.

Laisse-moi donc dormir tout mon saoul
Et paresser au petit déjeuner
Et puis braver le vent qui me fait frissonner,
Les vagues, le bateau et les amis à bord.

Et voyager tout seul
Sans femme ni enfants
Sans gourou ni ami
Sans obligation.

Vider toutes mes malles
Et sans trop de bagages
Libéré de cette merde
Qui engage ma vie.

Être et mourir à ma façon
Comptoir de règlement des gens,
Bougre solitaire qui aime à plaisanter
A penser, à jouer, et est là tout entier.

Laisse donc le monde, la cellule, les abeilles
Se remplir de pensées et d'émotions
Et laisse-moi voguer et errer sur les flots
De tous les océans du verbe.

Le Grand Chef :

« J'entends ta supplique,
Je sens tes larmes,
Adieu, vieux marin solitaire.

C'est toi qui fis ton lit
Et qui forgeas tes chaînes.
Jouis de ta danse maladroite.

Adieu pour le moment,
Mais je vais revenir
Te ronger sans relâche,

Jusqu'au dernier jour de ta vie
Où pour toujours nous nous séparerons.
C'est moi que tu as épousé, et non ta femme,
Et tu te croyais intelligent !

Car toi c'est moi et moi c'est toi :
C'est ensemble que nous mourrons. »

Premier lecteur. — Hé ! là ! arrête ce bla-bla-bla sentimental ! J'ai payé pour pouvoir jeter un coup d'œil sur ce que tu as fait. Tu as quitté le Japon, et ensuite où es-tu parti
Fritz. — A Hong Kong, bien sûr.

Deuxième lecteur. — Tu as dû faire pas mal d'achats intéressants ?

Fritz. — Oui et non. J'ai trouvé un manteau pour trente dollars, mais il était trop étriqué. Et j'ai acheté un smoking blanc que j’ai utilisé pour les dîners à bord, mais depuis il est resté accroché des années dans ma penderie avant que je m’en serve.



Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (trentième partie).



Le cycle de l’expérience.


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois passionnant, précis et instructif sur la création de la Gestalt-thérapie. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci.

Voici le résumé de ce livre.

De plus le terme « identification » est un terme descriptif et ne nous dit pas grand-chose de ce qui se passe réellement.

Finalement, ce terme a besoin d'être clarifié davantage : « identification » doit être distingué de « identification à » et d' « être identifié avec ».

Depuis ma rencontre avec Friedlander, j'ai appris l'art des polarisations adéquates. Le contraire de l' « identification avec » c'est l'aliénation. L'aliénation de soi est devenue l'un des termes importants de la psychiatrie existentielle.

L' « identification à » a son contraire : la confluence-distinction opposée à arrière-plan non différencié.

J'utilise le terme « confluence » depuis 1940. Je ne crois pas qu’il ait encore fait son chemin en psychiatrie. En tant que mot, il est facile à saisir, en tant que terme, beaucoup moins. C’est une des catégories du rien.

Je fume. Je fais un rond de fumée. Je puis l’identifier comme tel. Une légère brise commence à l'étirer. Il s'élève, se déforme, s'agrandit, se dilue. Il est encore là, vaguement. II perd ses contours. Il est en train de disparaître. Je dois faire un effort pour ne pas le perdre de vue. Maintenant il a disparu. Disparu ? Non. Il est là, en confluence avec l'air, mais il a cessé d'être identifiable. Il faudrait faire un prélèvement et analyser l'air de la pièce pour en découvrir la substance, bien que sa Gestalt, sa définition, se soit évanouie.

Je quitte la pièce. Au retour, je sens l'odeur de fumée dans l'air. J'ai rétabli le contact. J'ai maintenant conscience que l'air sent la fumée.

Dans la confluence, la conscience est réduite à rien. Dans le contact, la conscience est intense. Avant de revenir dans la pièce, je n'avais pas conscience de l'air enfumé. J'étais isolé, séparé de lui. Ce phénomène est le mieux connu, le mieux étudié de la psychiatrie moderne : répression, blocage, inhibition, compartimentation, scotomisation, les points aveugles, l'amnésie, le trou de mémoire, le mur, les censeurs, etc. La redécouverte du trésor caché est le but de la technique psychanalytique.

Dès que j'enlève l'élément séparateur, je suis en contact avec le phénomène caché, en communication.

Je dois avancer avec prudence, pas à pas, pour rester logique.
Rien d'étonnant qu'à présent l'écriture ne « coule » pas. Je ne m'attends pas non plus à ce que sa lecture soit facile. J'ai souvent dit que les films que je tourne seront mon testament ; mais c'est ce livre qui passe maintenant au premier plan, et le tournage des films a perdu une bonne part de son intérêt. Nous achevons demain un séminaire d'un mois et il semble qu'il nous a valu une bonne série de films intéressants pour faire comprendre la Gestalt-thérapie, mais l'émotion et l'engagement total que j'éprouvais au début à me plonger complètement dans les bandes vidéo et les films ont diminué. Nous avons au moins deux films sur la confluence, un grand nombre sur les fonctions de contact et la guérison, quelques-uns sur la mise à nu.

Le point zéro, ici, c'est la découverte. Toute découverte s'accompagne d'une expérience « Ah ! », d'un choc agréable ou désagréable d'intensité variable. Je persiste à dire qu'apprendre c'est découvrir, mettre à nu quelque chose de « nouveau », par exemple se rendre compte que quelque chose est possible. Le retrait d'un blocage, c'est le recouvrement de quelque chose d' « ancien », de quelque chose qui nous appartient, quelque chose que nous avons aliéné, dont nous avons renié la juste appartenance.

Alors que la thérapie courante se contente du recouvrement comme antidote de l'appauvrissement provoqué par la répression, etc., la Gestalt-thérapie s'intéresse encore davantage à la mise à nu, à la découverte du potentiel caché de l'individu.

Qui plus est, en dépit de son utilité, c'est toute la théorie et la thérapie refoulement qui est à réexaminer.

Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.


lundi 2 juillet 2018

Compte rendu du livre « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans » de Fritz Perls (vingt-neuvième partie).




Contact et retrait en Gestalt-thérapie


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois passionnant, précis et instructif sur la création de la Gestalt-thérapie. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de « Ma Gestalt-thérapie, une poubelle-vue-du-dehors-et-du-dedans »  de Fritz Perls.

Cet article est la suite de celui-ci.

Voici le résumé de ce livre.

Je suis bloqué, ne sachant s'il faudrait parler de mon ami mort, Paul Weiss, qui faisait partie intégrante de mon intérêt croissant pour le Zen, ou continuer à raconter mon voyage autour du monde. Je constate qu'en parlant de Paul mon écriture se fait de plus en plus petite. En effet, je me sentais souvent petit en sa présence.

Paul, si seulement je pouvais faire plus que de vous sortir de ma poubelle. Si seulement je pouvais vous ramener à la vie. Vous étiez solide et authentique, sage et cruel. Généralement, d'une exigence cruelle envers vous-même. Vous vous discipliniez en demeurant dans la posture du lotus, et en exigeant de vous-même une pensée claire et honnête. N'acceptant jamais de compromis pour l'essentiel.

Vous avez été une des rares personnes que j'aie écoutées dans nia vie. Même si ce que vous disiez me semblait absurde sur le moment, je l'encaissais au niveau des tripes et le laissais mûrir. Presque toujours cela portait fruit.

Ses commentaires n'étaient pas toujours critiques. Il me donna une fois un bon coup d'épaule. J'essayais de venir à bout de Heidegger et Paul fit cette remarque : « Qu'as-tu besoin de Heidegger ? Tu as dit la même chose mieux que lui, et plus lucidement. »

Paul et Lotte formaient le plus étonnant des couples. C'était un tombeur, et elle était indestructible. Lotte posait les questions les plus agaçantes avec le plus exquis des sourires (Lotte est douce et charmante, elle fait bien la cuisine viennoise), et il lui tombait dessus avec violence et amour.

J'ai rencontré Lotte pour la première fois après une conférence que j'avais faite à la « Société pour l’avancement de la psychiatrie » sur « la théorie et la technique de l'intégration de la personnalité ». Elle se mit à travailler avec moi. Nous devînmes, et sommes restés, très bons amis.

Paul, qui faisait des recherches sur le cancer, avait une grave névrose obsessionnelle. Il travaillait surtout avec Lore et devint un excellent thérapeute, surtout dans les cas limites. En dehors de la Gestalt-thérapie, il s'était passionné pour le Zen, avait fait plusieurs voyages au Japon et invité ici quelques moines zen. Lotte se plaignait de cette invasion de leur maison si bien tenue.

Dès lors, je devins de plus en plus fasciné par le Zen, sa sagesse, son potentiel, son attitude non moralisatrice. Paul essayait d'intégrer le Zen à la Gestalt-thérapie. Pour ma part, je tentai plutôt de créer une méthode viable d'ouverture vers cette sorte de transcendance humaine de soi, pour l'homme occidental. Je fus encouragé en cela par Aldous Huxley, qui présenta Gestalt-Thérapie comme « le seul livre psychothérapique qui vaille la peine d'être lu ».

Du point de vue du Zen, mon séjour au Japon fut un échec. Cela renforça ma conviction que, comme en psychanalyse, il y a quelque chose qui ne va pas s'il faut des années et des décennies pour n'aboutir à rien. Le mieux qu'on puisse dire, c'est que la psychanalyse engendre des psychanalystes comme l'étude du Zen des moines.

Autant leur valeur à tous les deux, en tant qu'élargissement de la conscience et libération du potentiel humain, doit être affirmée, autant leur efficacité doit être niée. Ces méthodes ne peuvent être efficaces puisqu'elles ne sont pas centrées sur la double polarité du contact et du retrait sur le rythme de la vie.     

Hier je n'avais pas du tout envie d'écrire. J'avais donné à Kay les premières pages de cette section à taper. Après cela, j'avais ressenti un vide, rien pour me guider, rien pour remplir le vide du néant.

Un millier de fleurs en plastique
Ne font pas fleurir un désert     
Un millier de fantômes vides    
Ne remplissent pas une chambre.

Et puis, la nuit dernière, l'exploration tâtonnante a repris, dans différentes directions. Plus que des souvenirs et des expériences, je veux sauver du naufrage ma philosophie de la Gestalt. Je veux me faire comprendre dans un langage accessible à tous. Je veux apporter une théorie vivante qui soit exacte sans être rigide. Je veux, je veux, je veux, moi, moi, moi, moi.

Qu'est-ce que « Moi » ? Une composition d'introjections (comme l'a suggéré Freud), une chose que le neurologue peut localiser dans le cerveau, l'organisateur de nos actions, le capitaine de mon âme ? Rien de cela. Un petit enfant n'a pas encore de « je ». Il parle de lui-même à la troisième personne. Les Esquimaux utilisent la troisième personne du singulier pour « je ».  Certaines tribus du Pacifique Sud disent « ici » à la place de je ».

Nous avons vu que la Gestalt biologique, qui émerge en tant qu'organisateur transitoire, prend le contrôle de l'organisme dans son entier. Chaque organe, les sens, les mouvements, les pensées se subordonnent d'eux-mêmes à tel besoin qui apparaît et, dès que ce besoin est satisfait, tournent casaque et changent de nature, puis se retirent à l'arrière-plan. Dès qu'apparaît le besoin suivant, toutes les parties se mettent à son service, et, chez un être en bonne santé, concourent toutes à l'accomplissement de la Gestalt. Toutes les parties de l'organisme s'identifient temporairement avec la Gestalt émergente.

Un processus similaire se produit au niveau social. En cas de danger, d'inondation, de tremblement de terre, à l'occasion de la célébration d'une victoire, beaucoup de gens s'identifient avec l'événement et y participent, se joignent aux autres pour assister à l'événement et y contribuer.

Le « je », c'est l'expérience de l'image au premier plan. C'est la somme de tous les besoins qui émergent, le comptoir de règlement de leur satisfaction. C'est le facteur qui reste constant dans la relativité des rapports entre demandes intérieures et extérieures. C'est le facteur de responsabilité pour tout ce à quoi il s'identifie : Respons-able, capable de répondre à la situation — pas « responsable » dans le sens moraliste d'accepter des obligations dictées par le devoir.

Dans l'exemple du déséquilibre hydrique : les deux affirmations « J'ai soif » et « Je n'ai pas soif » sont non pas des contradictions logiques, mais des états différents de déshydratation ou de non-déshydratation.

Jusqu'ici, tout va bien ! Nous reconnaissons que « je » n'est pas une chose statique, mais le symbole d'une fonction d'identification. Cependant, nous ne sommes certainement pas sortis de l'auberge. Tout d'abord, quand Freud parle d'introjection totale, il veut dire aussi processus d'identification. Si une jeune fille a introjecté sa mère, dit-il, elle s'identifie tellement à elle qu'elle se comporte « comme si » elle était sa mère.
De plus le terme « identification » est un terme descriptif et ne nous dit pas grand-chose de ce qui se passe réellement.

Finalement, ce terme a besoin d'être clarifié davantage : « identification » doit être distingué de « identification à » et d' « être identifié avec ».

Il semble à présent que nous ayons à jouer à des jeux d'adaptation sémantique.           Un des buts de ma philosophie est d'être cohérente, c'est-à-dire applicable à tous les événements qui se produisent, dans le monde inorganique aussi bien que dans le monde organique. Plus le support intellectuel embrassera de choses, moins il y aura d'instabilité au niveau plus élevé des superstructures.

Depuis ma rencontre avec Friedlander, j'ai appris l'art des polarisations adéquates. Le contraire de l' « identification avec » c'est l'aliénation. L'aliénation de soi est devenue l'un des termes importants de la psychiatrie existentielle.


Voilà. C’est tout pour le moment comme dans les séries télé américaines ou les romans-feuilletons du dix-neuvième siècle. Amitiés à tous.