mercredi 23 mai 2018

Vingt notions de base en Gestalt-thérapie (cinquième partie) (Le cycle de l’expérience, Gestalts inachevées).




Un livre de Fritz Perls

Des amis m’ont dit que certains concepts de la Gestalt-thérapie étaient pour eux difficiles à comprendre. C’est pourquoi j’ai décidé d’entamer une suite d’articles définissant 20 notions de base de la Gestalt-thérapie selon la classification adoptée par Serge Ginger dans son livre « La Gestalt, l’art du contact » 

Cet article est la suite de celui-ci. 


Concept 7 : Le cycle de l'expérience.

Toute action individuelle ou interaction relationnelle se déroule en plusieurs phases, constituant le cycle de l'expérience — encore nommé, selon les auteurs : cycle du contact ou cycle de satisfaction des besoins. Perls et Goodman distinguaient quatre phases principales : le pré-contact, la prise de contact, le plein contact et le post-contact.

Ce cycle-type ne se déroule pas toujours d'une manière régulière : pour Perls et Goodman, la pathologie est l'étude des aléas au cours de l'ajustement créatif. Perls définit le névrosé comme « une personne qui s'adonne de manière chronique à l'auto-interruption ». Ces perturbations du fonctionnement du self sont généralement appelées résistances. Elles peuvent constituer soit des mécanismes de défense appropriés à la situation soit, au contraire, des blocages anachroniques rigidifiés, attestant d'un fonctionnement pathologique d'évitement du contact authentique.

Au cours du cycle, le self fonctionne selon divers « modes » successifs (ça, moi, mode moyen, mode personnalité) qui dominent à tour de rôle.

Concepts 8 : Gestalts inachevées.

Normalement, dès qu'une action (psychique ou comportementale) est terminée, nous sommes disponibles pour une action nouvelle : c'est la succession ininterrompue des Gestalts, en formation puis destruction, constituant le continuum de conscience de toute personne en bonne santé psychique et fonctionnant dans la fluidité permanente.

Lorsque le cycle ne s'est pas déroulé d'une manière complète, la situation peut demeurer inachevée et constituer un élément pré-conscient de pression interne — soit mobilisateur, soit source de névrose. Ainsi, par exemple, une tâche interrompue (leçon à apprendre, rangement en cours, dégustation d'une tartine interrompue par un coup de téléphone, projet de sortie contrarié par un orage,...) peut demeurer présente et n'attendre que la première occasion pour se clore : c'est l'effet Zeigarnik — du nom de la psychologue gestaltiste russe Bluma Zeigarnik qui l'a étudié. Mais dans d'autres situations, cette pression peut se transformer en tension psychique lancinante et épuisante et constituer alors, à la longue, une cause de névrose : deuil ou séparation mal assumés, chômage prolongé, insatisfaction sexuelle chronique, échec répété à des examens, etc.

Le travail sur les Gestalts inachevées est un exemple typique d'attention portée en Gestalt-thérapie sur des traces du passé parasitant la vie présente : il ne s'agit pas de « se débarrasser » magiquement d'une charge interne encombrante par une mise en action de type psychodramatique, mais bien plutôt d'intégrer cet élément pesant de sa vie dans un ensemble significatif, comme constituant une des « polarités » de l'existence du client. Certains Gestaltistes considèrent le transfert comme une « Gestalt inachevée» : figures parentales du passé venant s'interposer dans une relation actuelle — dont l'authenticité est troublée.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Vingt notions de base en Gestalt-thérapie (quatrième partie) (Champ et système, L’ajustement créatif).




Un autre livre sur la Gestalt-thérapie

Des amis m’ont dit que certains concepts de la Gestalt-thérapie étaient pour eux difficiles à comprendre. C’est pourquoi j’ai décidé d’entamer une suite d’articles définissant 20 notions de base de la Gestalt-thérapie selon la classification adoptée par Serge Ginger dans son livre « La Gestalt, l’art du contact ».

Cet article est la suite de celui-ci.


Concept 5 : Champ et système.

Au cours d'une séance de Gestalt, l'une des parties essentielles de « l'environnement » du client est constituée par le thérapeute lui-même. C'est avec lui que s'établit le contact et que se déploie le processus d'interaction, avec tous ses aléas. Client et thérapeute font donc partie du même « champ » de l'expérience, et l'attitude de chacun interfère avec celle de l'autre. Il ne s'agit pas, bien entendu, d'un « système clos », mais d'un « système ouvert », en échange permanent avec le contexte extérieur.

Goodman reprend dans Gestalt-thérapie les réflexions de Kurt Lewin, psychologue gestaltiste fondateur de la dynamique des groupes, qui venait d'extrapoler au champ social la théorie du champ électromagnétique, généralisée par la physique einsteinienne. La Gestalt-thérapie s'intéresse à chacun dans le contexte de son environnement, attentive à la fois à ne pas l'isoler artificiellement (il fait partie d'un « champ »), ni à le « fusionner » dans la situation globale (il est spécifique).

Concept 6 : L'ajustement créatif.

La santé mentale et sociale se traduit par un ajustement créatif permanent à la « frontière-contact » entre l'organisme et son environnement ; notamment entre l'individu, le thérapeute et le contexte de la situation : lieu où se déroule l'interaction, présence de témoins ou d'un groupe, etc.

Il ne s'agit pas d'un simple ajustement adaptatif où l'individu subit la loi de l'environnement, adoptant les normes sociales majoritaires ou le comportement jugé habituellement « normal ». Il ne s'agit pas davantage d'une créativité individuelle ne tenant aucun compte du contexte et autorisant toutes les fantaisies ou les excès — sous le simple prétexte qu'ils conviennent au client. Il s'agit bien d'un compromis, ou plutôt d'une synthèse permettant à chacun d'exister à son idée, mais compte tenu des normes locales et temporelles, de trouver sa propre voie au sein d'un ensemble.

Ainsi, la Gestalt se distingue des thérapies comportementales à visées normatives : dans une perspective délibérément phénoménologique, elle privilégie le vécu subjectif de chacun, son ressenti personnel intérieur, au comportement extérieur socialement perceptibles. Mais elle ne reste pas pour autant cantonnée à la seule vie fantasmatique intra-psychique, elle encourage la navette entre l'intérieur et l'extérieur, cherchant à concilier l'adaptation sociale et la créativité individuelle, la situation et sa lecture personnelle, proposant ainsi un pont entre la science et l'art.

Il faut ici se souvenir du contexte socio-politique dans lequel s'est élaborée la Gestalt : Perls, Goodman et quelques autres pionniers des années 50 voulaient à tout prix se démarquer de l'establishment psychanalytique américain et se sont montrés non-conformistes d'une manière délibérément provocatrice : opinions anarchistes, comportement social et sexuel très « libéré », etc. Actuellement, la Gestalt-thérapie s'est ajustée au contexte de l'après 68 et s'est très assagie, tout en conservant une connotation libérale « raisonnable ».

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

mardi 22 mai 2018

Vingt notions de base en Gestalt-thérapie (troisième partie) (L’awareness et la frontière-contact).




Un autre livre sur la Gestalt-thérapie

Des amis m’ont dit que certains concepts de la Gestalt-thérapie étaient pour eux difficiles à comprendre. C’est pourquoi j’ai décidé d’entamer une suite d’articles définissant 20 notions de base de la Gestalt-thérapie selon la classification adoptée par Serge Ginger dans son livre « La Gestalt, l’art du contact ».

Cet article est la suite de celui-ci.


Concept 3 : L’awareness.

Cette attention flottante, cette vigilance à la fois délibérée et pré-consciente : intellectuelle, émotionnelle et corporelle, concentrée sur le vécu intime et subjectif interne et sur l'environnement externe (perçu subjectivement, lui aussi), cette « conscience immédiate » du présent dans toutes ses dimensions, est recherchée aussi bien dans le zen bouddhiste (« Bouddha » veut dire « l'Éveillé ») qu'en Gestalt — où il est défini par le terme anglais d'awareness, difficilement traduisible. Lorsqu'on demandait à Fritz Perls de résumer la Gestalt en un seul mot, c'est généralement celui-là qu'il évoquait, tandis qu'aujourd'hui beaucoup de Gestaltistes lui préfèrent le terme de contact.

Concept 4 : La frontière-contact.

C'est par ces deux mots que commence l'ouvrage de base de la Gestalt-thérapie, rédigé par Goodman en 1951 à partir des notes de Perls. Ce dernier reprend, dans The Gestalt Approach (publié à titre posthume en 1973) : « L'étude de la manière dont l'être humain fonctionne dans son environnement est l'étude de ce qui se passe à la frontière-contact entre l'individu et son environnement. C'est à cette frontière-contact que les événements psychologiques prennent place. » Et Goodman précise : « Cette frontière où se situe l'expérience ne sépare pas l'organisme de son environnement : elle limite l'organisme, le contient et le protège et en même temps, elle touche l'environnement [...] »

« La peau, par exemple, n'est pas tant une partie de l'organisme qu'essentiellement l'organe d'une relation particulière entre l'organisme et son environnement. Ainsi, la frontière « appartient » à la fois à l'intérieur et à l'extérieur : elle fait partie de deux mondes distincts mais en interrelation. »

« La psychologie, dit encore Goodman, est l'étude des ajustements créatifs (à la frontière-contact). La psychopathologie est l'étude des interruptions, inhibitions ou autres accidents dans le cours de l'ajustement créatif. » Les perturbations du contact ou « résistances » peuvent toutes être considérées comme des problèmes de frontière : abolition de la démarcation nette en cas de confluence excessive avec l'environnement, « débordement » du monde extérieur ou du monde intérieur dans l'introjection ou la projection, etc.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

Vingt notions de base en Gestalt-thérapie (première partie) (Le Now and how).






Un autre livre sur la Gestalt-thérapie

Des amis m’ont dit que certains concepts de la Gestalt-thérapie étaient pour eux difficiles à comprendre. C’est pourquoi j’ai décidé d’entamer une suite d’articles définissant 20 notions de base de la Gestalt-thérapie selon la classification adoptée par Serge Ginger dans son livre « La Gestalt, l’art du contact ».

Cet article est la suite de celui-ci.

Concept 1 : Le « Now and how »

La formulation de Fritz Perls lui-même, le fondateur de la Gestalt : « now and how » (« maintenant et comment ») traduit mieux la démarche gestaltiste que la formule désormais classique « ici et maintenant », laquelle est loin d'être spécifique à la Gestalt. En effet, bien d'autres méthodes sont centrées sur l'ici et maintenant : l'approche rogérienne (préconisée par le psychologue américain Carl Rogers, approche « centrée sur le client », souvent dénommée — à tort — « non directive »), les pratiques orientales (zen, tai-chi, etc.), les principales psychothérapies de groupe et même la psychanalyse — puisqu'elle travaille surtout sur le transfert, censé reproduire ici et maintenant, face au psychanalyste, les attitudes névrotiques de mon enfance.

« Maintenant et comment », en revanche, souligne l'aspect spécifiquement phénoménologique de la Gestalt-thérapie qui s'attache au comment plus qu'au pourquoi, privilégiant la description des phénomènes à leur explication : « Revenir du discours sur les choses, aux choses elles-mêmes, telles qu'elles apparaissent en vérité, au niveau des faits vécus, antérieurement à toute élaboration conceptuelle déformante » (Husserl, 1907). La phénoménologie souligne l'importance des facteurs subjectifs et irrationnels, l'expérience immédiate vécue, avec son ressenti corporel unique pour chacun. Le comment se traduit notamment dans la posture et les gestes ou « micro-gestes » inconscients, dans la respiration, les intonations de la voix, etc. Les modalités implicites du comportement et du discours priment souvent leur contenu explicite : ainsi, Fritz Perls — comme le fera plus tard Lacan — souligne une prééminence du signifiant sur le signifié.

Bien évidemment, le travail sur le maintenant n'interdit en rien l'évocation de souvenirs, de craintes ou de projets — sous réserve qu'ils émergent spontanément chez le client, consciemment ou non : ils sont présents maintenant dans son esprit ou dans son cœur et nourrissent son vécu actuel. Ils sont d'ailleurs forcément modulés par le contexte présent (interne et externe au client) et ne sont donc jamais des « vérités historiques » pures.

Naïfs sont certains Gestaltistes trop zélés qui tentent de maintenir à tout prix leur client dans l'étroite prison du présent. En revanche, contrairement à la stratégie psychanalytique traditionnelle, on n'incitera pas le client à rechercher les souvenirs passés, à entreprendre de longues « fouilles archéologiques », selon l'expression de Fritz Perls. Mieux vaut d'abord s'installer confortablement au « rez-de-chaussée » de sa maison et aménager sa « salle de séjour » actuelle, avant d'entreprendre un nettoyage exhaustif des déchets accumulés dans sa cave... ce qui peut prendre de longues années, comme chacun sait ! Il sera toujours temps de le parachever par la suite — si les traces du passé restent gênantes. Mais on aura, au moins, récupéré, pour le faire, l'énergie du présent.

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.

vendredi 18 mai 2018

Compte rendu du livre « S’affirmer et oser dire non » de Christel Petitcollin (chapitre 4, « Protégez votre enfant intérieur ») (deuxième partie).




Un autre livre de développement personnel


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de «  S’affirmer et oser dire non »  de Christel Petitcollin. L’auteur y décrit comment arriver à dire non aux autres lorsque l’on est timide et à affirmer sa personnalité.

Cet article est la suite de celui-ci. 


Le quatrième chapitre s’intitule « Protégez votre enfant intérieur ».

En voici le résumé.

1) Mettez votre Parent Nourricier à votre propre service.

Charité bien ordonnée commençant par soi-même, il faut réorienter le besoin de materner de votre partie Parent, vers vous-même, au moins à 50 %. Développez votre capacité à respecter tous vos besoins : sommeil, nourriture équilibrée, hygiène, sport, détente. Cela veut aussi dire vous écouter davantage et vous entendre quand vous avez soif, froid ou chaud, vous soigner quand vous êtes malade, savoir cuisiner, faire le ménage (pour s'offrir un cadre de vie digne de son petit prince intérieur). Et enfin, apprendre à vous rassurer, à vous encourager et à vous protéger, que ce soit physiquement ou mentalement. Bref, à devenir une vraie mère pour vous-même. Lorsqu'on est bien nourri, reposé, aimé et protégé, on est en bien meilleur état pour affronter les situations stressantes. L'estime que l'on se porte à travers les tendres attentions que l'on a pour soi-même permet de se sentir plus légitime à se faire respecter.

2) Faites taire votre tyran intérieur.

La partie Parent Critique est rarement stimulée d'une manière aidante pour l'enfant. Critique, dévalorisante, tyrannique, épuisante, harcelante, elle remplit mal sa fonction de protection de l'éthique personnelle et reste encombrée des valeurs d'autrui sur des notions de bien et de mal, de bon ou de mauvais depuis longtemps périmées.
Lorsqu'elle n'est plus qu'un tyran intérieur, sa seule fonction devient le sabotage permanent.
Si c'est votre cas, je vous invite à lire Apprivoisez votre Gremlin ! de Richard D. Carson (Éditions Jouvence) qui vous donnera toutes les pistes pour déjouer votre saboteur intérieur.

Pour pouvoir commencer à vous affirmer, il faut que cette partie Parent Critique mette bien son énergie à défendre VOS valeurs et VOS croyances et non pas celles des autres. Et vérifiez donc par la même occasion qu'elle ne continue pas à croire que « C'est mal de s'affirmer. » ou que « C'est vilain de tenir tête aux adultes. »... Il s'agit donc d'une véritable rééducation de la partie Parent. En surveillant la qualité de ses dialogues intérieurs, on peut vérifier que le Parent est devenu aidant. Ses discours ne doivent plus vous critiquer, vous dévaloriser et vous décourager mais au contraire vous rassurer, vous encourager et vous protéger. Parlez-vous comme vous parleriez à votre meilleur ami.

3) Mettez l'Adulte au travail.

La partie Adulte de vous est neutre, objective, sans affectif. Pour cette partie de vous, la pièce où vous vous trouvez n'est ni grande, ni petite. Elle fait X m2. Il n'y fait ni froid ni chaud, il fait X degrés.
Des chiffres et des faits, voilà la matière première avec laquelle elle aime travailler. Les questions qu'elle préfère sont le célèbre « Q Q O Q C C » des policiers (Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Combien ?). La partie Adulte est souvent vécue comme froide, voire repoussante surtout par les femmes, puisqu'on les a encouragées à rester intuitives et à ne pas devenir rationnelles. Pourtant l'Adulte adore apprendre, comprendre et stocker de l'information. De plus, cette partie Adulte est particulièrement précieuse puisque c'est elle qui est en prise directe avec la réalité et qu'elle représente tout le potentiel d'objectivité. C'est donc elle qui pourra le mieux répondre, hors affectif justement, aux questions qui terrorisent l'enfant intérieur :

— N'est-ce pas un peu naïf et utopique d'espérer plaire à tout le monde ?

— Que m'importe l'amour de gens qui ne me sont rien ?

— Et pour ceux qui me sont chers : s'ils doivent vraiment me retirer leur amour parce que j'ai refusé de rendre un service, méritent-ils mon affection ?

— Quant aux pires représailles que je redoute, quel est le pire qui puisse m’arriver si je dis non ?

— Jusqu’à quel âge vais-je laisser aux autres adultes le pouvoir de me traiter en enfant soumis ?

Ne trouvez-vous pas que les réponses changent radicalement lorsque c’est l’Adulte qui y répond ?

Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre « S’affirmer et oser dire non » de Christel Petitcollin (chapitre 4, « Protégez votre enfant intérieur ») (première partie).





Un autre livre de développement personnel


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de «  S’affirmer et oser dire non »  de Christel Petitcollin. L’auteur y décrit comment arriver à dire non aux autres lorsque l’on est timide et à affirmer sa personnalité.

Cet article est la suite de celui-ci


Le quatrième chapitre s’intitule « Protégez votre enfant intérieur ».

En voici le résumé.

Lorsque l'enfant intérieur d'un adulte va bien, toute la personnalité va bien. Quand l'enfant intérieur est malheureux, craintif et carencé, la personne adulte sera inadaptée dans sa vie affective et aussi, peut-être, dans sa vie professionnelle, notamment à cause de cette incapacité à s'affirmer et à dire non, mais aussi à cause d'une trop grande soif de séduction, d'attention, d'approbation ou de réactions émotionnelles inappropriées. Pour pouvoir pratiquer sereinement l'affirmation de soi, il faut que la synergie intérieure soit constructive et protectrice. Rééquilibrer la structure de votre personnalité, réhabiliter et énergétiser chacune de vos facettes et surtout mettre votre Enfant Adapté Soumis si fragile et si vulnérable à l'abri, voilà l'étape suivante.

Les dégâts causés par l'éducation

Les travaux en Analyse transactionnelle ont prouvé que l'éducation des enfants ne stimulait pas équitablement toutes les facettes de leur personnalité et qu'elle était de plus, très différenciée en fonction des sexes. Et oui, les bons vieux clichés masculins et féminins circulent toujours et conditionnent encore aujourd'hui l'attitude des parents comme celles des éducateurs et des professeurs vis-à-vis des filles et vis-à-vis des garçons. La libération des femmes ne semble pas avoir changé grand-chose dans les mentalités. Les femmes continuent à assumer plus de 80 % des tâches ménagères ainsi que les visites chez le médecin, le dentiste et les professeurs, les hommes à travailler trop tard au bureau pour être présents auprès de leurs enfants. On a récemment filmé un petit garçon de cinq ans en train de jouer. Les adultes conviés à visionner ce film ont trouvé l'enfant adorable, plein de vie et de mouvement. Puis le même petit garçon a été à nouveau filmé, jouant de la même façon mais déguisé en fille, affublé d'une robe et de barrettes dans les cheveux. Et cette fois, son attitude a choqué les adultes. Cette petite fille a été jugée anormalement violente, bruyante et hyperactive.

Ainsi, on hypertrophie toujours la partie Enfant Adapté Soumis des petites filles au détriment de leur Enfant Spontané et Rebelle en exigeant d'elles un calme et une soumission beaucoup plus importants que ce qu'on demande aux garçons. On en rajoute aussi dans le « Que vont penser les voisins ? », rendant les filles encore plus sensibles au regard des autres et à la peur du rejet. Le développement des parties Enfant Spontané et Enfant Adapté Rebelle est bien plus autorisé aux garçons et on leur apprend moins à redouter le rejet et la désapprobation. Cela explique pourquoi les femmes sont beaucoup plus nombreuses que les hommes à ne pas oser dire non et à avoir des difficultés d'affirmation de soi.

Au niveau de la stimulation de l'Adulte, là encore, les rôles sont très différenciés. L'intuition est respectée et encouragée chez les filles mais pas leur rationalité ni leur curiosité. Une petite fille sera vite jugée « trop » curieuse si elle pose beaucoup de questions. Inversement, si on autorise les garçons à développer leur esprit rationnel et si l'on encourage leur curiosité naturelle, on continue à les dissuader d'utiliser leur intuition.

Mais c'est au niveau du développement de la partie Parent que la disproportion éducative devient la plus criante. On hypertrophie le Parent Nourricier des filles tout en leur apprenant surtout à l'orienter vers l'extérieur, leur Parent Critique étant conditionné à une autodiscipline intensive et à une endurance maximale à la frustration.

Inversement, chez les petits garçons, on stimule peu le Parent, les invitant implicitement à rester dépendant du maternage et du cadrage d'autrui plus longtemps.

Bref, l'éducation a trop souvent pour effet de déséquilibrer la structure naturelle de la personnalité et d'en entraver le fonctionnement autonome.


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.


Compte rendu du livre « S’affirmer et oser dire non » de Christel Petitcollin (chapitre 3, « Comprendre la structure de votre personnalité ») (cinquième partie).



Un autre livre de développement personnel


Je viens de lire un livre que j’ai trouvé à la fois formidablement bien écrit, original et passionnant. Je voudrais vous en faire part à travers quelques articles de ce blog. Il s’agit de «  S’affirmer et oser dire non »  de Christel Petitcollin. L’auteur y décrit comment arriver à dire non aux autres lorsque l’on est timide et à affirmer sa personnalité.

Cet article est la suite de celui-ci.

Le troisième chapitre s’intitule « Comprendre la structure de votre personnalité ».

En voici le résumé.

La personnalité d’un adulte est constituée de six facettes. C'est pourquoi, alors que nous croyons communiquer d'une personne unique à une autre personne unique, nous avons éventuellement jusqu'à douze facettes en communications parallèles simultanées. Ces facettes apparaissent les unes après des autres et se développent naturellement au cours des premières années de l'enfance. La structure de certaines de ces facettes est définitive à six ans, les autres continuent à évoluer toute la vie.


Le fonctionnement de la structure

Avec les six facettes, la structure de la personnalité est complète et peut fonctionner.

2) Si la structure n’a pas pu s’épanouir normalement

Mais il est des cas de figure où, à travers une éducation stupide ou maladroite, la structure sera déséquilibrée, certaines facettes ayant été hypertrophiées au détriment des autres. Par exemple, on peut trouver un Enfant Spontané et un Enfant Adapté Rebelle complètement étouffés, un Parent Critique en position de dominant tyrannique, un Adulte peu stimulé, un Parent Nourricier totalement conditionné à répondre aux besoins des autres au lieu de répondre d'abord à ses propres besoins et un Enfant Adapté Soumis placé en insécurité permanente. Quand certaines facettes sont écrasées par les autres, le dialogue intérieur est moins convivial et peut même devenir destructeur et inhibiteur.

Dans l'exemple de Marie, l'expression de ses différentes parties pourrait prendre cette forme.

L'Enfant Adapté Soumis : « Dis donc, il est quand même drôlement en retard. Pourvu qu'il vienne. Pourvu qu'il m'aime vraiment. Et s'il m'avait oublié ? Et s'il avait changé d'avis ?
Peut-être que je ne lui plais plus. Je ne lui ai sûrement jamais plu, d'ailleurs. Il s'est moqué de moi, comme tous les autres. Je n'ai vraiment pas de chance avec les hommes. À quoi bon sortir avec lui ce soir, même s'il finit par venir ? Dans le meilleur des cas, je vais encore me faire abandonner au bout d'une semaine. »

L'Adulte : « Il avait dit vers 20 h 00 et non pas à 20 h 00. Donc, il n'est pas encore en retard. Quant à savoir s'il est quelqu'un de bien, il suffit de prendre le temps d'apprendre à le connaître et tu auras l'information. »

Le Parent Critique : « L'information, on l’a déjà ! ça, pour te faire avoir, tu es une championne. Tu fais vraiment n’importe quoi. Tu t'entiches du premier venu, tu t'emballes au premier regard et après, à chaque fois, forcément, tu es déçue. Ce garçon, il ne vaut pas mieux que les autres. Tu ne sais jamais choisir quelqu'un de valable. Cela vaudrait même mieux pour toi qu’il ne vienne pas. Cela t'éviterait encore bien des déboires ! »

Le Parent Nourricier non concerné, l’Enfant Adapté Rebelle totalement inhibé et l’Enfant Spontané triste et éteint restent silencieux.

Dans l'attente, Marie deviendra anxieuse et découragée. Voilà un exemple des mécanismes par lesquels on arrive à ne plus oser dire, plus oser faire et à se demander pourquoi on ne sait pas dire stop et dire non.

Rééquilibrer la structure, réhabiliter et énergétiser chacune de nos facettes et surtout mettre notre Enfant Adapté Soumis si vulnérable à l’abri, voilà l'étape suivante sur le chemin de l'affirmation de vous


Voilà. C’est tout pour le moment. Amitiés à tous.